Translation des restes de Marat au Panthéon. y
1° P. A. S. de G. Romme, avec ratures et corrections 24 brumaire (an If, 14 novembre 1793), 1 p. 1/2in-4.— A la suite se trouve l'ordre d'expédition sig. par Aerlin de Thionville.
Minute du décret de la Convention décernant à Marat les honneurs du Panthéon, ainsi
conçu :
« Sur la proposition d’un membre, la Convention nationale décrète ce qui suit :
ART. I. — Les honneurs du Panthéon sont décernés à Marat, l'ami et le représentant du
»euple; la Convention nationale déroge pour lui au décret du .……. , relatif à l’époque où ces Ééuneure doivent être décernés. : | Arr. Il. — Le comité d'instruction publique présentera le plan de la cérémonie.
ART. III. — Les tableaux de Lepeletier et de Marat, peints par David, et offerts par lui à la nation, seront placés dans le lieu des séances de l’Assemblée dés représentants du peuple.
Arr. IV. — Ils seront gravés sous la direction de David, qui choisira lui-même le graveur. | ® Arr. V.— La trésorerie nationale tiendra à la disposition du ministre de l’intérieur jusqu’à concurrence d’une somme de vingt-quatre mille livres, pour subvenir aux frais de gravure et d'impression.
Arr. VI — Il sera distribué un exemplaire de ces deux gravures à chaque membre de la Convention, et à chaque administration de département et de district.
Arr. VII. — Les planches resteront à David.
Arr. VIII. — Les tableaux, après avoir été gravés, seront replacés dans le lieu des séances de la Convention. Ils ne pourront être retirés, sous aucun prétexte, par les législatures qui lui succéderont. »
(Tant que Robespierre vécut, ce décret resta sans exécution; mais, six semaines après sa mort, le 26 fructidor an II, la Convention nationale, sur un rapport de Lévnard Bourdon, organe du comité d'instruction publique, ordonna que les honneurs du Panthéon seraient enfin rendus à Marat. La cérémonie eut lieu, en grande pompe, le cinquième jour des sansculottides, c’est-à-dire le dernier jour de l’année.)
90 15 mémoires et autres pièces relatives à des fournitures d'objets divers pour la translation des restes de Maratau Panthéon.
30 Délibération du club des Cordeliers, sig. Zetronne, président, Dufour, secrétaire; deuxième sans-culottide de l'an IT (18 sept. 1794), 1 p. in-4, cachet.
Nomination de deux commissaires pour demander à la veuve et à la sœur de Marat s’il n’a pas écrit dans son testament : Je donne et lègue mon cœur à mes amis des Cordeliers. En cas que cette disposition y soit contenue, il faut l’inscrire sur une banderole, à sur une draperie tricolore qui sera exposée au-dessus de la porte cochère du club, la 5° sans-culottide, jour de la translation au Panthéon. — A cette pièce en est jointe une autre, relative au dépôt du cœur de Marat dans le club des Cordeliers, sig. Brochet, prés., Husson, secrét.; (19 septembre 1793), 1/2 p. in-4.
(Le cœur de Marat fut mis dans un vase, que Brochet se fit délivrer au Garde-meuble, et suspendu à la voûte du club des Cordeliers.)
4 Procès-verbal du club des Cordeliers, sig. Zetronne, président, Dufour, secrétaire : cinquième sans-culottide de l'an IL (21 sept. 1794), 3 p. 1/2 gr. in-fol., cachet.
C’est le procès-verbal de la cérémonie qui eut lieu au club, ce même jour, à l’occasion de la translation du corps de Marat au Panthéon. — Sur la demande d’un membre de la société, la Convention avait consenti, la veille, à ce que le cortège fit une station au club des Corde— liers, « lieu qui renferme le cœur de Marat. »— « Le char, sur lequel était porté Marat, tenant une plume à la main, s’est arrêté à la porte. » L'Institut national (de musique), qui suivait, a chanté une strophe républicaine. La Convention a été accueillie par les cris répétés de : Vive la République, vive la Convention, vive les sociétés populaires ! Le discours adopté par la société a été déposé dans les mains du président. (Le texte de ce curieux panégyrique de Marat est dans la pièce.) Des commissaires ont accompagné le cortége jusqu'au Panthéon. Le cœur de Marat, qui avait été exposé pendant le défilé, a été remis au lieu du dépôt ordinaire. La cérémonie n’a été entièrement terminée qu’à neuf heures du soir.