HUBERT ROBERT
seulement relevé, à la date do 11 avril 1777(1), le versement d'un acompte de 4,000 livres pour c deux tableaux représentant des vues du jardin du château de Versailles, lors de sa destruction en 1774 et 1775 (a). •
Actuellement, tous les deux, au musée de Versailles (n** 774 et 775) : H. 1 m. 24. — L. 1 m. 91.
2° Appartement de Marie-Antoinette à Trianon.
Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Robert pendant Tannée 1780 (3).
Ce tableau a 10 pieds 10 pouces de haut, sur 2 pieds 4 pouces de long; il est placé à Trianon dans Tapartement de la Reine.
Il représente une illumination donnée dans les jardins du Nouveau Trianon au jour d'une fête.
Estimé i, 200 livres.
Il y a vraisemblablement dans ce mémoire une erreur de rédaction quant à la date (4), et c'est 1781 qu'il faut lire plutôt que 1780; ce fut, en effet, en 1781 que Trianon fut illuminé à l'occasion du séjour en France du frère de la Reine, Joseph II, et c'est assurément de cette fete que Marie- Antoinette a voulu avoir un souvenir (5).
(1) A. N. O* 2278'*. — Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762i785).
(2) Ces tableaux furent restaurés par Martin en 1789 : « De M. Robert, Deux tableaux, de 4 pieds sur 6, vues du parc de Versailles, nettoyé, verni et bouché des trous, 28 livres. » (A. N. O' 1931).
(4) Voici, en effet, comment on procédait pour la rédaction de ces mémoires : l'artiste présentait aux Bâtiments la mention de son tableau, indiquant sa composition, ses mesures, son emplacement ; il ne mettait pas de prix, c'était la Direction des Bâtiments qui s'en chargeait, en réglant et arrêtant définitivement le mémoire, lequel, recopié par un scribe, était alors remis à la Trésorerie comme mandat de payement.
(5) Cf. G. Desjardins. Le Petit Trianon. M— Campan écrivait p. 40 à ce sujet : • Une féte d'un genre nouveau lui fut donnée au Petit-Trianon. L'art avec lequel on avoit, non pas illuminé, mais éclairé le jardin anglais, produisit un effet charmant : des terrines, cachées par des planches peintes en vert, éclairaient tous les massifs d'arbustes ou de fleurs et en faisoient ressortir les diverses teintes de la manière la plus varice et la plus agréable; quelques centaines de fagots allumés entretenaient dans le fossé derrière le temple de l'Amour une si grande clarté qu'ils rendoient le point le plus brillant du jardin. •
TABLEAUX COMMANDÉS tK)UR LE ROI
A Fontainebleau.
En 1786, Hubert Robert reçut, en vue de Fontainebleau, une commande de quatre tableaux sur les plus célèbres monuments antiques delà France. Us furent exposés au salon de 1787 (1); voici le mémoire de l'artiste (a) :
Mémoire de quatre tableaux faits pour le Roy, sous les ordres de M . le comte d'Angiviller, par le sieur Robert, peintre du Roi, pendant Tannée 1787.
Ces quatre tableaux ont chacun 8 pieds 6 pouces de large sur 8 pieds 2 pouces de haut.
Le premier représente l'Intérieur du Temple de Diane à Nimes 3, 000 livres.
Le second représente la Maison Quarrée, les arènes et la Tour Magne de Nîmes 3, 000 »
Le troisième représente l'Arc de Triomphe et l'Amphithéâtre de la ville d'Orange 3, 000 »
Le quatrième représente le Pont du Gare (sic) (3) 3, 000 »
Ensemble 12,000 livres.
Actuellement, tous les quatre, au musée du Louvre [n- 799, 798, 797, 800) : H. 2 m. 42. — L. 2 m. 45. — Le n* 797, signé : H. Robert 1 787 (4).
(1) Le 29 avril 1787, ces tableaux étaient achevés et Vien, chargé de les juger, en témoignait à d'Angiviller tout son contentement (A. N. O' 1914- 192 1); le 4 mai, le premier peintre Pierre écrivait au Directeur des Bâtiments (A. N. O' 1934 *) : « J'ay vu les tableaux pour Fontainebleau auxquels travaille M. Robert, et j'ay trouvé les figures, dont il les a enrichies, faites avec plus de soin que les artistes de genre n'en mettent ordinairement. Ces figures étant dans une proportion qui sert d'échelle à l'architecte et à grandir le local, il paroitroit assez dfficilc d'y en admettre d'autres qui eussent nne intention historique, un sujet, parce qu'il faudroit qu'au lieu de 7 à 8 pouces elles eussent au moins 20 pouces sur les devans afin d'y démêler quelque expression, mais la grandeur du monument y perdrait. •
(2) A. N. O' ig3t.
(3) Le livret du salon, ajoute à la suite de chacun de ces deux derniers tableaux; pour le n» 3 : « on voit sur le devant, le monument et le petit arc de Saint Remy » ; pour le n» 4 • le Pont du Gare qui servait autrefois d'aqueduc pour porter les eaux à Nimes ».
(4) Le tableau de l'Arc de triomphe d'Orange est signé et daté de 1787 ; il fut, ainsi que celui de la Maison Carrée, donné au roi Louis XVIII par disposition testamentaire de Mm0 veuve Robert en 1722; ce qui permet