FRANÇOIS-HUBERT DROUAIS
Ces tableaux furent payés le 10 décembre 1760 (Exercice 1729) :
Au sieur Drouais le fils, peintre, la somme de 100 livres à luy ordonnée pour faire, avec 3,5oo à luy aussi ordonnes acompte, scavoir : 2,000 des fonds de l'exercice 1 j58 en contracts à 4 0/0 sur les aides et gabelles, le 1 1 septembre 1759, et 1 5oo, sur 1759 en contracts à 5 0/0 sur les états de Bretagne, le 3o avril dernier, le parfait payement de 3, 600 livres à quoi montent trois tableaux, copies du portrait de Mgr le duc de Berry et de Mgr le comte de Provence jouant avec un chien, qu'il a faits pour le service du Roy pendant Tannée 1757.
Portraits des enfants de France.
De 1762 à 1764, Drouais, à la requête de Mesdames, exécuta leurs portraits et ceux du Dauphin et de sa famille; voici son mémoire (i) :
Mémoire des ouvrages de peinture commandés par Mes Dames, et livrés dans le courant des années 1762, 1 763 et 1764, à Drouais le fils, peintre du Roi.
Les portraits de Monsieur le Dauphin, de Madame la Dauphine, et de Monseigneur le duc de Berry dans le même tableau ; sur toile de 4 pieds de haut sur 5 et demi de large. 3, 600 liv.
Les portraits de Madame Victoire t de Madame Sophie, et de Madame Louise dans le même tableau ; de
la même grandeur et pour servir de pendant au précédent 3,6oo »
Le portrait de Madame Adélaïde, sur toile de 20, avec deux mains (2) 800»
Le portrait de Madame Victoire, sur toile de 20, avec deux mains 800 »
Le portrait de Madame Sophie, sur toile de 20, avec deux mains 800 »
Le portrait de Madame Louise, sur toile de 20, avec deux mains 800 »
{2) Les dimensions de la toile de 20 étaient de 2 pieds 3 pouces sur un pied 10 pouces.
Un second portrait de Madame Sophie, de même grandeur que le précédent 800 »
Une copie des portraits de Monseigneur le comte d'Artois et de Madame pour Madame Adélayde(i). t,8oo »
Total 1 3,ooo »
Le paiement est en date du 1" avril 1771 (Exercice 1764) :
Au sieur Drouais, peintre, la somme de i3,ooo livres, encontracts à 4 0/0 sur les aides et gabelles, pour son payement de huit tableaux de la famille royale qu'il a faits pour le service du Roy et peints d'après nature en 1763 et 1764.
Voici, très vraisemblablement, d'après deux copies qui en furent faites en 1781 par le peintre Coquerct, la description des portraits de Mesdames Victoire et Louise {2) :
Madame Victoire en habit de cour, verd cannelé avec une mantille de fillie aussi verd, manchettes de dentelles brodées, la main droitte appuyée sur un éventail de nacre de perle.
Madame Louise en robe de satin gris de perle rayé et brodé de fleurs variées et de soucils d'annetons (3) ; cette princesse est
(1) Au mémoire est jointe la note suivante :
« Noue sur le mémoire présenté par M. Drouais :
« Les deux premiers (i* M. le Dauphin, M— la Dauphine, M. de Bcrri; 2* M"* Victoire, M"* Sophie, M"* Louise) à ne considérer que la grandeur du tableau et en le comparant avec les prix ordinaires, paroltroicnt assez payes chacun à 3 ,000 liv. Cependant, ces prix sont relatifs à ce que ordinairement ces tableaux ne contiennent qu'une seule figure, or, ceux cy en contenant trois, ce qui coûte plus de temps à exécuter et d'ailleurs entraîne beaucoup plus de perte de temps pour obtenir les séances, il ne paroit pas que te peintre ait excédé les bornes raisonnables en demandant 4,000 liv. de chacun. Cependant, si M. le Directeur croit que ce soit trop, on pourrait les mettre à 3,6oo chaque pour les deux, 7,200 liv.
« Les cinq portraits sur toile de 20 par les prix ordinaires paroitroient assez payés à 800 liv. chacun, cependant comme le séjour à Versailles à l'attente des séances coûtait des dépenses et du temps à l'artiste, il paroit qu'on peut les porter à t.ooo liv. chacun, pour les cinq 5,ooo liv. ; pour la copie, elle paroit assez payée à 1,800 liv. »
(3) Les soucis d'hanneton étaient des touffes de découpures de soie, assorties aux couleurs du vêtement.