‹ Inventaire de la Duchesse de Valentinois, Charlotte d'AlbretChapitre 6 sur 8 · PRINCIPES D'ORGANISATION · texte numérisé non relu

PRINCIPES D'ORGANISATION

La tâche de la Commission nationale chargée de préparer l'établissement de l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France consistera, dans un contexte de recherche scientifique pure, excluant toute préoccupation d'ordre administratif ou fiscal, à recenser, à étudier et à faire connaître toute œuvre qui, du fait de son caractère artistique, historique ou archéologique constitue un élément du patrimoine national.

Les expériences du siècle dernier prouvent qu'il est impossible de confondre mais nécessaire d'associer :

1° L'Inventaire monumental immobilier : édifices de tous ordres et objets réputés immeubles par destination, portails sculptés, vitraux, retables;

2° L'Inventaire des richesses d'art mobilières : tableaux, collections, œuvres précieuses, etc.

Il y a tout intérêt à créer une solidarité entre les deux enquêtes et à faire rentrer dans un cadre unique normalisé sous la responsabilité générale de la Commission Nationale toutes les initiatives de répertoires : orfèvrerie, dessins, manuscrits, tissus, etc., des collections nationales et privées en cours ou à venir.

Il semble enfin conforme à l'état du savoir et des besoins actuels, d'ajouter deux branches à l'Inventaire :

3° L'Inventaire de la documentation artistique, où serait planifiée l'exploitation des plans, pièces d'archives, etc. intéressant l'art français;

4° U Inventaire iconographique, o\x serait planifiée l'étude des cultes régionaux, des symboles, images et emblèmes à notre pays, et non seulement dans l'art religieux mais aussi dans l'art profane et civil. Il est facile d'imaginer le bénéfice que chacune de ces branches pourrait tirer d'une coopération intelligente avec les autres, l'ensemble représentant dans toute son ampleur et son ambition l'Inventaire artistique de la France.

La réalisation de cet Inventaire artistique suppose la collaboration constante et confiante de tous les organismes administratifs et privés dont l'activité s'étend sur ce domaine et, — en tout premier lieu, des services des Monuments historiques, des Archives de France, des Musées, des Universités, des Bibliothèques, et du Centre national de la recherche scientifique — étant entendu que les services spécialisés conserveront, pour la poursuite de leurs objectifs propres, une indépendance que tempérera seule l'application de normes, établies en commun, nécessaires pour permettre à l'Inventaire de bénéficier, à plus ou moins longue échéance, du résultat de leurs travaux.

Elle suppose également le regroupement de la documentation dispersée existant déjà, qui devra être mise en ordre, contrôlée et complétée méthodiquement; cette opération conduit à l'élaboration d'un fichier systématique dont seront extraits, au fur et à mesure des besoins, informations, brochures et ouvrages.

Pratiquement, il apparaît indispensable d'établir — à l'image des circonscriptions des Antiquités nationales — un palier intermédiaire entre l'instance locale, dont le cadre en France est naturellement celui du département et l'instance nationale, centralisatrice. D'où un édifice à trois étages, qui se disposera de la manière suivante :

1° La Commission nationale, dotée d'un bureau et d'une structure fixe, et siégeant à Paris, fixera les plans et les normes de travail, répartira les crédits, réunira la documentation dans le local de l'Inventaire, provoquera des colloques spécialisés, enverra des missions d'études et prendra toutes mesures propres à assurer le succès et la continuité de l'entreprise;

2° Des Commissions régionales, ayant à leur tête des présidents responsables, et composées des fonctionnaires des Monuments historiques, des musées, des Archives, de l'Université, des Bibliothèques, et des personnalités appartenant aux Sociétés locales d'Histoire de l'art, qui accepteront de participer aux travaux de l'Inventaire. Ces commissions régionales auront, dans le cadre des directives qui leur seront données par la Commission nationale, et sous son contrôle, une très grande liberté d'action;

3° Des Comités départementaux, locaux ou techniques relevant des Commissions régionales.

La documentation établie par les Comités départementaux, en exécution d'un programme établi à l'échelon régional selon les directives de la Commission nationale sera essentiellement constituée par :

— des notices, présentées suivant des normes précises;

— accompagnées de cartes et relevés graphiques;

— et assorties de la documentation photographique correspondante, établie en partant des photothèques existantes, et complétée par des campagnes de reportage.

La conservation de cette documentation est prévue aux trois échelons, national, régional et départemental.

Son exploitation sera assurée par la mise en œuvre des procédés techniques les plus modernes.

La Commission nationale chargée de préparer l'établissement de l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, offrira ainsi aux architectes, aux historiens de l'art, aux archéologues et, d'une manière générale, à tous les chercheurs, un réseau de centres de documentation auquel aboutiront toutes les informations susceptibles de les aider dans leur tâche.

De plus, par des publications comparables aux « séries » étrangères et réalisées de manière à atteindre non seulement les spécialistes, mais également le grand public, elle contribuera à cette « Intégration du patrimoine culturel dans la vie nationale » qui constitue l'objectif majeur de cette opération, qui doit conduire à un véritable renouveau de la Recherche artistique et historique en France.

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