‹ Inventaire des papiers manuscrits du cabinet de Robert de Cotte, premier architecte du roi (1656-1735) et de Jules-Robert de Cotte (1683-1767) conservés a la Bibliothèque nationaleChapitre 20 sur 116 · ÉGLISE DE LA SORBONNE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE LA SORBONNE

Église de la Sorbonne.

144. Devis des ouvrages de serrurerie qu’il convient faire pour la fer-

meture du chœur de l’église de la Sorbonne, suivant le dessin de Monsieur de Cotte Le 7 juillet 1714 [I] (422).

François Caffin, qui donne ce devis, décrit minutieusement la grille qu’il s’engage à exécuter pour 16.500 1.

Plans 419 à 421. Dessins... d’une grille de fer pour la Sorbonne.

Note. Cette grille ne fut sans doute jamais exécutée.

145. Lettre de A. Lemoyne à R. de Cotte. Du 21 juin 1715 [I] (422).

Le dernier dessin envoyé par de Cotte pour la grille du choeur de l’église de la Sorbonne convient, mais il soulève quelques difficultés matérielles qu’on énumère. Si de Cotte a besoin d’autres éclaircissements, qu’il envoie la personne qui a levé le plan. Ces Messieurs de la Sorbonne lui seraient obligés de passer lui-même, lors de son prochain voyage à Paris.

Égouts et canaux de Paris.

146. Mémoire du sieur de Ressons, lieutenant général de l’artillerie du roi, au sujet d’un canal à creuser pour empêcher les débordements de la Marne et de la Seine (1714) ? [I] (393).

Ce mémoire propose de détourner la Marne à Gournay dans un canal qui traverserait les' basses prairies de Chelles, les fonds de Gaigny, Villemonde, Tillemonde, Pantin où l’on creuserait un bassin. A cet endroit, le canal se séparerait en deux bras, l’un allant aux Fossés de la Bastille, l’autre empruntant le trajet de l’égout jusqu’à la Savonnerie. Le mémoire expose tous les avantages du projet qu’on peut réaliser en un an à l’aide des troupes sur le point d’être congédiées.

ÉGOUTS ET CANAUX DE PARIS

Plans (se rapportant aux canaux et égouts). — 390. Plan de la ville et environs de Paris avec un projet de canal. — 391. Autre plan idem. — 392. Autre plan où est projeté un canal depuis la barrière du Temple, jusqu’auprès de la manufacture de la Savonnerie.

Notes. Des relevés du niveau des égouts qui se trouvent dans la même liasse (pièces 150 et 151) permettent de dater ce projet et les suivants de la même époque environ. — Voir au sujet des canaux projetés pour empêcher les crues de la Marne : De La Lande, Canaux de navigation , 1778, p. 264 et suiv. — Cette pièce et les suivantes concernent les égouts de Paris dont l’état était déplorable au début du XVIIIe siècle : on ne pouvait séjourner dans le voisinage du grand égout, simple tranchée sans maçonnerie, sans pavés, creusée à travers des marais, encombrée d’immondices, sans pente, et dont les eaux refluaient parfois dans Paris. Il ne fut réellement remédié à cet état de choses qu’en 1737, quand Turgot fit construire un nouvel égout de 3.600 toises de long, depuis la rue du Calvaire jusqu’à la Savonnerie, égout maçonné et parfaitement sain, où l’on fit couler, pour assurer le nettoyage, l’eau de l’acqueduc de Belleville, retenue dans un réservoir contenant 22.112 muids, et celle d’un puits de 17 pieds, qui était amenée au réservoir par un corps de pompes aspirantes et foulantes. Tous les projets et tentatives exposés ici indiquent qu’en 1714-1715 on se préoccupait déjà de la situation et qu’on voulait en même temps creuser à travers Paris une nouvelle voie navigable dont les droits de passage auraient payé tous les travaux. Aucun de ces projets ne fut exécuté. Cependant on fut obligé de faire des travaux provisoires, de détourner les égouts de la vieille rue du Temple et de la rue Saint-Denis qui ne trouvaient plus d’issue dans le grand égout et de les faire passer dans les fossés de la ville pour les faire aboutir à la Seine, au bastion de l’Arsenal. Le résultat fut d’infecter la rivière, qui devint noire d’ordures dans plus de la moitié de sa largeur, surtout par les temps d’orage. (Voy. Bonamy, Mémoires sur les acqueducs de Paris , dans Mémoires de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , t. XXX (1764), p. 750, et De La Mare, Traité de la Police , t. IV, p. 408, 410, 41 1.)

147. Mémoire du sieur de Ressons, lieutenant général de l’artillerie du roi, relatif à un projet de canal d’importance moindre que le précédent, en cas qu’on n’en veuille pas faire la dépense [IJ (393).

Ce canal n’aurait que 2 toises de large et partirait de Gournay. Il assainirait complètement Paris mais n’empêcherait pas les inondations de la Marne. On emploierait les troupes au travail.

148. Mémoire, par extraits, de plusieurs propositions faites à la Ville en différents temps, pour garantir Paris des inondations dans les débordements, faire communiquer la Seine, de l’Arsenal à la Savonnerie, assurer le nettoyage des égouts et la navigation au dessus et au dessous de Paris [I] (393).

38 ÉGOUTS ET CANAUX DE PARIS

Inachevé. Contient le résumé de la première proposition de Ressons.

149. Mémoire du sieur Thomas, ingénieur ordinaire du roi, qui propose d’élever en face de l’Arsenal une quantité d’eau de Seine suffisante pour assainir les égouts du Marais et autres qui se jettent dans la Seine audessus de l’Arsenal [ï] (393).

Le sieur Thomas énumère les avantages de son projet. Si on doute de la réussite, il fera construire la machine élévatoire à ses frais et on ne la lui remboursera pas s’il échoue. Il propose aussi de construire cinq ou six abreuvoirs dans Paris pour le bien public.

150. Relevé des niveaux du pavé de l’égout allant de l’hôpital Saint- Louis à la Savonnerie en passant par le Marais. Du 11 mai 1714 [I] (393).

151. Relevé de différents nivellements à exécuter dans les égouts de Paris et des environs [I] (393).

152. Observations pour servir d’addition à la requête que le sieur Boisson, ingénieur du roi, a présentée à Sa Majesté pour la construction d’un canal, depuis l’Arsenal jusqu’à Chaillot, et aux mémoires qu’il a remis au Conseil (1723?) [Ms. 9447, p. 30 et suiv.] (1442).

Ce canal, dont la possibilité est reconnue, sera fort utile pour empêcher les crues, les inondations et nettoyer les égouts. La municipalité a obtenu, par arrêt du 4 décembre 1720, l’autorisation de reconstruire le grand égout découvert qui va du rempart derrière le Calvaire au ponceau de Chaillot, d’y faire des embranchements, de le couvrir en partie, à condition que les dépenses, estimées à 2 millions, soient supportées par les propriétaires des terrains qui y aboutissent. Si le sieur Boisson est autorisé à construire son canal, il se chargera de la reconstruction du grand égout, y fera tomber celui de la rue Saint-Louis et en construira un semblable à la droite du canal. Pour faciliter ses travaux, il demande la faculté d’acheter 50 perches de large de terrain sur toute la longueur du canal, aux conditions accordées par l’arrêt du 2 décembre 1720 à la municipalité pour l’achat de terres destinées à la construction

ÉGOUTS ET CANAUX DE PARIS

d’un nouveau quartier. Les frais s’élèveront à 8 millions environ. Pour les couvrir, le proposant demande l’autorisation de contracter un emprunt de 8 millions, hypothéqué sur les terrains achetés et les constructions. Pour le rémunérer de ses travaux, il aura droit au privilège de certains droits qui sont indiqués. Tous les travaux seront achevés en cinq ans.

153. Mémoire de la dépense pour la construction du canal du sieur Boisson autour de Paris [Ms. 9447, p. 35] (1442).

La dépense s’élève à 6.436.000 1. dont les intérêts au denier vingt montent à la somme de 321.800 1. par an, et la régie à 144.562 1. ce qui fait en tout, par année, la somme de 466.362 1., de sorte qu’il se trouve, déduction faite du surplus du revenu, rester 87.398 1. Cette somme, avec les intérêts, sera employée à rembourser les fonds empruntés dans le courant des 30 années que durera le Privilège.

154. Requête de Boisson, ingénieur du roi, à Mgr le contrôleur général [Ms. 9447, p. 34] (1442).

Il sait le moyen de construire les canaux, bassins, chaussées des étangs de manière à supprimer toute infiltration. Il peut réparer les anciens canaux sans les mettre à sec, et demande l’occasion d’en faire la preuve; son secret épargnera bien des dépenses au roi. En même temps il réclame une récompense.

155. Lettre de Boisson (peut-être au surintendant des Bâtiments) relative à son projet de canal et à son procédé pour rendre les fonds de canaux imperméables. De Paris, le 18 février 1727 [Ms. 9447, p. 32] (1442).

Il a fait l’expérience de son procédé devant R. de Cotte en construisant dans sa cour un bassin retenant parfaitement l’eau. C’est sur le conseil de l’architecte qu’il écrit cette lettre. Il rappelle que ses plans du canal de Paris lui reviennent très chers. De Cotte ne les a cependant estimés qu’à 10.000 1. dont pas un sou n’a été payé. — Il se fait fort de construire son canal pourvu qu’on lui accorde les mêmes secours qu’aux constructeurs de l’aqueduc d’Ar-

ÉGOUTS ET CANAUX DE PARIS

cueil. Les experts ont évalué son projet beaucoup trop cher; il faut en nommer d’autres. Le feu duc d’Orléans lui avait fait espérer une forte récompense ; il n’espère pas moins de son correspondant. Depuis plus de 30 ans il se consacre à découvrir des secrets utiles à l’État

Note. En haut de la lettre, à droite, on lit : A M. de Cotte, 19 février 1727. A. » Cet A est peut-être le monogramme de d’Antin.

156. Projet d’un canal navigable depuis l’Arsenal jusqu’à la Savonnerie au dessous de Paris, en le faisant passer par les Marais [Ms. 9447, p. 38 à 48] (1442).

La Ville gagnerait à ce canal : i° des avantages sanitaires, 20 des facilités pour le commerce, 30 une diminution des crues de la Seine, 40 la sécurité des bateaux pendant l’hiver, 50 une diminution, par suite du transit par canal, des charrettes qui encombrent Paris, 6° l’arrosage facile des jardins du Marais, 70 une augmentation de valeur des maisons riveraines, 8° l’impossibilité de franchir cet obstacle pour les fraudeurs des droits du roi, 90 une facilité d’éteindre les incendies, io° un accroissement de la quantité de glace disponible à Paris, n° la faculté de construire sur les bords un abattoir central. Les détails techniques de la construction sont énumérés. Vient ensuite l’estimation de la dépense, soit plus de 18 millions. La Ville devrait faire les frais, à moins qu’on n’ait recours à une société par actions dont les intérêts seraient payés par la perception des droits. Au bout de 30 ans, le canal appartiendrait à la Ville.

Note. Ce projet n’est pas celui de Boisson (pièce n° 152 et suiv.). Sur le projet d’abattoir central qu’il prévoit, voir De La Lande, Canaux de navigation , 1778, infolio, p. 270, et De La Mare, Traité de la Police , IV, 215, 221, 228, 258-284.

157. Nivellements pour la suppression de l’égout Saint-Louis au Marais et ses branches [II] (738).

État des rues et des maisons devant lesquelles il serait nécessaire de remuer le pavé pour donner écoulement aux eaux en supprimant le grand égout de Saint-Louis et ses branches.

ÉGOUTS ET CANAUX DE PARIS

Plan 737. Plan et profil de l’égout rue Saint-Louis au Marais, avec les détails de l’ouvrage.

Note. Il s’agit de la rue Saint-Louis, entre la rue de l’Écharpe et la rue des Filles du Calvaire, aujourd’hui rue de Turenne. Elle s’appela d’abord rue de l’Égout, parce qu’il y avait un égout sur l’emplacement qu’elle occupa, puis rue de l’Égout Couvert, parce qu’en 1618 l’égout fut reconstruit et couvert. Nous ignorons à quelle occasion et à quelle date elle prit le nom de Saint-Louis.

158. Détail de deux toises courantes d’acqueduc de la rue Saint-Louis fil] (738).

Brouillon du prix auquel montent 2 toises de travaux.

159. Mémoire du dommage que causera à la maison de M. Foucault, conseiller d’État, rue Neuve Saint-Paul, l’abaissement de 13 pouces du pavé devant la porte cochère [II] (738).

Entre autres choses il faudra abaisser de 13 pouces toute la cour et les communs, changer le seuil de la porte, remettre en sousœuvre une assise de pierres de taille à la façade et à toute la maison, modifier le perron du grand escalier. La maison est neuve.

Note. Voyez dans De La Mare, Traité de la Police , t. IV, p. 273, les lettres patentes qui donnent gain de cause aux propriétaires du quartier dont nous avons ici les réclamations et qui ordonnent, le 28 février 1718, la reconstruction à neuf de l’égout sous le pavé de la grande rue Saint-Louis au Marais.

160. Mémoire du dommage considérable que causera l’exécution du projet de supprimer le grand égout des Boucheries Saint-Paul pour faire passer par une pente ou ruisseau jusqu’à la rivière, au milieu de la rue Saint-Paul, toutes les immondices et infections [II] (738).

Relatif au dommage que causera le projet à la maison de Mme la comtesse d’Angennes et de M. de Chamaille, rue Saint-Paul, faisant l’encoignure de la rue des Barrées.

161. Mémoire du dommage que causera ledit projet aux maisons de M. de Balincourt, sises rue Saint-Paul et rue des Lions [II] (738).

162. Mémoire des inconvénients qui peuvent se rencontrer dans l’exécution du projet concernant le grand égout des Boucheries Saint-Paul [II J (738).

Page 1