‹ Inventaire des autographes et documents historiquesChapitre 140 sur 242 · VEILLE DE LA PRISE DE LA BASTILLE · texte numérisé non relu

VEILLE DE LA PRISE DE LA BASTILLE

1° Procès-verbal, original, de la réunion des bourgeois du district du Petit-Saint- Antoine, au nombre de 1,200 environ, avec l'adresse et la signature de chacun d'eux : 13 juillet 1789, 43 p. in-fol.

Ce procès-verbal, ouvert à onze heures du matin, est clos à six heures du soir. Les citovens sont inscrits et signent au fur et à mesure qu’ils se présentent. Ce sont, pêle-mêle, des comimerçants, des notaires, des huissiers, des avocats et des clercs de la bazoche ; des médecins et des étudiants; des banquiers, des artistes, des conseillers d'Etat, des chevaliers de Saint- Louis, des prêtres, des bourgeois. Le président est M. Dufour, avocat au Parlement ; les secrétaires, M. Champion de Villeneuve, avocat aux conseils (ministre de l’intérieur sous Louis XVI, en 1792), M. Bellart, avocat au Parlement (le même qui devint si fameux comme procureur général sous la Restauration). Parmi les signatures des autres personnages connus on remarque celle de Prudhomme, auteur des Révolutions de Paris; de Coulon de Thévenot, l'inventeur de la sténographie; de Miller de Précarré, substitut du procureur général; de l'historien Ameilhon, etc. ?

Le procès-verbal, écrit de la main de Champion de Villeneuve, suit l'inscription des noms el commence ainsi : « Lesquels, entraînés à se réunir par les alarmes trop bien fondées qu’inspire tous les citoyens le danger qui semble les menacer tous individuellement, et par la nécessité imminente de prendre des mesures promptes pour en prévenir les effets; considérant qu’une multitude de particuliers, effrayés peut-être par des bruits que des gens mal intentionnés sans doute ont répandus, parcourent armés et sans ordre toutes les rues de la capitale, que la garde ordinaire de la ville ou se confond avec eux ou reste spectatrice tranquille du désordre qu’elle ne peut arrêter; considérant aussi que la prison de l'hôtel de la Force a été brisée et ouverte aux prisonniers, que la menace se fait de forcer pareillement les prisons qui renferment les vagabonds, gens sans aveu, même les gens repris pour crimes; craignant, avec raison, que le mal n’aille en croissant et ne compromette à la fois la sûreté publique et la tranquillité

e la patrie; informés, d’un autre côté, que les-officiers municipaux, présidés par le sieur prévôt des marchands, se sont assemblés et ont assemblé avec eux tous les citoyens qui se sont présentés, sur le parti à prendre dans des circonstances aussi orageuses, tandis que les électeurs nommés par les différents districts, pour procéder à l'élection des députés de la ville de Paris aux États généraux, mus aussi par l’approche de ce danger inattendu, se sont réunis à la hâte et ont cru devoir prendre un arrêté conçu en ces termes : (Suit le texte de l’arrêté des électeurs.) Pour répondre aux vœux des représentants de la commune, pour satisfaire à ce bar doivent à leurs concitoyens et à eux-mêmes, pour arrêter, autant qu’il sera possible, le mal présent et prévenir les événements qui pourraient axe des précautions à l'avenir, en même temps que pour se conformer aux intentions paternelles du souverain... ont délibéré ce qui suit...» Il est d’abord procédé à la nomination du président et des secrétaires, puis l’assemblée arrête la formation d’une milice bourgeoise pour le district. On n’y admettra que les habitants domiciliés, les fils de domiciliés, les ouvriers payant capitation ou demeurant chez leurs maîtres. Le signe de ralliement est la cocarde verte. Chacun apportera les armes qu’il pourra se procurer. Deux patrouilles circuleront constamment dans les districts et n’en sortiront que pour prêter main forte aux districts voisins. Il est convenu que chacun se tiendra prêt à marcher armé en cas d'alarme.

(Ce document nous présente 1es événements du 13 juillet sous leur véritable jour. La veille, à la nouvelle menaçante du renvoi de Necker, une grande émotion s’était manifestée dans Paris. Aujourd’hui une foule d'hommes du peuple sont en armes; ils brülent les barrières, ouvrent les prisons, et parcourent la ville en tumulte. Les bourgeois de Paris, moins effrayés des projets de la cour, dont les troupes cernent la capitale, que de ces hommes armés aux-

uels on a déjà donné le nom de Brigands, s'organisent en milice pour leur résister; c’est là l'unique préoccupation. Le mouvement qui, le lendemain, emporta la Bastille, eût peut-être été réprimé par la garde nationale, si son organisation eût eu plus de consistance.)

20 P.S. de Bujffault, premier échevin, pour M. de Flesselles ; Legrand-Saint-René, le marquis de Za Salle, ete. ; 13 juillet 1789, 3 p. in-4.

Autorisation du comité permanent de l'Hôtel de ville de faire fabriquer des hallebardes pour deux cent cinquante citoyens des districts de Saint-Jean de Latran et de Saint-Etienne du Mont, qui offrent de s’armer pour la patrie, s’en rapportant à leur prudence sur l'usage qu'ils en feront. « Nous invitons, en outre, messieurs les commandants et officiers des gardes françaises de les assister de leur aide pour la défense des citoyens. »

30 P. S. des membres du bureau du district ; 13 juillet 1789, 1/2 p. in-4.

Demande d'armes pour cent cinquante hommes de bonne volonté qui s'offrent de monter la garde, le soir, au district de Saint-Jean en Grève, et de faire les patrouilles bourgeoises.

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