ALEXANDRE ROSLIN
Mémoire d'un tableau, fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Rosi in, pendant Tannée 1 764.
Répétition d'un portrait de M. le marquis de Marigny, Directeur et Ordonnateur général des Batimens de Sa Majesté, de grandeur naturelle, assis et peint jusqu'aux genoux.
Cette répétition est destinée pour l'Académie royale d'architecture.
Estimé 1,200 livres.
Cette répétition fut payée sur l'exercice 1765; l'ordonnance de paiement sera transcrite plus loin.
L'un de ces portraits est actuellement au musée de Versailles (n« 4447) : H. 1 m. 26. — L. 1 m. 12 (1).
Portraits du Dauphin, de Mesdames Adélaïde et Victoire.
A la fin de 1764, le marquis de Marigny prévenait Cochin de lui trouver un peintre pour faire le portrait du Dauphin à cheval, et à ce propos le directeur des Bâtiments prononçait le nom de Roslin : Cochin appuya ce choix (2), qui fut ratifie au travail du roi, le 29 décembre. Ce portrait, qui
(1) Cf. E. Sou lié, dans la Revue universelle des arts, tome III, pages 390 et 412.
(2) A. N. O' 1073. — Cochin écrivait ainsi à Marigny le 6 décembre 1764 : « Vous m'ordonnes de vous proposer un peintre pour faire le portraict de
Mgr le Dauphin à cheval, grandeur de demi-nature; il y en a, en effet, peu à choisir dans la situation présente ; M. Carie Vanloo, que je suis persuadé qui pourroit avoir un plein succès dans un ouvrage de cette nature, quoique portraict, se trouve si chargé, tant de ce que vous lui avez ordonné pour le Roy que du grand et important ouvrage des Invalides, qu'il n'y a pas d'apparence qu'il pût satisfaire à cet objet. M. Louis Michel Vanloo est en Angleterre ; quoiqu'il ait assuré qu'il seroit toujours prest à revenir dès qu'il vous plairait le rappeler, je ne pense pas que ce soit votre intention, puisque vous m'avez fait l'honneur de m'indiquer vous-même que vous croyés pouvoir penser à M. Roslin dans cette occasion et en effet il a toutte la capacité que l'on peut désirer. M. Roslin actuellement est très employé, mais il sent vivement l'honneur que lui fait un pareil choix et par conséquent remplira ce devoir préférablement à tout. Conformément à vos ordres, je l'ay sondé sur le prix, sa réponse est qu'il sera satisfait de ce qu'il vous plaira lui accorder; mais, comme ces généralités polies ne satisfont point au désir que vous avés de sçavoir quel prix il est besoin de lui accorder, pour être certain qu'il le fera avec satisfaction, je l'ay
était destiné au chevalier de Mesmont, écuyer du Roi, était à peu près achevé le i5 octobre 1765 (i) ; voici le mémoire de l'artiste (2) :
Mémoire à faire pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, en 1765 par M. Roslin.
Un tableau pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, portrait de feu Monseigneur le Dauphin à cheval (3), fait en Tannée 1765.
Ce tableau a été donné à M. le chevalier de Mesmon.
Il est de grandeur de demi nature.
Estimé selon le prix accordé par M. le Directeur général 8,000 livres.
Et en marge on relève l'annotation suivante :
« Dans la somme de 8,000 livres sont compris les dépenses extraordinaires pour se trouver partout aux ordres de Mgr le Dauphin et la variété des études d'habillcmens et de chevaux qu'on a été forcé de faire pour parvenir à la perfection demandée; lesquels frais et études nécessaires peuvent être évalués au moins à la somme de 2,000 livres ».
La mort du Dauphin donna un prix particulier à l'œuvre de Roslin, et on lui commanda trois répliques de ce portrait, en même \ temps que ceux de Mesdames Adélaïde et Victoire. Voici son mémoire (4) :
Notte des ouvrages en peinture que le soussigné a eu l'honneur de faire, par ordres de la famille Royalle, en
pressé davantage et voicy ce qu'il m'a observé. Il remarque que quoique ce tableau ne soit que demi-nature il lui coûtera autant de soins et de travail que s'il étoit de grandeur naturelle (et c'est de quoy je demeure d'accord), que si Ton paye 5 à 6,000 livres ceux de grandeur naturelle, il regarderait ce prix comme très suffisant, s'il étoil simplement question d'une figure en pied avec accessoires, mais que, puisque l'on demande une figure à cheval, l'expérience lui a fait connaistre le temps considérable et la quantité d'études qu'exige le cheval; c'est pourquoy il croit, sans arriver même à ce que lui rendrait le même temps employé à l'exercice ordinaire de son talent, pouvoir vous en demander 8,000 livres, ce qu'il remet cependant à votre bonté, déterminé à faire tout ce que vous lui ordonnerés. •
(2) A. N.O' i934AetC.
(3) Le Dauphin mourut le 20 décembre 1765.