PROUDHON (Pierre-Joseph
5 L. A.S.; 20 juin, 13 et 19 juillet, 4 oct. et 13 nov. 1856, 18 p. in-8.
Correspondance des plus piquantes avec un personnage dont le sexe même semble avoir été un problème pour mn pm qui, après avoir appelé son correspondant Mademoiselle dans la première lettre, Madame dans les deux suivantes, Monsieur dans la quatrième, lui donne, dans la dernière, la double qualification de Monsieur ou Madame. Consulté par ledit personnage, qui se donnait pour une écuyère de l’Hippodrome cherchant à rentrer dans la voie de l'honnêteté, Proudhon traite la question du mariage sous ses différents aspects. Voici quelques passages fort curieux :
Lettre du 43 juillet. « Vous avez 28 ans : la première période de votre jeunesse est passée ; il vous reste la seconde. Douze années de l’âge moyen d’une femme, 28 à 40, c’est encore un avenir. Rompez d’abord avec toute espèce d'amour. La première chose que vous ayez à faire est d'apprendre à vous posséder vous-même, et, malheureuse, vous n’avez été jusqu’à ce jour que l’esclave d'autrui! Cela vous coûtera dans les commencements, il faut vous y attendre : mais si la lutte est pénible, le triomphe vous sera doux. Se posséder, entendez-vous, être affranchie, ennoblie dans son corps et dans son cœur, gouverner ses sens : c’est ce qu’on appelle chasteté. Vous n'êtes plus vierge, soit ; la perte peut se réparer ; vous pouvez encore être chaste. »
Lettre du 19 juillet : « La justice est une partie essentielle de notre existence. Autant vous devez avoir horreur de la crasse, du désordre, de la paresse, du ridicule; autant, et plus encore, il faut vous défendre de toute iniquité. Je dis plus : il faut faire, gratis, un peu de bien. Cela vous est aussi nécessaire que vos dentelles, vos fleurs, votre piano. Soyez bonne, non par étourderie, prodigalité, indifférence, laisser-aller, comme sont tant de bonnes filles, mais par raison, justice, respect de l'humanité, qui est en vous. Si vous êtes bonne, vous ne tarderez pas à être en paix avec vous-même ; et ceux qui vous ont fait tant de mal vous inspireront plus de pitié que de colère. »
(Le correspondant de Proudhon était un jeune homme qui, en prenant les qualifications les plus diverses, en exprimant le plus souvent des idées de suicide, exploita la pitié de plusieurs écrivains célèbres. Il reçut, entre autres, de Béranger, du père Lacordaire, de Louis Veuillot, des lettres qui resteront comme des chefs-d’œuvre de pensée et de style. La présente corres-
ondance de Proudhon est certainement une des œuvres les plus originales de cet écrivain.
ans la lettre du 13 novembre, Proudhon, désabusé, éconduit son correspondant et lui donne un congé formel. De même J.-J. Rousseau, comme on l’a vu plus haut, après avoir exposé en termes magnifiques ses idées sur l’éducation des enfants, interrompt des relations avec un professeur qui se jouait de lui.)
PROUDHON (Pierre-Joseph).
L. A.S. à M. Tourneux, chef de bureau au ministère des travaux publics ; Conciergerie, 16 fév. 1851, 2 p. 1/4 in-8.
Après lui avoir recommandé un gardien de chantier du chemin de fer de Lyon, il continue en ces termes : « Combien y a-t-il que nous nous sommes vus? T'’ai-je fait part, dans le temps, de mon mariage, de ma translation à Doulens, de mes procès? Je t’avouerai que, pour me ménager du temps, j'ai supprimé à peu près toute correspondance, toute fréquentation inutile. Peut-être trouvera-t-on que je te devais au moins la faveur d’une exception. Si telle est ton opinion, je m’accuse volontiers et me déclare coupable. Pardonne à mes tribulations une apparence d’oubli qui n’est pas dans mon cœur. Je me suis marié, comme tu penses, non pas en joie, mais en tristesse : une jeune ouvrière que, dès longtemps, je m'étais, pour ainsi dire, assurée, et à qui je n'avais plus à offrir qu’une longue captivité, a préféré ma misère à toute autre chance, et je n’ai pas cru qu’il me fût permis de repousser son dévouement, après avoir obtenu son affection. Maintenant j'ai tout lieu de m’applaudir de ce que j'ai fait : c’est l'action la meilleure, la plus utile pour moi, la plus honorable à mes yeux, que j'aie faite de ma vie. »
102. BUNSEN (Robert-Wilhem-Eberard), chimiste allemand, auteur de
remarquables travaux sur le spectre solaire, et inventeur, avec Kirchoff, de l'analyse spectrale, n. à Gœttingue, 30 mars 1811.
L. A. S., en français, au chimiste Pelouze; Marbourg, 31 juin 1845, 1 p. in-4. — R.
Relative à un voyage projeté à Stockholm pour voir ensemble Berzelius.
103. BERNARD (Claude), médecin, un des créateurs de la physiologie expé-
rimentale, n. à Saint-Julien (Rhône), 12 juillet 1815.
cas
Sa signature sur un état d'émargement pour les examens du concours d’agrégation à la Faculté de médecine ; Paris, 24 déc. 1856, 1 p. in-fol. — A. $S. R!.
Cette pièce porte également les signatures du chimiste Dumas, des médecins Gavarret Kuss, Moquin-Tandon, Rayer, Wurtz, etc.
104. BEECHER-STOWE (Harriet), célèbre bienfaitrice de l'humanité et romancière américaine, auteur de la Case de l'oncle Tom, qui à tant aidé à détruire l'esclavage aux Etats-Unis, n. à Lithfield (Connecticut), 15 juin 1814, m. 1875.
P.A.S., 1/4 de p. in-8. Pièce faite pour un amateur. — R*. ( Recherché.)
105. BERTHELOT (Pierre-Marcellin), un des créateurs de la chimie organique, n. à Paris, 25 oct. 1827.