‹ Inventaire des tableaux du roiChapitre 32 sur 42 · DANS SON INVENTAIRE DE · texte numérisé non relu

DANS SON INVENTAIRE DE

ÉCOLE ITALIENNE

Michel Angiolo BUONAROTTI

Un dessin de Michel Ange représentant une Leyda ; hault de 5 pieds ; large de 6 pieds 9 pouces.

N° 36g de l’inventaire Le Brun ( 1 683), avec cette note ajoutée : « Veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Mentionné ainsi à Paris par Houasse (1691) : « Un dessein de Michel Ange, représentant une Leyda, lequel dessein est à la pierre noire sur du papier blanc. » En marge, on relève cette note au crayon : « La Reyne Mère a brûlé le tableau. A brûler » [H.]. — Lepicié ajoute, d’autre part : « Michel Ange revint à Florence, et il y peignit, pour le duc de Ferrare, un tableau des amours de Léda et de. Jupiter changé en cygne; Minio, disciple de Michel Ange, l’apporta en France et le vendit à François I", qui le fit placer à Fontainebleau. Nous l’aurions encore et il feroit le sujet d’une de nos descriptions, si M. des Noyers, secrétaire d’Etat sous Louis XIII, n’avoit donné le conseil de le brûler; l’indécence de la composition fut le motif et l’excuse du ministre. » Ce tableau était, d’ailleurs, signalé à Fontainebleau par le père Dan, comme étant en « très mauvais état ».

(1) Les indications suivantes sont prises en général d’inventaires antérieurs à celui de 1710, et n’ont pas été portées par Bailly dans ce dernier inventaire.

Annibale CARRACCI

Une femme nue avec des Satires et un petit Amour qui tient une flèche; hault de 5 pouces et demi; large de 8 pouces et demi; peint sur cuivre.

Meudoti. Petit cabinet de l’appartement frais.

fMeud. s. d.].

PRIMATICCIO

Lettre de Picault au Directeur des Batiments du Roi, au sujet de l’enlèvement des fresques du Primatice a Fontainebleau (i).

Monsieur, j’ai exécuté les ordres qu’il vous a plu me donner pour l’enlèvement des peintures de l’antichambre du Roy. J’aurai l’honneur de vous montrer les petits, que j’ai arrachés, ne valent pas la peine d’estre levés, vous aurai la bonté d'en décider lorsque vous les verrés.

Les cinq grands morceaux que j’ai levé de dessus leur stuque ou enduit ont souffert par les frottements des balets de houts lorsque l’on netoyé les appartements, se qui arrive tous les ans. Quoiqu’il en soit, il y a de très belles choses. La correction du dessein n’est pas générale, mais il si trouve de très belles parties; le dernier que je viens d’enlever représente Achille, caché par sa mère au palais de Licomède, découvert par la ruse d’Ulisse, déguisé en marchant. Je n’avois pas envie de le lever à cause de sa situation, mais sa composition et les belles parties qui s’y trouvent m’ont engagé à le sauver des platras, ou il auroit été enseveli pour toujours; il porte 7 pieds de large sur 5 pieds 6 pouces de haut. Les quatre autres représentent des princes grecs qui, ayant élu Agamemnon pour chef de leur armée, lui présentent un sceptre ; un autre représente un sacrifice qu’Ulisse et les autres piinces grecs présentent aux Dieux pour les avoir propices en leurs voyages. Le quatrième représente les regrets et les pleurs de Ménélas, ayant appris

(1) Archives Nationales. U1 1933.

TABLEAUX OMIS PAR BAILLY DANS SON INVENTAIRE

l’enlèvement d’Hélène, sa femme. Le cinquième représente le ravissement d’Hélène par Paris. Tels sont les sujets des cinq grands morceaux que j’ai levé; il y en a qui auront de la peinne à être transporté d’ici à Versailles sans courir de risque, eu égard à leur vétusté. M. de Moranzel qui les a vus m’a flatté de vous en donner avis.

Etat des ouvrage de peintures à fresque du Primatice, ayant Nicolo et Dubois qui ébauchoient ses tableaux, peints sous le règne de François F', en i5io ou i5i5, sur un stuc composé de chaux, grais pilé, sable, brique battue, tamisée, enduits sur le mur de graiserie, dans le second antichambre de l'appartement du Roy à Fontainebleau, lesquelles peintures ont été enlevées et séparées de l'ancien fonds de stuc pendant les huit premiers mois de 1757 pour les mettre sur toile, et ce, conformément aux ordres de M. le marquis de Marigny..., par Picault, artiste et pensionnaire du Roy, sous le controlle de M. de Morenqel :

Premièrement.

Le 18 octobre 1756, ordre de M. le Directeur des Bâtimens de me rendre à Fontainebleau pour examiner les susdites peintures de l’antichambre du Roy.

Le 1 3, arrivé à Fontainebleau. M. le Directeur général me donne ordre d’aller voir les peintures pour lui rendre compte de l’état où elles étoient ; mais par leur élévation je ne pus rien décider ce jour là.

Le 20, M. le Directeur donna ses ordres pour qu’il fût mis des échelles doubles pendant l’absence du Roy à la chasse.

Le 21, M. Gabriel, premier architecte, M. La Brière, inspecteur, et Picault visitèrent lesdites peintures qui furent trouvées très endommagées par la poussière et mutilée à nombre d’endroits.

Le 21, rendu compte à M. le Directeur général de l’état des choses, qui m’ordonne d’aller préparer tout ce qu’il me falloit, et de revenir au premier mandement pour lever lesdites peintures.

Le 23, je partis de Fontainebleau pour Versailles; ce voyage pour aller, séjour et retour a coûté 58 liv. 8 sols.

Dès 1745 le Roy ayant des intentions de faire des changements à son appartement, M. Gabriel proposa à feu M. Orry de faire lever lesdites peintures. Voyage à Fontainebleau pour examiner ce qu’il falloit faire, pour l’aller 8 jours de séjour, M. Gabriel m’ayant fait lever de petits morceaux pour des épreuves à un bout du mur de la gallerie d’Ulisse.

Frais de voyage pour la voiture du bureau 16 »

Donné au cocher 1 4

Nourriture de route 4 »

Logement et nourriture à Fontainebleau pendant 8 jours, à raison de 4 livres par jour 32 »

Retour de Fontainebleau. Voiture 16 »

Donné au cocher 1 4

Nourriture de route 4 »

En 1747, autre voyage pour le même sujet de l’ordre de M. de Tournehem, suivant la lettre de M. Gabriel. Voyage, retour et

séjour pendant4 jours 58 8

En 1757, le 3 février, je reçus nouvel ordre de M. le marquis de Marigny d’aller à Fontainebleau avec le monde qui m’étoit nécessaire pour enlever lesdites peintures.

N’ayant rien de plus pressé que de l’exécuter, je partis avec mon fils et un homme pour nous servir, depuis le 8 février jusqu’au 7 septembre de la même année, à raison de 2 liv. 10 par jour. . . . 347 10

Frais de voyage pour aller 3 hommes montent à i5 »

Donné au sieur Rossignol, serrrurier des Bâtimens, pour deux chambres garnies à 24 livres par mois, ce qui fait depuis le 8 février

jusqu’au 18 septembre 180 »

Dépense de nourriture de mon fils et moi, à raison de 6 livres par jour 1,314 »

J’ai fait plusieurs épreuves sur un morceau de peinture à fresque en partie détruite par la vétusté des tems et pour m’assurer des progrès que j’ai voulu faire.

i° J’ai ensuite préparé un grand morceau de peinture portant 6 pieds 3 pouces de haut sur 5 pieds 5 pouces de large, représentant Agamemnon élu chef de l’armée par les princes grecs qui lui présentèrent un sceptre et des faisceaux d’armes, peint à fresque par le Primatice en 1 5 1 0.

Frais de dépenses pour ce morceau 700 liv. »

Au dessus, étoit un petit tableau représentant Mercure qui conduit les Mannes aux enfers.

Au dessous, un autre représentant Pluton qui enlève Proserpine.

Ouvrage de soin et de tems, pour ce employé une journée pour les avoir avec leur stuc.

20 Tableau levé de dessus le stuc au dessus de la porte de la gallerie des Réformés, représentant Ulisse et les princes grecs faisant des sacrifices aux dieux pour se les rendre propices pendant leur voyage; peint à fresque comme cy dessus par le même auteur ; il porte 5 pieds 6 pouces de hauteur sur 3 pieds 2 pouces de large ; frais de dépen.se 35o »

Au dessous etoit un petit tableau représentant Cérès,

TABLEAUX OMIS PAR BAILLA' DANS SON INVENTAIRE 627

mère de Proserpine, qui change Stelle en laizard pour s’être mocqué d’elle : l’avoir arraché, désellé et levé en masse avec son stuc ; ouvrage d’une demi-journée.

3° Tableau levé de dessus la porte du deuxième antichambre du roy, représentant Achille reconnu par Ulisse déguisé en marchand. Ce tableau porte 7 pieds un pouce de hauteur sur 5 pieds un pouce de large ; il étoit entre la cheminée et la croisée ; dépensé pour cette opération 73o »

Au dessous de ce tableau étoit représenté Proserpine irritée contre Ascalophe qu’elle change en hybou, l’avoir comme cy dessus levé en masse ; employé une demijournée.

4° Tableau levé de dessus son stuc comme cy dessus représentant l’Enlèvement d’Hélène par Paris. Ce tableau porte 5 pieds 3 pouces de hauteur sur 3 pieds 4 pouces de large; il étoit entre la porte de l’antichambre du Roy et la croisée; dépensé pour cette opération... 35o »

Au dessus de ce tableau, Adonis tué par un sanglier.

Au dessous sont représentés les Cyrènes, tilles d’Achéloüs, changées en oyseaux pour chercher Proserpine sur terre et sur mer; arraché du mur avec son stuc ; ouvrage d’une journée.

5° Tableau représentant Ménélas dans les larmes et les regrets, ayant appris l’enlèvement d’Hélène sa femme ; peint comme cy dessus près de l’escalier et de la croisée. Ce tableau porte 5 pieds 4 pouces de hauteur sur 3 pieds 5 pouces de large ; dépensé pour cette opération 400 »

Au dessous le géant Encelade, accablé sous le mont Ossa et le mont Olympe que lui et ses compagnons avoient entassés pour escalader le ciel.

Celui de dessus représentant les Nymphes compagnes de Proserpine, lesquelles s’opposent à son enlèvement. Ces deux petits tableaux ont été tirés du mur avec leur stuc; une journée employée pour cela.

Dans la gallerie de Diane, avoir levé de la voûte six tableaux peints sur un enduit de plâtre; ayant près de 2 pieds sur io pouces de hauteur, représentant des jeux d’enfans peints en grisaille ; les frais et la dépense des drogues pour chaque tableau se montent à 3o liv. 180 »

Départ de Fontainebleau pour se rendre à Versailles, mon fils et moi et un homme 25 »

Frais de voiture pour avoir rapporté de Fontainebleau à Versailles tous mes ustenciles, comme matras, équipages et une caisse faite avec des voliches, dans laquelle étoit tous les morceaux détachés des murs avec leur

stuc et les autres petits sur leur châssis, donné au voiturier 24 »

Total des déboursés 5,o3g liv. 14 sols.

Et pour peines, soins et veilles qu’exige indispensablement ce talent pendant 210 jours, fêtes et dimanches compris, ce travail ne permettant pas d’interval,

Indépendamment de ce que l’on me mettoit l’épée dans les reins pour livrer les places,

Ce qu’il plaira à M. le Directeur général d’accorder au sieur Picault pour chaque journée.

Francesco TREVISANI

i° Un tableau représentant Jésus-Christ et la Vierge aux noces de Cana, et une multitude de peuple; figures de 6 pouces ou environ; ayant de hauteur 21 pouces sur 17 pouces de large; peint sur cuivre; dans sa bordure d’ébeine, avec des ornemens dorés.

20 — la Descente du Saint-Esprit dans le sénacle, la Vierge au milieu des Apôtres, et une multitude de peuples ; figures d’environ 6 pouces ; de mêmes dimensions que le précédent.

30 — la Vierge assise, tendant les bras au petit Jésus qui va à elle, et saint Joseph derrière, accompagné de plusieurs anges auprès du berceau ; le tout sur un fond d’architecture; figures de i3 à 14 pouces; ayant de hauteur

TABLEAUX OMIS PAR BAILLY DANS SON INVENTAIRE Ô2g

2 pieds 4 pouces sur 21 pouces de large ; dans une bordure d’ébeine, garni d’unrez de cœur et d’un cordon doré.

40 — saint Paul que l’on martirise, et une multitude d’anges au dessus dans une Gloire, dont un lui apporte une couronne, et au dessus un grand nombre de peuples autour, les uns à terre et les autres sur des tours et ramparts ; figures de 5 à 6 pouces ; ayant de hauteur 2 pieds

3 pouces sur 21 pouces de large; dans sa bordure d’ébeine, garnie d’un rez de cœur et d’un cordon doré.

5° — saint Marc qui est martirisé devant une idolle d'Apollon, et des bourreaux qui le percent à coups de hallebardes ; au dessus, paroist une gloire d’anges sur un fond d’architecture, et en bas sur des balcons, un grand concours de peuples ; figures d’environ 6 pouces ; comme le n° 4.

6° — le Martire de saint Barthélemi que l’on scie en présence d’une idolle brisée devant une multitude de monde, et une gloire d’anges paroist; Je tout sur un fond d’architecture ; comme le n° 4.

70 — saint Paul à qui l’on coupe la teste devant une multitude de peuples, sur un fond d’architecture; au dessus paroist une gloire d’anges, dont un tient des palmes et couronnes; comme le n° 4.

8° — le Martire de saint Pierre attaché sur la croix que les bourreaux plantent en terre, en présence d’une multitude de peuples et soldats, et une gloire d’anges au dessus, dont un tient une couronne et une palme ; comme le n° 4.

90 — le Martire de saint Luc; dans le lointain paroissent des bourreaux, qui dressent des poteaux en terre dont ils en soutiennent un avec une échelle, et une ville dans le fond, et au dessus une gloire d’anges ; comme le n° 4.

io° — une multitude de peuple dans une église, un bourreau qui y perce avec une lance un saint habillé de

63o INVENTAIRE GÉNÉRAL DES TABLEAUX DU ROY

blanc avec une étole verte, devant un autel où est un crucifix ; comme le n° 4.

1 i° — un Saint qu’un bourreau assomeà coups de masse, et un autre bourreau qui luy jette des pierres; au dessus est une gloire d’anges, et un palais de cuivre à côté avec une multitude de peuples; comme le n° 4.

12° — saint André attaché à la croix et des anges autour, sur un fond d’architecture où paroist un bâtiment qui se renverse et une multitude de peuples; comme le n° 4.

1 3° — un Saint lapidé à coups de cailloux, que des bourreaux tirent avec des cordes pour mettre dans le feu, et plusieurs ligures aux environs, sur un fond d’architecture; au dessus est une Gloire et paroist un clair de lune ; comme le n° 4.

140 — le Martire de saint Barthélémy attaché à un arbre, entouré d’une multitude de peuples, et Jésus- Christ environné d’anges dans une Gloire au dessus ; comme le n° 4.

i5° — la Vierge sur un nuage, dans une gloire environnée d’anges, qui présente le petit Jésus à saint Antoine de Pade ; comme le n° 4.

160 — saint Jean dans la chaudière à la porte Latine, une multitude de peuples et soldats qui environnent l’empereur sur son trosne, au dessus une gloire d’anges; comme le n° 4.

1 70 — la croix de Jésus-Christ environnée d’anges, posée sur un rocher, la Vierge assise au pied, saint Jean et la Magdeleine auprès, et au bas des soldats dont un assis sur une pierre ; comme le n° 4.

i 8° — un Saint, que l’on fait mourir à coups de hache dans le temple de la Diane d’Éphèse, où est assemblé

TABLEAUX OMIS PAR BAILLY DANS SON INVENTAIRE

quantité de peuples, et dans le ciel paroissent les foudres qui en sortent ; comme le n° 4.

190 — le Martyre de saint Étienne, entouré d’une multitude de peuples, sur un fond d’architecture, le ciel s’ouvrant où paroist une Gloire; comme le n° 4.

20° — Jésus-Christ qu’on attache à la croix, une multitude de peuples autour ; au dessus Dieu le Père qui paroist dans une Gloire, environné d’anges; comme le n° 4.

2i° — la Vierge sur un nuage, ayant le pied sur la teste du serpent, Dieu le père dans une Gloire qui lui donne le sceptre à la main, le Saint-Esprit au-dessus de la Vierge ; la figure de Dieu le père et de la Vierge de 14 pouces à 1 5 pouces ; comme le n° 4.

220 — Samson endormi sur les genoux de Dalilla qui le livre aux Philistins; figures d’environ 10 pouces; ayant de hauteur i3 pouces et demi sur 18 pouces de large; peint sur cuivre; même encadrement que le n° 3.

23° — Joseph qui reçoit son père, accompagné d’une multitude de figures de 5 pouces ou environ, sur un fond de paysage ; ayant de hauteur 1 8 pouces sur 1 8 pouces trois quarts de large; même encadrement que le n° 3.

240 — l’Adoration des Rois, sur un fond de paysage et d’architecture; figures de 5 pouces; ayant de hauteur 18 pouces sur i3 pouces trois quarts de large ; peint sur cuivre; même encadrement que le n° 3.

25° — Suzanne et les deux vieillards à la fontaine, sur un fond d’architecture; figures de 5 pouces ou environ; ayant de hauteur 14 pouces et demi sur 10 pouces et demi de large; peint sur cuivre ; même encadrement que le n° 3.

Versailles. Garde meuble.

[Mans. 6.]

Le n° i se trouvait dans la deuxième pièce de l’hôtel de la Surintendance en 1760 [J.] ; le n° 3, en 1784, dans cette même pièce de la Surintendance, avec cette note (1788) : « laver et vernir » [P. R.].

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