‹ Inventaire des autographes et documents historiques (volume 4)Chapitre 10 sur 227 · BRISSON (Barnabé · texte numérisé non relu

BRISSON (Barnabé

L. A. S. à Pierre Brisson, son frère ; Paris, 17 juin (1584), 1 p. 1/2 in-fol., adresse et cachet à ses armes. — (Xéservé.)

Après s’être entretenu d’affaires de famille et de ses domaines du Bas-Poitou, il parle à son i s’accomplissent. « Le Roy et la Royne mère ne se pévent décider à

frère des événements qui s 1 prendre party ; tout branle dans le manche. La crainte de messeigneurs de Guyze les tient à y a que

la gorge et les secoue si fort, que la parolle du jour n’asseure celle du lendemain ; tant si ne se décident en aucune fasson, le Roy se pourra asseoir par terre, le cul entre deux selles, et le Biarnois tenir la couronne. » — (Le-due d’Alençon était mort sept jours avant.) —

Il n’a pas eu bonne audience en l'affaire de M. de La Roussière, « l’eaue ayant esté bateue avant qu’il ne soit arrivé à l'oreille de Sa Magesté. »

892. MONTAIGNE (Michel EYQUEM de), moraliste illustre et grand philosophe sceptique, dont les ÆZssais ont été qualifiés de Préviaire des honnêtes gens, n. au château de Montaigne, en Périgord, 28 fév. 1533, m.au même lieu, 15 sept. 1592.

Pièce annotée et signée, 8 p. 3/4 in-fol. — A. S. R. — (Réservé.)

Précieux document, qui fait connaître, en peu de mots, l'opinion de ce grand homme sur l’organisation et l'administration de la justice. Ce sont de courtes notes, inscrites, de sa main,

FRE Je

en regard de quelques-uns des soixante articles du projet de réformation des procédures et autres matières judiciaires, présentés par les syndics de Béarn à l'approbation de la Cour souveraine de ce pays, le 8 mai 1584.

Sur la marge de l'intitulé se lisent ces mots : « Soit communiqué par le S Duplessis au S' de Monteigne auec le Cayer. » Ces mots, d’une écriture très-fine, ont dû être ajoutés sur l’ordre de Henri de Navarre.

Premier article, concernant la pluralité des justices : « Ny auoir qu'une iustice. »

Huictiesme, frais de justice en Conseil : « Gratis. »

Dix huictiesme, relatif aux pensions et gages et aux bourses gratuites : « À uoëir.»

Vingt sixiesme, relatif au nombre des magistrats qui doivent instruire les affaires crimi-— nelles et des juges : « Mieuls ualent cinq que un.»

Trente neufviesme, ayant trait à la provision d’aliments, favorable aux riches et dommageable aux pauvres : « Ne se peut. »

Quarente deuxiesme. — Soulagement des juges, en agravant le sort des justiciables : « Ne

se peut. »

Chante troisiesme. — Règlementation du nombre des membres du barreau, pour constituer un privilége à ceux qui en font déjà partie : « N'est quieres bon pour l’estat. »

Soixantiesme. — Exemption de certaines charges pour les juges, gens du Roi et greffers, mais non pour les autres officiers : « Bon. »

La réponse du Conseil souverain se termine ainsi : « Faict et délibéré audit conseil le huic— tiesme jour de may l’an mil cinq cens quatre vingtz et quatre. Signé : DE MESME. »

Puis viennent ensuite ces mots autographes de Montaigne: « Tenir la mein a ce que gens de uertu, doctrine et prudhomie destiénent la iustice.

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