‹ Inventaire de la collection des ouvrages et documents réunisChapitre 156 sur 169 · I.OllUL&l'ONDANCl'; lit 1 UANi^OlSK DE LACllA.^SMlNF, JlJ · texte numérisé non relu

I.OllUL&l'ONDANCl'; lit 1 UANi^OlSK DE LACllA.^SMlNF, JlJ

VOUS plaist, puisque vous l'avès cntrcprins. Vous avcs [assez] d'intercst à moy pour plaider bien ma cause, et d'autre part je m'en reniés à vous et à l'amityé don vous m'honores. Par ainsin vous ne vous saurois plaindre de moy.

Je désire asturc que cest aftaire s'avance, parce que les locataires ont payé jusqu'au dixiesme de mars, et je suis tenue de les advertir de leur delogement quelque deux moys advant. D'où je vous ay voulu advertir, et puis je cognois que je declioye et afoybly fort. La chose ce conduira mieux durant ma vye qu'après. Ne dites plus qu'il tenait à moy.

Je vous avoit cscript de me fliire recouvrer un barilh de bon bure d'Anglaterre, j'é pensé depuis que se vous serait beaucoup de peyne et encore plus de me le faire tenir, j'ésa3'eray d'en recouvrer de Libourne, si je puis; mais sy je ne puis, je m'adreseray encores à vous. Sy davanture vous l'aviès f;iit achepter je le prandray volontiers et n'aurès peyne que de le faire conduire à Libourne chès les Religieuses; elles ont la comodité d'un gahon ordinaire; je l'envoyeray quérir là. Le barilh pourra tenir quelques trante ou quarante livres de bon burre. Toutesfoys ce que vous l'achepterès je le prandray. S'il n'est point achepté j'en prandray à Libourne.

Denis Auger (?) de Libourne m'assurent vous tere tenir ceste letre et d'en retirer rcponce, s'il vous plaist d'en donner.

Le pauvre monsieur de Beaunoys est fort malade, d'où j'en suis bien marrye.

3l6 COr.P.F.^^I'ONDANCE DE IT.ANCOISE DE LACIIASSAONE

Mon père, nous vous atendons en grande dévotion. Dieu vous envoyé quelque beau temps pour vous conduire et pour vous arrester icy, car on me dit que vous estiès sy empêché que vous n'aviès nul repos, de vous fliire reposer icy en m'entretenant des propos dont j'en ay grand besoing. Je me recommande très humblement a vos bonnes prières, et suis, mon très révérant père, vostre très humble et très obeyssante servante.

De Lachassaigne (i).

LA MÊME AU MEME

Mon très révérant père, j'ai receu ce matin votre letre. Je m'estonne commant le s' de Castelnaut demeure tant à conclure l'affere et suis marrie de ce que cella retarde vostre venue pardessa. Je vous ay escript que je desirois plus que vous et tous mes amys d'estre toute portée à Bourdeaux pour achever ma vie avecq vous et eux; mais sy vous estiés icy je vous ferois voir mes incogmodités principalles de la manque d'argent pour v venir, sy vous ne me trouvés ung fermier, comme vous m'avez promis, il est inpossible que je quite ma maison.

(I) La signature, ici, est cucorc écrite par le secrétaire.

ComiESPONDANCt: UE MlANfjOlSE HE LACllAïSSAG.NE 317

J'ay peur que vous ne songiés pas assts à moy. Je vous prie vous souvenir que je suis vostre filhe et que vous avez autant interest en moy qu'en nul autre.

Ne me parles point de me fere plus lournir, ny huy ny quant, je ne saurois, ayant tant despandu par cydevant, que je suis about de mes moyens et ne jouys que d'une portion de mon bien.

M. de Bussegut^t pour avoir part à ma chapelle, a bien fourny de l'argent pour m'ayder et par ainsy il a part en ma chapelle; laquelle est toute a moy et a mes despans. Ce n'est point ny charge ny establissement de mon mary. Ceux quy ont envie d'y cstre enterrés il fault qu'ilz y fassent ce quy reste à fere, quy n'est pas grand chose outre.

Mon père, mais [puis] que je vous aye fait vostre Testât de mon affere, vous en ocuperès, coume j'en suis assurée.

Je vous sallue très humblement et me recomande à vos bones prières et à toute la compaignie. Je vous suplie me mander s'il vous est resouvenu de fere aprouver la fondation de quatre cens livres que j'ay faite pour feu ma filhe et moy (i), affin que cella soit fermement establv et observé, vous assurant, à vous, mon très révérant père, que je suis et seray toute ma vie vostre très humble filhe et obeyssante ser\'ante.

De Lachassaign'e.

(i) Voyez ci-dessus page 301.

Uù CÛllHLSrONUANCi: tiE fH.VNc-.OlSE UE LACllAS&AGNE

LA MEME AU .MEME (1624

Mon très révèrent père, je tirj tant de consolations de savoir de vos nouvelles, de recevoir de vos bons cscris, qu'il ne me faut point de plus grand subject que celuy pour envoyer vers vous. Mendès moy donc s'il vous plait de vos nouvelles et du père dom Jhan-Jaques. Je rentre tousjours de plus en plus avant dans les infirmités de ma vieillesse , et ne partz de ma chambre , et vous veux fere savoir le déplaisir où je me suis d'estre privée de fréquente asistance que je resevois de monsieur de Beauvnois, qui, sen taillir venoit icy toutes les sepmaines pour moy, congnoissant le besoin que j'avois d'estre asistée. On me vient de dire qu'il est malade à Libourne, qui est cause que je ne l'é veu, il y a dix ou douze jours.

Je vous dis cela, mon très révèrent père, afin que vous pensiès à mov, car si vous n'en avès soin je ne se plus a quy m'adresser.

Je me recoumende à vos bonnes prières et vous suplie vous resouvenir de moy, qui suis, mon très révèrent pcre, vostre très humble et très obeisante fille et servante.

r. DE LaCHASSAIGNE.

COUKESl'ONDANCE I»E lllAN^UlfeE L>K LACllASSAtiNE 319

LA MEME AU MEME

Mon très révérant père, il ly a longtemps que je n'é heu de voz nouvelles et sv et besoingt plus que jamais que vous vous resouvcniès de mov, car certes je n'en puis plus. Vous ne croyrais pas combien [j'ai] de subjet de louer Dieu de l'acomplissement de l'aftere que vous savès. Dieu m'a donné en cella un moyen pour apuyer la maison de séan de teu mon mary et de mes enffens. Pour estre en asuretté je vous ay prié que vous et monsieur de Busaguet vous en acordissiès, et, s'il a besoingtz de choses que vous ayès entre mains, vous lui accorderès, s'il vous plait.

Je me recoumande à vos bonnes prières et à toute vostre bonne conpagnie. Il est certes temps que vous m'aydiès à hoffrir mon ame à Dieu et me résoudre à toutes ses saintes volontés, et croyès que je suis et seray toute ma vie, mon très reveran père, vostre très humble et obeysante filhie et servante.

F, DE Lachassaigxe.

On lit en marge : Mon très reveran père, je prie monsieur de Busaguet de retirer et remettre la cedde du contract d'achapt entre les mains du notere. Je

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