‹ Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roiChapitre 68 sur 130 · MAURICE QUENTIN DE LA TOUR · texte numérisé non relu

MAURICE QUENTIN DE LA TOUR

— En 1749, La Tour exécutait le portrait de la Dauphine Marie Josèphe de Saxe; roici son mémoire (1) :

Mémoire d'un portrait de Madame la Dauphine de Saxe, peint au pastel, sous les ordres de feu M. de Tournehem, par le sieur De La Toury pendant l'année 1749.

La princesse est représentée avec deux mains, tenant un papier de musique (2).

Pour le dit ouvrage la somme de 2,400 livres.

Le paiement est en date du 20 juin 1752 (Exercice 1749) :

Au sieur De la Tour, peintre, 2,400 livres pour son payement d'un portrait de Mm* la Dauphine qu'il a fait pour le service du Roy, pendant l'année 1 749.

— Enfin, en 1762, La Tour exécutait le portrait du duc de Berry, le futur Louis XVI; voici son mémoire (3) :

Mémoire d'un portrait peint au pastel, pour le service du Roi sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur De La Tour pendant l'année 1762.

Ce portrait représente Monseigneur le duc de Berry. Estimé 2,400 livres.

Il est probable que le prix d'estimation de ce portrait fut par la suite majoré, car, à la date du 12 août 1765 (exercice 1762), on relève le paiement à La Tour d'un acompte de 3,ooo livres « pour un portrait représentant M. le duc de Berry, qu'il a fait en 1762 ».

Ce portrait est signalé, en 1784, par Du Rameau (4), à l'hôtel de la Surintendance, à Versailles: les dimensions indiquées sont de 2 pieds 7 pouces de haut sur un pied 7 pouces de large.

(2) Voici, d'après le mémoire d'une copie qui en fut faite, cette même année 1749, la description détaillée de ce portrait : « Madame la Dauphine, en déshabillé de moire blanche garnie de rezeaux d'or et ruban violet, un fichu de dentelle et coiffée en négligé, tenant d'une main un papier de musique ». (A. N. O' 1934*).

(4) Archives du Louvre. Le même inventaire mentionne également à la Surintendance un portrait de Monsieur (comte de Provence) par La Tour, ayant un pied 4 pouces de diamètre.

Jean-Jacques-François Le BARBIER, dit rainé.

Sully et Henry IV.

Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Le Barbier l'aîné, pendant les années 1782 et 1783(1).

Ce tableau a 8 pieds de large sur 10 de haut.

Il représente Sully aux pieds de Henri IV.

Estimé 3,ooo livres.

Le parfait payement est en date du 21 janvier 178? (2) :

Au sieur Le Barbier l'aîné, peintre du Roy, i,5oo livres pour faire, avec i,5ooà lui ordonnées acompte sur 1783, le parfait payement de 3, 000 livres, à quoi monte un tableau représentant le duc de Sully aux pieds de Henri IV, qu'il a fait pour le service de S. M., pendant les années 1782 et 1783.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1783; il passa ensuite aux Gobelins, où, en 1784, il fut rejeté par le jury de classement des modèles.

Aristomène et les femmes de Sparte.

Mémoire d'un tableau fait pour le Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Le Barbier, peintre du Roi, pendant les années 1786 et 1787 (3).

(1) A. N. O" 19? 1. Au Salon de 1781, Le Barbier avait exposé un tableau représentant Jeanne Hachette au siège de Beauvais ; en 1783, il demandait que ce tableau fût acquis pour le Roi comme sujet national (A. NM O' 1912); dans cette lettre, il se félicite de la protection de la marquise de Créquy.

(2) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785).

(3) A. N. O" 1931. — Voici, d'après l'état de proposition (A. N. O' 1914- 1921), le sujet précis de ce tableau : « Les Lacédémonlcnnes célébroient une

AN TOI ni: i.kbki.

Ce tableau a 10 pieds quarrés.

Il représente te Courage des femmes de Sparte.

Estimé

4,000 livres.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1787.

Antoine LEBEL

A Versailles.

A la fin de 1744, cet artiste eut à exécuter deux tableaux pour un appartement du chûteau de Versailles, qu'il ne nous a pas été possible de pouvoir préciser.

Le paiement est en date du 17 février 1745 :

Au sieur Lebely peintre, 240 livres pour son payement de deux tableaux, qu'il a faits pour le château de Versailles pendant les six derniers mois de l'année dernière.

Actuellement, tous les deux, au musée de Caen, où ils furent envoyés par l'État en 181 1 : H. o m. 90. — L. ira. i5 (1).

fête de Cérès dans un bourg de la Laconic, célèbre par un temple consacre à cette déesse. Aristomène, général des Mcsscnicns, résolut d'aller enlever ces femmes le jour de cette solennité; mais les femmes de Sparte, appelant Ccrès à leur secours, se deffendirent courageusement. Elles s'armèrent de tous les instruments que leur fournit l'appareil du sacrifice et repoussèrent les Mcssénicns. Aristomène lui-même terrassé auroit succombé sous les coups de ces vaillantes femmes, si la prêtresse Archidamic ne l'eût délivré. »

(1) L'un représente une marine, et l'autre des rochers. L'état d'envoi mentionne qu'ils provenaient de l'ancienne collection de la Couronne.

Élisabeth-Louise VIGÉE-LEBRUN

Portrait de Marie-Antoinette.

De tous les portrait» de Marie-Antoinette qu'exécuta M"' Vigéc-Lcbrun (i), un seul fut directement commandé par les Bâtiments.

Le 12 septembre 178.S, d'Angivillcr informait Pierre des intentions de la Reine (2) et annonçait officiellement cette commande à l'artiste {3).

Le tableau parut au Salon de 1787; voici le mémoire de l'artiste (4) :

(1) Au salon de 1783, M" Vigée-Lebrun exposa un portrait de Marie- Antoinette, de 3 pieds 10 pouces de haut sur 3 pieds 2 pouces de large; dans son rapport de septembre 1783 (A. N. O' 1912), Pierre déclare que « M— Le Brun a placé un autre portrait de la Reine, vêtue avec une robe ordinaire; il est dans le stile de celui de M-e de la Guichc ».

(2) A. N. O' kji3. — « La Reine est aussi dans le dessein de faire faire son portrait en grand et avec ses trois enfans par Mn* Le Brun. J'en préviens généralement cette artiste, mais il est à propos que vous lui communiquiez les intentions de la Reyne, d'après lesquelles il faut que M-« Le Brun travaille incessamment à une esquisse de la disposition de ce tableau. Je la mettrai ensuite sous les yeux de S. M. pour avoir son approbation et, cette esquisse arrêtée, elle pourra travaillera son grand tableau et le disposer de manière à n'avoir plus besoin pour le terminer que des études des têtes. »

Cette lettre contient encore l'indication suivante : • La Reyne vient de me dire qu'elle vouloit qu'on plaçât au Salon son portrait, que M*' Le Brun a fait pour M. le baron de Brctcuil. Il me suffit de vous avoir fait part des intentions de S. M. pour ne pas douter que vous ne vous concertiez avec M. Amédéc Vanloo pour remplir au plutôt ses intentions à cet égard. Ne pourrait-ou pas placer ce tableau au lieu de celui d'une M- Olivier ? »

(3) A. N. O' 1913. — «La Reine m'ayant, Madame, fait part de l'intention où elle étoit de se faire peindre en grand avec ses trois enfans, je lui ai proposé de vous charger de cet ouvrage, ce qu'elle a agréé. C'est avec un vrai plaisir que je vous fais pan des intentions de S. M. à cet égard. J'ai chargé du reste M. Pierre de vous expliquer ce qu'il est nécessaire de faire pour remplir de la manière la plus propre à la satisfaire. Je suis bien flatté d'avoir à vous annoncer cette marque de distinction particulière que la Reine fait do vostalcns. «

(4) A. N. O' iq3i. — « Mon tableau fut placé dans une des salles du château do Versailles, et la reine passait devant en allant et en revenant de

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