‹ Inventaire des autographes et documents historiquesChapitre 167 sur 242 · L. À. S. à M. Delisle; Paris, 3 mars 1792, 3 p. in · texte numérisé non relu

L. À. S. à M. Delisle; Paris, 3 mars 1792, 3 p. in

Une des plus belles lettres connues de Marat, et, assurément, l’une des plus intéressantes. Elle est relative à l’impression des Chaînes de l’esclavage.

« Mon ami, comme éditeur de mon ouvrage, vous avés de moi plein pouvoir de traiter avec tel libraire ou publicateur que vous jugerés convenable, et qui vous fera les conditions les plus avantageuses : mais, dans tous les cas, il importe que la Société des amis des Droits de l’homme concoure au succès de l’entreprise. Des libellistes, aux gages de la cour, si longtems acharnée à détruire le bien que faisait ma plume, ont publié en mon nom des doctrines si funestes, ils m'ont calomnié de tant de manières, ils ont si souvent répandu le bruit que je n'existais plus, que j'étais un être chimériqne, qu'il était nn Age et au petit nombre d’exemplaires de ma feuille qui ont percé dans les départements de dissiper ces impostures. Il est donc indispensable que cette société se charge de faire passer le prospectus à toutes les sociétés patriotiques du roïaume, en les engageant à favoriser de tout leur pouvoir la publicité

d'un ouvrage destiné à éclairer le peuple, à former l’esprit public et à ranimer les feux du. #patriotisme. »

Il pense que le club des Cordeliers se fera également un devoir de concourir à la propagation d’un ouvrage qui deviendra l’école des citoyens. Certains de ses membres profiteront, peut-être, de l’occasion . lui donner des marques de leur malveillance; mais il aime à penser que la pudeur leur fermera la bouche. — Passant ensuite à des considérations personnelles à M. Delisle, il ajoute : « Je n’ignore pas que vous avez des ménagements à garder avec vos parents, trop peu patriotes pour vous voir de bon œil devenir publiquement l’éditeur de a livre. Si vous craignez de les indisposer, bornés vos bons offices à surveiller l'impression

e l'ouvrage... »

Dans un P.S. de quelques lignes, Marat prévoit le cas où « quelque endormeur » proposerait à la Société des Droits de l’homme d’examiner l’ouvrage, avant de le prendre sous son patronage. Il prie Delisle de retirer, dans ce cas, sa proposition, parce que lui, Marat, est son propre censeur, qu’il n'entend en avoir aucun autre, et qu’il est, du reste, le plus sévère qui se puisse trouver.

te MARAT (Jean-Paul).

L’A freux Réveil, manuscrit aut., avec ratures et corrections, 12 p. in-4, dont 3 en épreuves corrigées. À la suite se trouve la brochure elle-même, qui a 18 p. pl. in-8.

Précieux manuscrit du pamphlet célèbre, du 29 août 1790, relatif aux préludes des massacres de Nancy, qui eurent lieu le 31. pes

Il y a, dans le manuscrit, une note inédite très-curieuse, dans laquelle Marat invite les jeunes soldats de l’armée parisienne à voler au secours de la garnison de Nancy, et à porter aux assiégeants une pacotille décrits patriotiques.

MARAT (Jean-Paul).

Sociétés fraternelles, pièce autographe, avec ratures et corrections, 1/2 p. in-fol. Curieuse pièce, où l’on remarque ces mots: « L’ami du peuple est le père de toutes les

sociétés patriotiques de la capitale, conséquemment du roïaume entier. On sait combien les associations fraternelles ont contribué à arrêter les projets des ennemis de la liberté, en propageant le civisme, en formant l'esprit public... »

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