‹ Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roiChapitre 116 sur 130 · DIX TABLEAUX NOUVELLEMENT ACQUIS · texte numérisé non relu

DIX TABLEAUX NOUVELLEMENT ACQUIS

ET DÉPOSÉS AU MOIS DE SEPTEMBRE t785 AU CABINET DU PAVILLON NEUF, AU LOUVRE

Guercino. La résurrection de Lazare; de 6 pieds 2 pouces de haut sur 7 pieds un pouce de large.

Acheté, en 1785, par Denon,à un napolitain nommé Garofalo (1); on en demandait 9,000 ducats, il fut payé 26,000 livres, après un rapport favorable de Vien, qui avait été chargé de l'examiner. — La peinture ayant été enduite d'huile grasse, elle fut restaurée en 1785, par Godefroid : a Avoir levé les huillcs qui couvroient le tableau de la Résurrection de Lazare par le Guerchino, quelques écailles repointillécs et quelques glacis à l'outremer. 73 livres. » (A. N. O' 1933).

Actuellement au Louvre (n* 1139) : H. 1 m. 59. — K. 1 m. 33.

Ant. Corrège. Une tête de Christ, avec des mains; de grandeur nature ; sur bois ; d'un pied 8 pouces de haut sur un pied 5 pouces de large.

(1) Voir, au sujet des négociations diverses, que motiva cet achat, dans les Nouvelles archives de l'Art français (1879), une communication de M. Jules Guiffrey (pp. 165-177). Le 4 juin 1785, Denon écrivait à d'Angivillcr à ce sujet (A. N. O" 1934 B) : « Vous ne devez rien craindre sur son originalité. Il a été fait pour un des ancêtres de M. Garofalo et a été payé à son auteur 1,000 écus de Sicile, qui valent 5 ,000 francs. Il n'a jamais fait de voyage que celui de Rome à Palerme et de Païenne ici (Naples), n'a jamais essuyé de réparations que celles qui ont été faites fort maladroitement en dernier lieu, lors du déplacement dont je vous ai parlé et qui n'a jamais été que d'une chambre dans une autre. »

Ce tableau et les suivants furent achetés en Hollande par Paillet au commencement de janvier 1785 ; cette note, ainsi que celles qui suivront, sont prises d'un état, envoyé par Paillet au comte d'Angiviller à ce sujet (A. N. O' iqi3) :

c Un tableau, peint sur bois par Antoine Corrège;iI représente la téte du Christ couronné d'épines. Ce tableau, qui ne laisse aucun doute de son originalité, est resté a 00 ans dans le palais de Gonzale, ancien souverain de Mantoue; il a été payé avec grande difficulté 3,400 livres. »

Au Louvre (n* 39 du catalogue Villot), et porté à l'école du Corrège : H. o m. 54. - L. o m. 45.

Éoole flamande et hollandaise.

Rembrandt. Le portrait de V auteur y peint par luimême ; ovale ; de 2 pieds 5 pouces de haut sur un pied 1 1 pouces de large.

€ Un tableau, peint sur un panneau de forme ovale, représentant le portrait de Rembrandt peint par lui-même. Buste de grandeur naturelle. Ce morceau est un chef-d'œuvre pour le brillant, l'harmonie de la couleur et son empâtement savant. Il est un de ceux connus pour le plus ressemblant. Il a été payé à Londres («) 130 guinées, qui ont fait, argent de France, 3,034 livres, droit, port et emballage, 41 livres, en tout 3,o63 livres. »

Actuellement au Louvre (n* 3553) : H. o m. 68. — L. o m. 53. — Signé : Rembrandt /. /6J7.

Alf. Brauer. La famille du peintre; sur bois ; de 2 pieds 7 pouces de haut sur 3 pieds 6 pouces de large.

« Un tableau peint sur bois. Cet artiste s'est représenté devant son chevalet et occupé à peindre, en présence du célèbre Rubens, auquel ce morceau étoit destiné. La composition de sept figures est la plus capitale et la plus savante, pour l'harmonie de la couleur et le transparent, qui soit connu, de ce peintre. Feu M. Randon de Boissct avoit donné ordre à M. Pierre Fouquet, négociant et son commissionnaire à Amsterdam, de lui acquérir à tout prix. C'est la circonstance d'une mort qui amène le procureur au prix modique de 3,5oo florins. •

(1) Dans une autre lettre, du 37 juin 1785. Paillet déclare que ce tableau fut acheté par lui à Londres sur les conseils d'Hubert Robert.

Dans une autre note, Paillet ajoute : « Il vient originairement d'un beau cabinet de tableaux, que P. P. Rubens avoit formé et pour lequel Braur l'avoir peint. Il représente ce peintre devant son chevalet occupé à peindre le célèbre Rubens, qui est assis sur la gauche de la composition, costumé dans les habillemens du tems, portant une chaîne d'or et tenant dans sa main droite un pinceau. •

— Restauré par Godefroid en 1784 : Avoir levé l'ancien verni sale et jaune et en avoir passé un autre au tableau sur bois de la famille de Braur peinte par lui-même, et avoir refilé deux fentes mastiquées » (A. N. O' iû3i).

Actuellement au Louvre (n« 2340), avec attribution à Craesbeeck : H. o m. 82. — L. 1 m. 02.

Ad. Ostade. La famille du peintre; sur bois; de 2 pieds 2 pouces de haut sur 2 pieds 8 pouces de large.

« Un tableau, peint sur bois par Adrien Van Ostade; il représente l'intérieur d'une salle dans laquelle oc voit cet artiste très ressemblant et toute sa famille. Ce morceau, du plus grand fini et historique pour la peinture, mérite la place distinguée qu'il doit occuper 2,600 florins. »

— Déverni et reverni par Godefroid en 1786. (A. N. O' ig3i)

Actuellement au Louvre (n* 2495) : H. o m. 70. — L. o m. 80.

Ger. Terbourg. Une jeune fille et un jeune homme faisant de la musique; de 2 pieds 6 pouces de haut sur 2 pieds 2 pouces de large.

a Un tableau, peint sur toile par Gérard Terburg. Cet artiste s'est représenté lui-même assis dans un appartement et occupé à accorder une guitare (1). Sa mûre, pour laquelle a été fait ce beau morceau, est représentée, debout, tenant un livre de musique et vêtue d'une robe de satin blanc, garnie de dentelles d'or. En second plan, dans une porte, on distingue une jeune femme, qui paroit écouter ; on voit encor sur la gauche de la composition un chien, endormi sur un fauteuil. • Il n'y a qu'une voix pour accorder à ce tableau le premier rang. Il est toujours resté dans ta famille (de Terburg) et c'est de sa petite nièce qu'il a été acheté à La Haye pour le prix de 6,000 florins de Hollande, auquel il a été fixé, sans qu'il

(i)Dans une lettre du 11 juin 1785, Paillet déclare que cette identification a été donnée par la famille même de Terburg (A. N. O' 1914-1921).

TABLEAUX ACHETÉS POUR LE ROI 58û

fût permis d'en faire aucune offre. Une des conditions essentielles pour parvenir à le voir a été que l'on venoit dans l'intention de l'acheter ».

Actuellement au Louvre (n» 2588) : H. o m. 81. — L. o m. 72. — Signé : Burgf. 1660.

Karel Du Jardin. Le portrait de V auteur; sur cuivre ; de 8 pouces 9 lignes de haut sur 7 pouces de large.

« Le portrait, peint sur cuivre, de Karel du Jardin, [que l'on m'a assuré être fort ressemblant], peint par lui-même. Ce morceau, d'une grande vérité et du bon temps de cet artiste, est d'une grande rareté pour le Roy qui possède ses deux meilleurs tableaux dans leur différent genre. Il a été payé 635 florins. ■

Actuellement au Louvre (n« 2434) : H. o m. 22. — L. o m. 19. — Signé : K. Du Jardin/. 1657.

Louis Backhuysen. Une grande marine; de 5 pieds 3 pouces de haut sur 8 pieds 10 pouces de large.

• Une marine; par un tems peu agité, la vue d'une mer étendue, sur laquelle sont plusieurs vaisseaux en rade. La nature et la vérité du ton et des mouvemens de l'eau ne peut être mieux rendu. Peut-être n'auroit-on pas cette idée pour la médiocrité du prix, mais la grandeur en est la seule cause i,65o florins. •

Actuellement au Louvre (n» 5 du catalogue Villot) : H. 1 m. 71. — L. 2 m. 83 (1).

Moucheron. Un paysage, avec des figures (2) de Van de Velde ; de 2 pieds 4 pouces 6 lignes de haut sur 2 pieds de large.

« La vue d'un jardin pittoresque à la gauche duquel est un escalier, que descendent différens personnages, qui viennent prendre des chevaux pour

(1) Cette identification rend vaine l'hypothèse, que nous avions formulée, au sujet du tableau de Van Beck, dans notre Inventaire général des tableaux du Roy, par N. Bailly (p. 272).

(2) Paillet ajoute : a et chevaux ».

aller à la chasse. Ce morceau agréable mérite un rang distingué dans la classe des paysagistes et il est regardé pour être du bon temps de ces deux mattres, qui se sont parfaitement accordés, puisqu'il semble par l'union qu'un seul ait fait le tout 1,1 5o florins ••

Actuellement au Louvre (n» 148a) : H. o m. 78. — L. o m. 66.

Jean Van Huysum. Un autre paysage, avec figures; d'un pied 8 pouces de haut sur un pied 1 1 pouces de large.

« Un paysage du plus beau fini et d'un riche détail, orné de plusieurs figures de nymphes, aussi de Van Huysum, traitées dans la manière de Lairesse. Ce morceau, aussi beau qu'il est rare d'en rencontrer, est un des doute mois de l'année que ce grand peintre de fleurs a fait pour lutter contre les peintres du tems, qui lui reprochaient de ne savoir faire autre chose que des roses. Le pendant se trouve chez M. Hoop et les dix autres dans les galeries de l'Allemagne. C'est un des beaux mois de l'année qui est représenté dans celui-ci. Payé i,3oo florins. •

Actuellement au Louvre (n° 2416) : H. o m. 54. — L. o m. 65. — Signé : Jan Van Hûysum, 1717.

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