‹ Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roiChapitre 57 sur 130 · FREY · texte numérisé non relu

FREY

Portraits de Mesdames, filles de Louis XV.

Cet artiste fit au pastel les portraits des filles de Louis XV, dont La Tour avait suspendu l'exécution pour punir ces princesses de leur inexactitude aux rendez-vous assignés. En 1754, il livrait le portrait de M— Louise; voici son mémoire (3) :

Mémoire d'un portrait peint en pastel parle sieur Frey au mois de novembre 1734.

Ce portrait, peint au pastel et fixé ensuite, a 2 pieds de haut sur i5 pouces de large. 11 représente Madame Louise de France

en corps de robe richement orné avec la bordure

700 livres.

Le paiement est en date du 17 décembre 17*6 (Exercice 1734) :

Au sieur Frejr, peintre en pastel, 832 livres pour son payement d'un tableau portrait de Madame Louise, qu'il a fait pour le service du Roy pendant l'année 1754.

L'année suivante, le même artiste exécutait deux copies de ce portrait, dont il fut payé le 10 décembre 1760 (Exercice 1736) :

Au sieur Frey, 672 livres pour son payement de deux copies du portrait de Madame Louise, qu'il a fait pour le service du Roy pendant Tannée 1755 (1).

— En 1764, Frey recevait la commande des portraits de quatre des tilles de France Mesdames Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise; l'indication s'en trouve sur le relevé de compte suivant {2) :

Quatre tableaux originaux représentant les portraits de Mesdames de France, Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise, peints au pastel d'après nature 2880 livres.

Trois tableaux repettés représentant les portraits de Mesdames Victoire, Sophie et Louise 1200 »

Le paiement est en date du b juillet 1775 (Exercice 1773) :

Au sieur Frey, 2,584 'ivres pour faire, avec 2,000 livres à luy ordonnes acompte sur l'exercice 1 772 le 1 7 mars audit an, le parfait payement de 4,584 livres à quoy montent les tableaux qu'il a peints en pastel d'après nature, en 1766, représentant Mesdames Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise de France (3).

(1) Un mémoire de cet artiste (A. N., O' 10^4 B) indique que ce» copies furent peintes à l'huile sur toiles de i5 (2 pieds x un pied 8 pouces).

(3) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785). — Il se pourrait que trois de ces portraits, ceux de Mesdames Louise, Adélaïde et Sophie fussent en la possession de MM. Alfred Régis et Charles Moisson. Ces pastels, attribués à La Tour, ont o m. 37 de haut sur o m. 3i de large. L'artiste a donné tous ses soins à la ligure et a négligé les autres ornements.

Plus sept bordures

LOUIS GALLOCHE

Louis GALLOCHE

Aux Tuileries.

En 1730, cet artiste travailla à la décoration du plafond de la salle des Machines du palais des Tuileries (1) : il eut à faire la Musique et ses attributs, qu'il représenta par deux enfants avec des instruments de musique. Il demanda 600 livres de son ouvrage (2), et en reçut 3oo livres le i5 novembre 1721 :

Au sieur Galloche, peintre, 3oo livres pour son payement d'un tableau, qu'il a fait pour le plafond de la salle des machines du palais des Tuilleries, pendant l'année dernière.

A Versailles.

i° Hôtel du Grand-Mattre.

* En 1724, lors des travaux de décoration faits aux appartements de l'hôtel du Grand Maître à Versailles (3) Galloche traita le sujet du Départ d'Adonis pour la chasse. Dans VÉtat des ouvrages de peinture faits pour le Roy depuis 1 7 / 6* jusqu'et compris /720 (4), ce tableau est indiqué de forme ovale, de 3 pieds 2 pouces de haut sur 3 pieds 4 pouces de large (b). Le payement est en date du i5 juin 1726 (Exercice 1724).

Au sieur Louis Galloche, peintre, 400 livres pour son payement d'un tableau représentant le Départ d'Adonis pour aller à

il) Cf. page 3y supra.

(2) A. N. O" 1934 b : État des ouvrages de pe inturc faits pour le service du Roi depuis 1716 jusqu'et compris i~2<).

(3; Cf. page 76 supra.

[?) Dans l'État des tableaux modernes qui ont été faits et placés dans les dehors de Versailles depuis l'année 1722 jusqu'à ce jour (A. N. O' iq65\ les dimensions indiquées ne sont plus que de 5 pieds et demi de haut sur 2 pieds 10 pouces de large.

la chasse, qu'il a fait pour le service du Roy pour les appartements de l'Hôtel du Grand Maître à Versailles, pendant Tannée

Actuellement a l'Hôtel de Ville de Versailles, avec attribution à Verdier : H. 1 m. 23. — L. o m. 90.

2a Église du Parc aux Cerfs.

En 1727, Galloche eut à faire un tableau pour la nouvelle église du Parc aux Cerfs, a Versailles (t). Sa toile est mentionnée dans l'état des tableaux ci-dessus indiques (3) : « La Magdcleinc pénitente, qui a sa main sur la poitrine et ses cheveux épars »; ses dimensions étaient de 3 pieds et demi en hauteur sur 3 pieds en largeur. Il en demandait 700 livres, on ne le lui paya que 3oo à la date du a octobre 1728 (Exercice 1727) :

Au sieur Galloche, peintre, 3oo livres pour un tableau représentant la Magdeleine pénitente, qu'il a fait pour le principal autel de la nouvelle église du Parc aux Cerfs pendant Tannée dernière.

Dans un État des tableaux modernes qui ont été faits et placés dans les dehors de Versailles depuis l'année 1722 jusqu'à cejour (1737 ?) (3),ce tableau est ainsi mentionné comme figurant à la paroisse Saint-Louis de Versailles sur un des petits autels à coté du choeur : « Un tableau de forme ovalle, représentant la Magdeleine pénitente; de 4 pieds de hauteur sur 3 pieds et demi de largeur, peint par M. Galloche. »

Actuellement à la cathédrale de Versailles.

3° Cabinets du Roi et de la Reine.

En 1732, quand une disposition nouvelle fut apportée aux appartements parliculiers de Marie Lcczinska (4), Galloche reçut une commande de six tableaux, dont voici le détail (5) :

(1) Cf. page 77 supra.

(4) De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, p. 1 18.

LOUIS GALLOCHE

« Six tableaux pour le cabinet de la Reine, dont les quatre premier» sont tirés du Pastor fldo de Guarini :

a Le i*, Dorinde blessée par Silvio; le a«, Dorinde guérie par Silvio; le 3*, Silvio chassant le sanglier envoyé par Diane; le 4*, le jeu du Colin- Maillard; le 5', Roland apprend la perfidie d'Angélique; le 6°, tableau allégorique; la Reine, sous la figure de l'Aurore sort du sein de Thétis accompagnée de son auguste postérité. »

Cette commande fut par la suite réduite à cinq, le premier sujet ayant été écarté, et deux des tableaux furent destinés au petit cabinet du Roy. Ce sont, d'après l'État des tableaux faits pour le Roy depuis 1722 pour le château de Versailles jusqu'à /7J2 (1) :

Un tableau représentant un sujet du Pastor jido, sçavoir Amarillis ayant un bandeau sur les yeux, et jouant à Colin- Maillard avec Mirtil qui, poussé par l'Amour, le saisit par le bras ; ayant 2 pieds 1 1 pouces de haut sur 2 pieds 7 pouces de large ; de forme ovale ; dans sa bordure dorée.

— Mirtil en chasseur qui pique un sanglier, plusieurs femmes et plusieurs Amours l'accompagnent ; de mômes mesures que le précédent.

Ces deux tableaux étaient achevés au mois de juin 1732; l'artiste en était payé à la date du 16 juillet de ladite année :

Au sieur Galloche, peintre, 600 livres pour deux tableaux qu'il a faits pour les cabinets du Roy à Versailles pendant le mois de juin dernier (2).

Les autres tableaux furent réservés aux appartements de la Reine. Les deux suivants furent payés le 28 mars 1733 :

Au sieur Galloche, peintre, 750 livres pour son payement de deux tableaux allégoriques représentant l'un Y Aurore sortant du sein de Thétis, et l'autre Rolland attendant Angélique, qu'il a faits pour l'appartement de la Reyne au château de Versailles en 1733.

Le premier de ces deux tableaux prit place dans le cabinet de la Reine,

(2) La décoration du cabinet du Roi était complétée par quatre pastorales de Cazes et de Chavannes. Cf. p. 77, 78, 90, 91 supra.

le second dans sa garde robe; ils sont ainsi décrits dans Y État des tableaux faits pour le Roy depuis 1722 pour le château de Versailles jusqu à 1 y 32 ( 1 ) :

Un tableau représentant la Reine, sous la figure simbolique de l'Aurore, sortant du sein de Thétis: la France attentive s'élève et tend les bras vers Sa Majesté pour témoigner son zèle et la joie qu'elle ressent de la naissance du Dauphin, qui assure le bonheur et le repos de toute l'Europe ; ayant 3 pieds et demi de haut sur 3 pieds de large ; de forme ovale ; dans sa bordure dorée (2).

Un autre, représentant le moment que Rolland, après avoir attendu inutilement Angélique, on lui ôte toute espérance, en lui montrant le brasselct dont ce héros lui avait fait présent et qu'elle vient de donner au père de la fiancée pour récompense de l'avoir conduite au port le plus proche avec Médor, le tout sur un fond de paysage ; ayant 2 pieds 8 pouces de haut sur 4 pieds de large ; de forme irrégulière dans sa bordure dorée.

Le cinquième de ces tableaux du cabinet de la Reine est ainsi mentionné (3) :

Un tableau représentant la Guérison de Dorinde par Silvio: ce chasseur l'ayant trouvé blessée la fit conduire dans un endroit à couvert et fut chercher dans les montagnes quelques herbes pour la guérir, le tout sur un fond d'architecture; ayant 2 pieds 10 pouces de haut sur 2 pieds 10 pouces de large; de forme irrégulière dans sa bordure dorée.

Ce tableau fut payé le 20 janvier 1734 (exercice 1733) :

Au sieur Galloche, peintre, 450 livres pour un tableau représentant Dorinde guérie par Silvio, qu'il a fait pour l'appartement de la Reyne audit château (de Versailles) pendant Tannée dernière.

(2) En 1760, cette allégorie était reléguée au magasin de la Surintendance, à Versailles.

(3) A. N. O' i965. Cf. l'État ci-dessus.

LOUIS GALLOCHE

Le tableau de Roland apprenant les amours de Médor et d'Angélique est actuellement au musée de Caen, où il fut envoyé par l'État en 1804 :

H. o m. 80. — L. 1 m. 10. — Signe : Galloche 1 7 33.

4°j4 Trianon.

Dans une liste de Distribution d'ouvrages en date de 1730 (1), Galloche est désigné comme ayant à faire deux dessus de portes pour Trianon : il lit le Printemps et l'Été, qui lui furent payés 3oo livres chaque, sur l'exercice 1750, les 2 mars et 20 juillet 1731 :

Au sieur Galloche, peintre, 5oo livres pour faire, avec pareille somme à luy ordonnée le 2 mars dernier, le parfait payement de

I, 000 livres à quoy montent deux tableaux représentant le Printemps et YÉté, qu'il a faits pour le service du Roy pendant Tannée dernière.

Ces deux tableaux furent exposés au Salon de 1751 et ainsi mentionnes au livret :

Un tableau d'environ 3 pieds et demi sur 2 de hauteur, représentant le Printemps. On a taché d'exprimer la fraîcheur du matin dans cette saison naissante. Une forêt paroît séparée de la prairie par une rivière, laquelle, en serpentant, annonce un pays assez vaste.

L'autre qui fait pendant, représente YÉté par une Moisson. L'auteur a voulu indiquer par les ombres plus courtes que c'est le milieu du jour : il a tâché d'observer que les feuilles fussent d'un vert plus foncé, d'un ton presque égal et la terre plus desséchée qu'au Printemps. Dans le lointain est une de ces processions que les anciens nommoient Ambarvales; elle monte au temple de Cérès.

Ces deux tableaux sont au Roy.

Actuellement tous les deux à Saint-Denis, à la maison de la Légion d'Honneur, où ils furent envoyés par l'État en 1872.

Au château de Fontainebleau.

En 1737, lors de la décoration des petits appartements de Fontainebleau (i), Gallochc eut à faire deux paysages, au prix de 200 livres chacun. Dans V Inventaire des tableaux nouvellement faits pour le service du Roy pendant l'année i^3y (2), ils sont ainsi désignés :

Un tableau représentant un paysage où l'on voit un pont, une chutte d'eau, un berger qui garde des moutons et chèvres, un joueur de musette vestu de bleu, sur la gauche du tableau une femme ; ayant de hauteur 3 pieds un pouce sur 3 pieds un pouce; à oreilles haut et bas.

Un tableau de môme mesure que le précédent, représentant encore un paysage où il y a un homme qui pesche et plusieurs autres figures ; à oreilles haut et bas.

Le parfait paiement est en date du 4 décembre 1737:

Au sieur Galloche, peintre, 200 livres pour faire, avec les 200 àluy ordonnez le 14 juillet 17 37, le parfait payement de 400 livres à quoy montent deux tableaux de paysage, qu'il a faits pour les petits appartemens du château de Fontainebleau pendant la présente année.

Ces deux tableaux, à Fontainebleau, étaient places dans le cabinet de la Reine; en \~(m, ils turent portés à Versailles, et relégués au magasin de l'hôtel de la Surintendance (3).

Actuellement, tous les deux, à Trianon sous Bois (n** 180, 179) : H. 1 m. 17 et 1 m. 23. — L. 1 m. 14 et 1 m. 28. Signés : Galloche (4).

(1) Cf. page 41 supra.

(3) A. N. O" 1965 : Inventaire des tableaux du cabinet du Roy placés à la Surintendance des Bâtiments de S. M... fait par Jeaurat.

(4) L'ancienne forme chantournée est encore apparente sur les toiles.

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