‹ Inventaire des titres recueillisChapitre 1 sur 45 · RIVOIRE . PLACE MONTA /.ET · texte numérisé non relu

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ms TITRES RECUEILLIS

par Samuel Guichenon,

précédé de la Table

du Lugdunuin Sacroprophanum

DE P. BULLIOUD;

publié* d’après les manuscrits de la Bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier,

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PIFCES INEDITES CONCERNANT LYON-

Imprimerie de Louis Perrin, à Lyon, i s r> i

A MONSIEUR YEMENIZ,

de la Société des Bibliophiles français.

AVANT-PROPOS

Vo* eliam quo* milia niihi cognalio jttniii , Seil fuma et cnrne relligm jialria**.

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ers le commencement de ce siècle, lorsque la période révolutionnaire eut fait place à un pouvoir habile et fort, le premier consul ne voyant autour de lui que les ruines dont l’anarchie avait couvert le sol français au nom de la Fraternité , jugea que le plus sur moyen de réparer le mal qui avait été fait était de s’adresser d’abord aux intelligences et de reconstituer l’ordre matériel par l’ordre moral. Ce fut dans cette pensée que les

églises furent rendues au culte, les écoles rétablies, les bibliothèques publiques rouvertes et dotées avec les dépouilles éparses çà et là des abbayes, des monastères et des châteaux, dépouilles que la Nation s’était adjugées en vertu de la loi du plus fort. Des commissaires, choisis parmi les gens de lettres, furent envoyés dans les départements pour visiter les dépôts de livres qui y avaient été formés, et pour les répartir entre les grands centres de population. Chaptal, professeur de chimie à l’ancienne université de Montpellier, devenu ministre de l’intérieur en remplacement de Lucien Bonaparte, voulut prouver à l’école où il avait enseigné avec tant d’éclat , que l’enivrement du pouvoir, si grand et si complet à cette époque de rénovation sociale, ne lui avait pas fait perdre le souvenir de ses anciens amis: il donna à M. le docteur Prunelle, qui appartenait aussi à la Faculté de Montpellier, la mission de parcourir dix départements et d’y recueillir, pour la bibliothèque de l'Ecole , tout ce qui serait de nature à convenir à cet établissement. L’itinéraire de M. Prunelle lui fut tracé par le ministre : il devait explorer les dépôts qui se trouveraient sur son passage , de la Sarthe à Vaucluse, et de la Haute- Marne au Tarn; mais, soit que les éléments lui eussent manqué, soit pour toute autre cause, ses recherches n’eurent d’abord que de minces résultats (1). Plus tard, sur

(1) Rabbe , Biographie des contemporains.

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la proposition de MM. de Sainte-Croix, Visconti et d’Ansse de Villoison, M. Prunelle fut adjoint à MM. Chardon de la Rochette et Maugerard, chargés, depuis quelques années, de l’inspection de ces dépôts littéraires. Mieux renseigné, cette fois, il dirigea ses recherches vers l’ancienne province de Bourgogne, qui comptait jadis un si grand nombre de monastères appartenant à une congrégation non moins illustre par son savoir et ses travaux historiques, que par sa piété et sa régularité; il visita Dijon où les Pérard , les la Monnoye , Philibert de la Mare, du Tilliot, le président Bouhier et tant d’autres érudits avaient dès longtemps rassemblé les collections bibliographiques les plus précieuses et les plus rares , et il fut assez heureux pour en recueillir les débris. A Auxerre, il réunit -les livres et les manuscrits qui avaient appartenu au chapitre de St-Gerinain et au couvent des Dominicains de cette ville , au chapitre de St-Pierre , à la maison de l’Oratoire de Troyes et à l’abbaye de Ponligny; à Clairvaux, il trouva la bibliothèque du président Bouhier que le dernier abbé avait acquise de ses héritiers, mais dont la Révolution ne laissa pas aux religieux le temps de jouir: lorsqu’ils furent expulsés de leur monastère, les livres étaient encore dans les caisses. Ce fut aussi à Auxerre que M. Prunelle découvrit les manuscrits de Claude de BcUièvre, du P. Bullioud et de Samuel Guicheqon , tous provenant du cabinet de M. de la Valette, le Mécène et l’ami des gens de lettres, comme

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autrefois Jean Grollier, homme de lettres lui-même, généalogiste et savant antiquaire (1).

(f) Laurent Pianello de la Valette , conseiller du roi et président des trésoriers de France en la généralité de Lyon, prévôt des marchands en 1087 et 1088. Les Pianelli étaient originaires de Hitonto , ail royaume de Naples; ils portaient écartelé 1 et & coupé de gueules et de sable à la fasce ér.ottée d'or : 2 et 5 d'azur à trois peurs de lys d ' or, au chef chargé d'un lion naissant de gueules , armé et lampassé d'azur. M. de la Valette avait le droit de porter ces armes , suivant l’arrêt des commissaires du conseil pour le fait des armoiries , du 24 juillet 1G99. Il avait épousé Laure Mascrany, ou Mascaranny, d'une famille noble et ancienne, originaire du pays des (irisons et établie à Lyon en 1580. Les Mascrany ont donné plusieurs prévôts des marchands à notre ville : l'église de St-Laurent, où le chancelier Gcrson avait enseigné le catéchisme aux petits enfants, fut rebâtie par leur libéralité. La maison paternelle des Mascrany était celle qui a appartenu depuis à la congrégation de St-Lazare, aujourd'hui aux Frères de la doctrine chrétienne , au-dessous de Fourvière. Les armes des Mascrany étaient de gueules à trois fasres vivrées d'argent, au chef cousu de gueules , à l'aigle éployé d'argent , couronné d'or , accosté à droite d'une clef et à gauche d'un casque en profil de même : chargé en cœur d'un écusson d'azur , à une peur de lys d'or, par concession du roi Louis XIII.

M. de la V alette avait fait de sa maison un véritable musée où il rassemblait à grands frais les livres rares, les manuscrits, les monuments et les inscriptions antiques qu'il pouvait se procurer. On a de lui : Abrégé nouveau et méthodique du blason. sans nom d'auteur; Lyon , Thomas Yiiiaulry, 1705, m-42.

A ces dépouilles opirues M. Prunelle eut le bonheur de joindre encore une moisson abondante de beaux manuscrits sur vélin, et d’éditions rarissimes des premiers temps de l’imprimerie.

Tous ces trésors bibliographiques, et beaucoup d’autres qu'il serait trop long d’énumérer ici, furent le lot de la bibliothèque de la Faculté de médecine de Montpellier, qui devint dès lors un des dépftts les plus importants de la science sous le rapport littéraire, comme elle l’était déjà sous le rapport médical. L’ancien professeur Chaptal avait profité de son court passage au pouvoir pour lui donner ce témoignage de sympathie et de reconnaissance. Ce fut une pensée noble et généreuse , sans doute ; toutefois M. Prunelle , dans l’accomplissement de sa mission, ne songea pas que des manuscrits concernant le Languedoc auraient été plus convenablement placés dans la bibliothèque de Montpellier, et que des documents d’origine lyonnaise, relatifs à l’histoire de Lyon et écrits par des auteurs lyonnais, semblaient devoir revenir à la bibliothèque de Lyon : c’étaient là , en effet , des titres suffisants. Mais M. Prunelle, membre de la Faculté de Montpellier, ne s’inquiétait guère, à cette époque, d’une ville qui devait, quelques années plus tard, servir de marchepied à sa fortune; au moins ne montra-t-il pas, en cette occasion, le discernement dont son patron fit preuve lorsqu'il décora l’amphithéâtre anatomique de Montpellier du buste en bronze an-

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- tique d’Hippocrate, avec cette inscription :

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