‹ Inventaire des papiers manuscrits du cabinet de Robert de Cotte, premier architecte du roi (1656-1735) et de Jules-Robert de Cotte (1683-1767) conservés a la Bibliothèque nationaleChapitre 86 sur 116 · PROJET D’HOTEL POUR LE COMTE DE HANAU I · texte numérisé non relu

PROJET D’HOTEL POUR LE COMTE DE HANAU I

raison de l’issue peu favorable d’un procès dont le produit devait, dans son idée, subvenir aux frais.

Notes. Ce n’est qu’une défaite pour refuser le plan de R. de Cotte et accepter celui de son élève, Le Chevalier, qui écrit à de Cotte (voy. pièce suivante) : « M. le comte de Hanau allait faire exécuter un plan que M. Perdigué, second ingénieur, lui avait fait; tous les seigneurs s’y sont charitablement opposés, et Mgr le Cardinal dit en pleine compagnie, et devant l’ingénieur, que ce plan n’avait ni rime, ni raison, que, si il le faisait exécuter, il y ferait descendre la police. Il eut en même temps la bonté, et M. le Maréchal, de me présenter à M. le Comte, pour lequel je vais faire bâtir, mais il ne s’est point encore déterminé sur le plan. .. » — Dussieux indique, dans les Artistes français à l'étranger , 3e éd., p. 188, que de Cotte construisit un château pour le comte, dans le comté de Hanau. Il y a là une double erreur puisque i° de Cotte ne construisit pas le château, 2° qu’il devait être à Strasbourg.

567. Lettre de Le Chevalier, architecte, à R. de Cotte. De Strasbourg, le 28 octobre 1730 [III] (1258).

Il rend compte à de Cotte, son maître, de sa conduite depuis son arrivée à Strasbourg. Le maréchal de Brou le protège et l’a présenté aux principaux de la ville. Le prince de Birckenfeld lui a commandé les plans d’un hôtel; puis il a fait deux plans sur deux terrains différents pour M. le Presteur, (il s’agit de l’hôtel prétoral et du préteur royal) qui choisira. M. de Brou l’a conduit à Saverne auprès du cardinal de Rohan, qui lui a fait visiter son palais, et qui, à un second voyage, lui a fait voir un projet de R. de Cotte pour le pavillon des bains en lui demandant d’en modifier le plan. Le Chevalier l’a fait, mais il serait désolé que son maître, dont il sollicite les observations, en prenne ombrage. Il étudie les plans de R. de Cotte pour le palais épiscopal afin d’être en état de les faire exécuter lors de la construction. Le comte de Hanau allait faire construire un château par le second ingénieur Perdigué; mais le cardinal s’y est opposé, et a présenté Le Chevalier au comte, qui, d’ailleurs, n’a pas encore adopté de plan. L’archevêque de Vienne a donné à Le Chevalier l’ordre de faire un plan pour allonger, à ses frais, le choeur de la cathédrale. Malo Saussard lui a montré sur ce sujet un projet de R. de Cotte, mais il est inexécutable parce qu’on n’a pas envoyé à de Cotte les plans de l’église, pour l’établir. Il

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expose son propre projet, et termine en priant son maître de continuer à le protéger. — A la fin de la lettre, croquis du plan de Le Chevalier pour l’allongement du chœur.

Note. M. de Brou, dont parle Le Chevalier, est sans doute le maréchal de Bourg (maréchal de France depuis 1724), dont il est question à plusieurs reprises dans la correspondance d’Alsace adressée à R. de Cotte. C’est ainsi que le grand doyen écrit le 9 avril 1728 (pièce n° 556) : « M. le maréchal de Bourg m’a chargé de vous faire mille et mille compliments. Il a voulu voir les plans que

vous m’avez envoyés, et, comme vous savez que sa folie est d’être architecte »

Sur le plan no 1207, « Plan d’une place appartenant au comte de Hanau... », on lit : « Quay que Mgr le maréchal de Bourg a fait espérer à Mgr le Comte de l’obtenir de la ville pour l’agrandissement de la maison. »

Palais épiscopal de Strasbourg.

568. Bordereau contenant l’indication de divers plans, élévations et mémoires concernant le palais épiscopal de Strasbourg [IIIJ (1258).

A la fin, on lit : « Monsieur de Cotte m’a donné à copier tous les dessins et devis cy-dessus expliqués. Ce jourd'huy 9 juillet 1731. Massol. »

Plans 1214. Plan en masse de l’ancien palais épiscopal de Strasbourg avec le projet. — 1215. Plan en grand du rez-de-chaussée dudit palais. — 1216. Plan du premier et second étage dudit palais.

Notes. M. Seyboth écrit dans Strasbourg historique et pittoresque , 1899, in-folio, p. 571, à propos du palais épiscopal : « L’antique résidence de nos évêques qui, déjà au xvie siècle, menaçait ruine, fut démolie en 1728. L’évêque Armand- Gaston de Rohan fit alors successivement l’acquisition d’un certain nombre de vieilles maisons sises à l’entour, déplaça à ses frais le pont Sainte-Madelaine, qui fut porté à plusieurs mètres en aval, et fit élever, sur le vaste quadrilatère ainsi déblayé, le somptueux palais... Armand-Gaston de Rohan avait succédé, en 1704, au prince Guillaume Egon de Fürstenberg... Nous ne connaissons pas l’auteur des plans du palais épiscopal, mais nous savons que l’exécution de ces plans fut confiée à Massol, qui construisit également la mairie et la sacristie de la cathédrale. » Le palais fut achevé en 1741. — L’auteur des plans est bien R. de Cotte, comme e confirme un passage de la lettre précédente de Le Chevalier (pièce n° 567) : « Son Altesse m’a remis vos plans pour son palais épiscopal, lesquels j’étudie tous les jours, pour, lors de l’exécution, être en état de les faire et construire aussi parfaitement qu’ils le méritent. » — Massol semble avoir été un élève de R. de Cotte. On trouvera quelques renseignements sur lui dans Pitton, Strasbourg illus-

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trê , 1855, in-folio, t.i .11 construisit la sacristie du grand chapitre à la cathédrale, en 1744, et, plus tard, exécuta les plans de Blondel pour l’hôtel de ville. Le Protocoh de la Chambre des Treize, année 1738, p. 65, 88, 92, 98, donne quelques renseignements sur ses travaux à Strasbourg.. On y lit, p. 65, que le cardinal de Rohan lui reconnaît infiniment plus de goût qu’aux architectes allemands.

569. Lettre de Massol à R. de Cotte. De Strasbourg, le 26 novembre 1731 [III] (1258).

Il le met au courant des travaux de démolition et de reconstruction du palais épiscopal. Toute la démolition est achevée. On peut commencer le corps de logis principal. Les décombres sont répandus dans la cour, pour en élever le niveau. Il a fallu rendre accessible le canal en face de l’évêché pour que les chalands à matériaux puissent y aborder. Massol a fait creuser un puits pour reconnaître la nature du terrain, et élever un hangar pour les tailleurs de pierre. Le marché du moellon et de la pierre de taille est conclu avec le sieur Ponse. On attend les soumissions des entrepreneurs de maçonnerie. Seuls Saussard et Rondoin ont donné leurs prix.

Note. Il n’est pas une seule fois question, dans ces lettres, de l’architecte Gourlade, primitivement choisi par le cardinal de Rohan pour diriger la construction de son palais. En 1727, Gourlade était pensionnaire de l’Académie de Rome, et Vleughels écrit, le 1 3 novembre : « M. le cardinal de Rohan ayant choisi le sieur de Gourlade, fils de son maître d’hôtel, qui est pensionnaire du Roy, pour conduire le palais qu’il va faire construire à Strasbourg sur les desseins de M. de Cotte, il m’a prié de demander son congé à Votre Grandeur. » (Correspondance des directeurs de V Académie de France à Rome , t. VII, p. 380).

570. Lettre de Malo Saussard à R. de Cotte. De Strasbourg, le 28 novembre 1731 [III] (1258).

Il le prie de lui continuer ses bontés. Il lui envoie un état des devis qu’il a donnés pour la construction de l’évêché, et lui demande de le soutenir auprès du cardinal, en expliquant qu’il faut une personne entendue, et non un simple maçon, pour ces constructions. Les prix qu’il indique peuvent sembler un peu élevés, mais l’architecte a tenu à ce que l’entrepreneur se charge des échafaudages et des équipages, quoique ce ne soit pas la coutume. Néanmoins, si de Cotte le demande, il fera son possible pour réduire encore son devis.

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571. Devis de Malo Saussard pour les travaux de l’évêché de Strasbourg [III] (1258).

On lit en tête : « Prix que j’ay donné pour l’évesché de Strasbourg, pour la main d’œuvre, en fournissant tous les équipages et les échafaux nécessaires, suivant le devis qui m’a été fourni par l’architecte. »

572. Lettre de Malo Saussard à R. de Cotte. De Strasbourg, le 17 décembre 1731 [III] (1258).

On lui oppose pour l’entreprise du palais épiscopal de Strasbourg, un concurrent qui propose des prix si bas qu’il est impossible de travailler dans ces conditions. Au reste, cet entrepreneur est incapable de mener le travail à bonne fin. Comme on ne fera sans doute rien sans consulter de Cotte, Saussard lui demande sa protection et énumère ses titres : les conseils qu’il a donnés pour la démolition, ses travaux pour le doyenné, etc. Il était même inutile de faire venir un architecte : Saussard eût fort bien pu travailler directement sous les ordres de R. de Cotte ; aussi bien est-ce lui qui a dû renseigner l’architecte sur toutes les questions pratiques.

573. Mémoire du prix des matériaux et de la main-d’œuvre des ouvrages de pierre de taille, maçonnerie, couverture, plâtre, charpente, menuiserie, gros fers, serrurerie en la ville de Strasbourg [III] (1217).

On dispose en Alsace de deux espèces de pierres, le grès rouge des Vosges et la pierre blanche de Vasselonne. Le prix de ces pierres est indiqué, ainsi que celui de la chaux, du sable, des briques, des carreaux, de l’ardoise, des solives de chêne, de sapin, des lattes, des planches de sapin, du gros fer, du petit fer, du plomb, des pavés. Vient ensuite le prix de la main-d’œuvre : i° les matériaux n’étant pas fournis par l’entrepreneur ; 20 les matériaux fournis par l’entrepreneur.

2° Estimation des sept maisons voisines du palais épiscopal de Strasbourg [III] (1217).

La valeur des maisons est de 45.200 1.

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574. Détail d’un bâtiment et des prix des matériaux à Strasbourg [III] (1217).

Une toise de maçonnerie vaut 48 L, 19 s., une toise superficielle de voûte 23 L, 5 s., 4 d., une toise superficielle de murs en moellons de 1 pied d’épaisseur 7 1., 11 s., de deux pieds d’épaisseur 15 L,

2 s., 6 d., de 3 pieds d’épaisseur 23 L, 2 s. D’autres prix de détail sont indiqués, tels que ceux de l’achat, du transport, de la taille des pierres de Soulz et de Vasselonne. Une toise de couverture en tuiles vaut 6 L, une toise de carrelage 4 1., une toise de dalles de pierres de

3 pouces d’épaisseur 16 L, une toise carrée de plafond, corniche en plâtre, 6 L, un cent de solives de chêne 190 L, un cent de solives de sapin 160 1. Le gros fer est à o L, 4 s., 6 d. la livre, et le plomb, à o 1. 8 s.

Noie. Cette sorte de barême, relatif à la construction du palais épiscopal, fut sans doute envoyé à R. de Cotte, de Strasbourg, pour lui donner une indication des prix d’Alsace.

575. Autre détail de prix ne comprenant que la main-d'œuvre [III] (1217).

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