L. A. S.; nov. 1859, 2 p. in-8. — C
Demande de renseignements sur une fonte de bronze du Primatice.
BLANC (Auguste-Alexandre-Philippe-Charles), auteur de l’ÆZistoire des peintres de toutes les Ecoles. (NV. Série des E'crivains, n° 1281.) Epreuves corrigées de l’article sur le Cabinet de M. Thiers, publié dans la Œuzette
des Beaux-Arts, de 1862. — En marge se trouvent diverses notes et rectifications de
la main du possesseur du Cabinet décrit, qui insiste pour que sa personnalité soit moins mise en avant.
M. Thiers était un médiocre connaisseur en objets d’art; mais sa merveilleuse aptitude à s’assimiler les idées d'autrui, lui servait, en cela, comme en certaines autres choses, à masquer son incompétence. Il n'allait pas d’ailleurs au-devant des découvertes et préférait s’adresser aux objets ayant, par avance, leur valeur cotée; ce qui ne l’empêchait pas d'acqué— rir de temps en temps, à haut prix, faute d’un flair suffisant, des pièces qu’on regrettait de voir dans son cabinet. Il endossait, sans trop s’en douter, des erreurs depuis longtemps accréditées. Le rusé vieillard en avait néanmoins vaguement conscience; aussi n’aimait-il pas qu'on donnât, par des éloges exagérés, occasion aux délicats de s’en souvenir.
M. Thiers se sentait tout à fait à l’aise dans les choses .« de moyen état. » Il aimait, par exemple, Abraham Bosse, etavait songé, un instant, à faire sur ce graveur un article pour la Gazette des Beaux-Arts. — Dans les choses de haut goût, un surmoulé, une copie, lui tenaient amplement lieu des originaux.
CHABOUILLET (Jean-Marie-Anatole), conservateur du Cabinet national des médailles, auteur de travaux sur l’iconographie numismatique, n. à Paris, 18 juill. 1814.
L. A. S. à M. B. Fillon ; Paris, 15 mars 1879, 4 p. in-8. — C.
Renseignements sur les ouvrages, antérieurs à 1833, traitant des médailles italiennes des xve et xvie siècles.
VIOLLET-LE-DUC (Eugène-Emmanuel). (V. Série des Écrivains, n° 1286, et Série des Artistes français, n° 1998.)
P. A.S.; mars 1866, 4 p. in-4.
Note sur son Dictionnaire raisonné de l'architecture française du x1° au xvie siècle.
GRIMOUARD DE SAINT-LAURENT (Henri-Julien), un des rares partisans sincères de la résurrection, à notre époque de libre pensée, de l’art orthodoxe du moyen âge, dont il a formulé les règles et les théories pratiques dans de nombreux écrits, n. à Vouvent (Vendée), 12 juill. 1814. |
L. À. S. à M. B. Fillon; La Loge St-Laurent (commune de Saint-Laurent de la Salle), 10 sept. 1870, 4 p. in-8. — R'.
11 demande l'autorisation de se rendre à Paris, avec cinq hommes, armés et équipés à ses frais, pour participer à la défense contre les Prussiens. « Nous pouvons n'être pas d'accord sur bien des points, mon cher compatriote, mais, quand il s’agit de la patrie, nous serons toujours unis dans les mêmes sentiments. Quoique ma santé soit très ébranlée, quoique je sois presque aveugle, je n’hésite pas devant le devoir. Si Dieu veut que je sois une des victimes de cette affreuse crise qu’il inflige à la France, je saurai mourir en catholique et en bon citoyen. » '
. DUSSIEUX (Louis-Étienne), écrivain, qui a publié la curieuse étude
ayant pour titre : Z’Art considéré comme symbole de l'État social, et Les Artistes francais à l'étranger, n. à Lyon, 5 avril 1815. L.A.S.à M. Jourdan, à la Rochelle; 5 avril 1857, 2 p. 1/2 in-8. — RY. Demande de renseignements sur le tableau d’Eustache Le Sueur, qui se trouve à l'hôpital de La Rochelle. , CHENNEVIÈRES-POINTEL (Charles-Philippe, marquis de). (V. Série des Ecrivains, n° 1294.) L. A. S. à M. B. Fillon, 12 fév. (1852), 3 p. in-8.
Demande de documents inédits sur les arts en France, dont il a besoin pour les Archives de l'art français.
MANTZ (Paul), éminent critique, du goût le plus fin et le plus sùr, dont les appréciations font autorité parmi les amateurs, n. à Bordeaux, 28 avril1821.
L. A. S. à M. B. Fillon; Paris, 5 janvier 1879, 3 p. 1/2 in-8. — FR.
Relative au peintre Claude Lefèvre, dont la biographie est à faire. « Nous avons, à son ropos, les plus lamentables ignorances. Tout nous manque : les œuvres et la chronoogie. Nos prédécesseurs, peu curieux de l’exactitude, ont confondu notre Claude, de Fontainebleau, avec Lefèvre, de Venise. Ainsi du reste. »
GONCOURT (Edmond-Louis-Antoine etJules-Alfred Huotde), deuxfrères unis dans l’art par la plus étroite affection ; les historiens passionnés des artistes du XvIrI° siècle. Nés, le premier à Nancy, le 26 mai 1822; le second, à Paris, le 17 déc. 1830, et mort Le 20 juin 1870. lo P. À. S. Z. de Goncourt à M. Ph. Burty ; Paris, juillet 1860, 2 p. in-8.
Catalogue de dessins de maitres du xvirte siècle appartenant aux deux frères.
20 L. A. S. Jules de G. au même; Trouville, 1° août 1867, 1 p. 1/2 in-8.
Plaisante lettre sur sa saison de bains de mer. «P. S. M. Thiers se promène ici, tous les jours, habillé tout en blanc. On dirait Polichinelle voué à la Vierge. »
3° Epreuve sur chine de l’ex-libris des frères Goncourt, gravé par Gavarni. — Une main tenant un style et appuyant deux doigts sur une carte, avec les lettres E. J., initiales de leurs prénoms.
MONTAIGLON (Anatole de Courde de). (V. Série des Savants et Érudits, n° 770.) L. A. S. à M. B. Fillon; Paris, 14 juin 1869, 3 p. in-8.
Il vient d'apprendre qu’il a découvert un autographe de Poussin. Il serait utile qu’il en eût copie, s’il est inédit incomplètement ou plutôt mal publié, afin de le joindre à la collection des lettres de cet artiste, que réunit M. de Chennevières. — Il s'agissait d’une missive au Cav: del Pozzo, datée de Paris.
BURTY (Philippe). (V. Série des Ecrivains, n° 1308.) L. A. S. à M. B. Fillon; (Paris), 25 mars 1879, 4 p. in-8.
Importante lettre, relative à un projet d'imagerie populaire, qui mérite d’être reproduite
in-extenso :
« (Paris), 22 mars 1879.
« Mon cher ami, nous avons souvent parlé d’un projet d'imagerie populaire. Ce projet vous a séduit. Comme moi, vous pensez qu’un gouvernement républicain ne doit pas négliger ce moyen d'action saine et loyale sur les masses. Ce que l’on fait pour les classes diri-
eantes, au moyen des musées, des salons annuels. des gravures de haut prix, n’est-il pas équitable et sage de le faire pour les classes pauvres, pour les paysans surtout, qui n’ont point à leur disposition le musée permanent des devantures de nos marchands de journaux illustrés ?
« Je ne crois pas qu’on doive s’imposer. Il faudrait beaucoup de prudence, de finesse et de suite dans les idées. On n’amuse ni les enfants, ni les intelligences simples avec des choses compliquées. Il.ne faudrait pas non plus trop généraliser, mais attacher une extrême importance au génie national. Assurément, on'ne peut pas plus rayer l’histoire des peuples voisins qu’on ne peut effacer le tableau des choses anciennes. Mais songez que, depuis la Renaissance, il a été de mode de tout subordonner, dans l’admiration des choses littéraires et des choses d’art, à l'Italie et à la Grèce. Nos lettrés, nos artistes, — sauf peut-être nos ROME À teurs et nos architectes, — ont achevé avec passion la conquête de César. Il a fallu toute la poussée d’esprit du xvirre siècle, toute la poussée de science de cette seconde moitié du xixe, pour que la France en vint à entrevoir qu’elle était la plus vive et la plus généreuse des nations, qu’elle avait su, qu'elle sait, et qu’elle saura penser, écrire, peindre, sculpter, construire avec des moyens et en vue d’un idéal qui lui sont propres.
« De cette imagerie populaire, ou plutôt familière, j'éliminerais tout ce qui touche au culte catholique. Il se sert, depuis des siècles, avec un sens pratique merveilleux, de cette arme politique et sociale. Les images de ses miracles vont, par millions, dans les mains de nos filles, de nos garçons, des soldats, des nègres. Le catholicisme, qui ne veut pas que l'on apprenne à lire, apprend à épeler, dès la sortie du berceau, la crainte de l'enfer, qui a pesé si lourd sur la puissante gestation du Moyen âge, et qui lui a tant servi !
«Je voudrais que l’on puisât partout, dans notre histoire, dans nos chroniques, et surtout dans ces années fulgurantes de la Révolution de 1789 à 1799. Et, pour cela, je ferais des appels à toutes les sociétés savantes des départements. Leur commission centrale fournirait, non pas des programmes, mais des propositions de programmes, destinées à faire surgir des idées, des plans, laissant place aux légitimes revendications des centres provinciaux. Les héros de vertu auraient leur place dans ce musée populaire, à côté des héros du patriotisme, de la ACaR de la science, de l’invention. Mais les titres seraient rigoureusement contrôlés. Il n’y aurait de place ni pour la légende, ni pour la vanité. I] faudrait instruire.
« Enfin, pour ce qui serait imprimé, — car tous les moyens de reproduction seraient mis à l’étude, — je mettrais au concours, avec de fortes primes, tous les procédés imaginables, matériels ou humains, qui rendissent dans leur littéralité les œuvres originales qu'il s’agirait de multiplier, à des millions d'exemplaires, dans les écoles, dans les familles, partout où doit pénétrer l'amour de la patrie, de la liberté, de l'humanité, de la vertu,
« À un autre jour, cher ami.