‹ Inventaire des autographes et documents historiques (volume 4)Chapitre 44 sur 227 · L. À. S. (à Voltaire) ; Toul, 9 mai 1754, 3 p. in-4. — C · texte numérisé non relu

L. À. S. (à Voltaire) ; Toul, 9 mai 1754, 3 p. in-4. — C

Relative à la dispute de Voltaire avec La Condamine. « Jay le cœur percé de vous voir aux mains avec M. de La Condamine. Tous deux vous avez daigné m’acepter pour confrère. Je vous regarde comme des maîtres dont je voudrois sans cesse écouter les leçons. Je suis lié avec M. de La Condamine par une tendre et ancienne amitié, je suis pénétré de la plus hautte estime pour vous. Jugez, Monsieur, de tout ce que doit me faire souffrir une guerre aussi cruelle... »

BUFFON (Jean-Louis LECLERC, comte de), écrivain célèbre et naturaliste, qui à entrevu la science de la géologie, n. à Montbard, 7 sept. 1707, m. à Paris, 16 avril 1788.

L. A. S. à l'abbé Le Blanc ; Montbard, 23 juin 1750, 3 p. in-4. Légères déchirures par la rupture du cachet. — A. S. R'. — $S. C. (Recherché.)

Epitre littéraire relative aux premiers volumes de son Histoire naturelle. Il espère qu'on ne mettra pas son livre à l'index, « et en vérité, jai tout fait pour ne pas le mériter et pour éviter les tracasseries théologiques que je crains beaucoup plus que les critiques des physiciens ou des géomètres. » Eloge du Père Jacquier, qui est un homme d’un grand mérite. Il annonce qu’on dit du bien de la Rome sauvée de Voltaire.

BUFFON (Jean-Louis LECLERC, comte de).

L. A. S.; Montbard, 10 mai 1773, 4 p. in-4. Très-légères taches.

Relative aux ennuis que lui a causés un procès contre le sieur Mandonnet, qui l'avait accablé d’injures.

GRESSET (Jean-Baptiste-Louis), un des plus charmants poëtes du XVIIIe siècle, auteur de Vert- Vert, n. à Amiens, 1709, m. juin 1777. L: A. S. (au marquis d'Haucourt, gouverneur de Picardie); Faucocourt, par

Amiens, 29 sept. 1769, 2 p. in-4. — A. S. F5. — A. R. (Recherché.) — (On trouve

fréquemment des brouillons autographes de Gresset.)

I le félicite de sa nomination au poste important qu’il occupe, et sollicite pour son frère l'emploi d’inspecteur de ses chasses.

MABLY (l'abbé Gabriel. BONNOT de), publiciste, auteur d'un livre

Sr

célèbre sur le Droit public en Europe, n. à Grenoble, 14 mars 1709, m. à Paris, 23 avril 1785.

L. À. S. à M. de La Coste, son parent ; Paris, 17 sept. 1743, 2 p.in-4.— A. $S. R. — À. Fÿ. |

Il le prie de lui donner des renseignements sur la situation de la partie de la frontière qu'il habite, et l’exhorte à lui écrire le plus souvent possible, en ayant soin de le tenir au courant de tout ce qui se passera autour de lui.Ces lettres seront mises sous les yeux du cardinal de Tencin, et ce sera une occasion de faire sa cour au ministre.

1083. POMPIGNAN (Jean-Jacques LE FRANC, marquis de), poëte lyrique,

venant à la suite de J.-B. Rousseau, son maitre, n. à Montauban, 10 août 1709, m. à Pompignan, 1° nov. 1784.

L. A. $S. à Dom Vaissette, à Paris ; Montauban, 29 avril 1750, 2 p. in-4, cachet.

Apprenant que la ville de Bordeaux a prié la Congrégation de Saint-Maur de se charger de l’histoire de Guyenne, il recommande Dom Pont comme collaborateur à ce grand travail. « Votre Histoire de Languedoc a été d’un grand secours à tous ceux qui ont travaillé et qui travaillent encore pour cette malheureuse province au sujet de l'affaire du vingtième. Je ne doutte pas que vous n’y prenniez part en qualité d’historien, mais vous en devez être affligé en qualité de citoyen. » — (Il paraît He Dom Pont ne fut pas agréé, car le fprospectus de l'Histoire générale de Guyenne fut rédigé par Dom Devienne et parut en 1755.)

ROUSSEAU (Jean-Jacques), philosophe illustre, un des plus éloquents écrivains des temps modernes, n. à Genève, 28 juin 1710, m. à Ermenonville, 2 juillet 1778. (V. série des Znitiateurs, n° 43.)

L. À. S. à Jalabert, professeur de philosophie à Genève ; Paris, 17 février 1755, 3 p. in-4, adresse, traces de cachet.

Curieuse lettre où Rousseau traite des questions qui lui sont ordinairement étrangères. — Il a perdu l’espérance de vendre les médailles et monnaies qu'il lui a confiées, même à l’abbé Barthélemy, sur lequel il avait compté. Le froid et sa mauvaise santé l’ont empêché de consulter les hommes compétents sur le sceau nouvellement découvert; mais il lui semble, bien qu’il soit d’une crasse ignorance en ces matières, que ce sceau est celui d’Alphonse de Richelieu, frère du cardinal, et que sa légende doit se lire ainsi : ALPHONSE LOVIS, PRIM. D. G. (Alphonse Louis, primat des Gaules.) Il a examiné hier avec soin l’exemplaire de la Bible de Sixte-Quint, qui est en vente, et il va, ce matin, comparer, à la bibliothèque du Roi, les deux éditions de Sixte-Quint et de Clément VIII. S'il arrive qu’il soit trompé, ce sera par sa bétise et non par sa négligence.

ROUSSEAU (Jean-Jacques).

L. À. $S. à la marquise de Créquy ; Montmorency, 13 octobre 1758, 2 p. 1/2 in-4, adresse. — (Réservé.)

Une des plus intéressantes lettres qu’on ait de Jean-Jacques. « Quoi, Madame, vous pouviez me soupçonner d’avoir perdu le souvenir de vos bontés! C’étoit ne rendre justice ni à vous ni à moi; les témoignages de votre estime ne s’oublient pas, et je n’ai pas un cœur fait pour les oublier. Je comprends, par le commencement de votre lettre, que vous voilà tout à fait dans la dévotion. Je ne sais pas s’il faut vous en féliciter ou vous en plaindre : la dévotion est un état très-doux ; mais il faut des dispositions pour le goûter. Je ne vous crois 0 l’âme assez tendre pour être dévote avec extase, et vous devez vous ennuyer pendant ’oraison. Pour moi, j'aimerois encore mieux être dévot que philosophe; mais je m'en tiens à croire en Dieu, et à trouver dans l’espoir d’une autre vie ma seule consolation dans celle-ci. Il est vrai, Madame, que l'amitié me fait payer chèrement ses charmes, et je vois que vous n'en avez pas eu meilleur marché. Ne nous plaignons en cela que de nous-mêmes. Nous sommes justement punis des attachements eæclusifs, qui nous rendent aveugles, injustes, et bornent l'univers, pour nous, aux personnes que nous aimons. Toutes les préférences de l'amitié sont des vols faits au genre humain, à la patrie. Les hommes sont tous nos frères, ils doivent tous être nos amis. »

ROUSSEAU. (Jean-Jacques).

she Pie L. A. S. à M. Guy, à Paris ; Motiers-Travers, 7 sept. 1765, 1 p. in-4, adresse.

La nuit dernière, la canaille a forcé sa porte, cassé ses vitres, ameutée qu’elle a été contre lui par le ministre du lieu. I] vient de recevoir une députation d’une communauté voisine, venue pour lui offrir asile; il ne sait encore s’il acceptera. Tout est préparé pour soutenir un siége la nuit prochaine; les brigands trouveront à qui parler, s'ils se présentent. On croit que le ministre devient absolument enragé.

M. Fillon, qui a pour Jean-Jacques une prédilection marquée, prédilection accusée surtout par la place importante que tiennent, dans sa collection, les adeptes des théories sociales du philosophe de Genève, ee la Révolution, M. Fillon conserve précieusement une autre relique de lui, qui peut figurer parmi ses autographes. C'est un superbe dessin d'Eustache Lesueur, à la sanguine (les dessins de ce maître exécutés au crayon de cette couleur sont rares), réprésentant la Mort de Sénèque. Sur la marge inférieure se lit cette inscription :

Ce dessin de Lesueur m'a été donné, le 14 mars 774, par J.-J. Rousseau, qui l’avoit reçu de Mgr le prince de Conti en 1770.

Page 1