‹ Inventaire des titres recueillisChapitre 41 sur 45 · NOTICE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE

du Cartulaire de l’abbaye de Savigny.

A Monsieur deBoMiict , abbé de Savigny , par Fr. de Camps, abbé de Signy ( JHSS de Guichenun. )

S "S E vous renvoyé , Monsieur , le Cartulaire de g] votre abbaye avec la notice de ce qui m’y a paru de plus curieux et de ce que j’y ai trouvé qui pût servir à l'histoire de nos roys et à prouver les droits de leur couronne.

Ce Cartulaire a été presque tout écrit de la inesme main : la fin est d’une maiu qui paroit beaucoup plus récente , néantmoins elle ne l’est pas de plus de cinquante ans; tout ce qui est de la première main a esté

PIECES DtVERSES

compilé sous l'abbé Ponce et par ses ordres et finit sous ce mesme abbé , 1180. Le dernier acte des additions est de 1200.

Dans plusieurs actes , tous postérieurs à 1100 , on u ajouté , d’une rnaiu plus récente , plusieurs surnoms que l’on a écrits sur les noms propres, sans doute pour faire plaisir à quelques familles de gentilshommes du pals dont on a voulu remonter la noblesse jusques à ce temps là.

Ce Cartulaire a esté compilé sans beaucoup d’ordre, et quoique les actes soient ou paroissent estre sous l’abbé par qui ou sous le gouvernement de qui ils ont esté passez , néantmoins les dattes des régnes des roys font connoistre que souvent l’acte qui suit a esté passé dès trente années avant celuy qui le précède , et qu’ainsy ils ne conviennent poiul au mesme abbé , ou que le copiste a fait des fautes en copiant les dattes , ce qui luy est arrivé très souvent.

L’on n’y voit point de chartes fort considérables par les donations qu’elles contiennent. Toutes ou presque toutes ne sont que pour de petites portions de terre ; mais comme ou y marque les lieux où elles sont situées, ou en peut tirer de fort grandes lumières pour le détail du pais , ou , pour mieux dire , pour la connoissance du Lionnois , par rapport aux noms des grands lieux et des villages.

Le Cartulaire de Savigny commence par une préface où le compilateur déclare qu’il entreprend cet ouvrage par les ordres de l’abbé Pouce , parce que , dit-il , les anciennes chartes de cette abbaye estoient longa vetuttate attritae ; cependant il y avoit un Cartulaire avant celuy-cy , ce qui paroi t par les deux feuillets qui sont à

la teste et par les deux qui sont à la fin , et que celuy qui a fait relier ce Cartulaire pour la seconde fois , a jugé à propos d’y faire mettre. Il paroit, dis-je , par ces quatre feuillets , qu’il y avoit un Cartulaire plus ancien qui doit avoir esté écrit près de cent cinquante ans avant celuy-cy . Ce moine compilateur marque l’ordre qu’il doit suivre , et donne les noms des abhez dont les actes de ce Cartulaire fout mention ; il les divise en deux classes , seavoir : ceux qui ont gouverné l’abbaye avant qu’elle eut esté ruinée par les Hongrois, et ceux qui l’ont gouvernée depuis ce temps là jusques à l’abbé Ponce.

M r ’ de Sainte-Marthe ont suivy cette liste dans leur quatrième volume du Gallia c/iristiana, page 814; mais ils ont d’abord fait une faute assez grossière. Le premier et l’onzième abbé s'appellent Adalbert. Ils conviennent que le premier vivoit souz Charlemagne , et ils luy attribuent néantmoius une charte que le Cartulaire de Savigny , f° 8 v° . donne au second , et qui tombe à l’an 893 ou 893 , et qui est conçue en ces termes : Data die sabati in me.nse maio anno quinto advocati domini nostri Ludovici filii Bosonis.

Cette charte , passée près de quatre vingts années après la mort du premier Adalbert , ne peut convenir qu'au second.

Ce Louis estoit Louis, roy de Provence, dit l’Aveugle, fils du roy Bosou.

Cette datte est singulière en ce que ce mesme Louis n’est point qualifié roy, mais seulement gouverneur ; car ce terme advocati le signifie lorsqu’il est donné à des roys : ainsy elle est une preuve qu’on ne reconnoissoit dans le royaume de Bourgogne , ou du moins dans le

PIECES DIVERSES

Lionuois, pour légitimes et véritables roys que les roys de France ; que U >uis n’y e9toit regardé que pour un usurpateur, ou tout au plus que comme un gouverneur qui agissoit sous la haute souveraineté des roys de France. Fu ellét, il leur estoit soumis.

Le Cartulaire renferme plusieurs autres preuves de la souveraineté de nos roys sur le royaume de Bourgogne, que bien des gens veulent avoir esté absolu ment indépendant de la couronne de France. Au f° 8 v° est une donation d'une vigne située in pago Lngdunensi, in agro Tarnatcnsi, in villa quae dicilnr Flacegus , laquelle est faite à l’abbaye de Savigny, dont Adalbert II estoit pour lors abbé. Elle est dattée en ces tonnes : Data die jovis in Ascensions Domini , mensc maio , anno primo regni Caroli imperatoris.

Cet empereur Charles estoit Charles le Gros, qui commença à régner dans la France au commencement de l’année 88ii , à notre manière de compter aujourd'huy , ayant esté appelle cette année par les François pour gouverner le royaume de France en qualité de roy régent et administrateur de la couronne de France pendant la minorité de Charles le Simple , qui n’estoit âgé pour lors tpie de cinq ans çl).

itoson estoit alors roy de Provence et s’estoit fait couronner roy de ce pais au synode de Mantale , en 879. Lion et le Lionnois estoient dans sa dépendance. Néantmoins, cela n'empêchoit pas que les roys de France ne fussent toujours reconnus pour- les hauts souverains légitimes du royaume de Provence tenu par Uoson , et que

!l) AlU*m , Ouiiic. ad animai

les chartes ne fussent d’ordinaire dattées de leur règne.

Au folio 14 r° est une charte par laquelle Badin , abbé de Saviguy, donne en précaire (1) des biens situe* dans le I.ionnois, in pago Lugdunensi , in villa qnae dicitur Mortarius, et dont la datte est conçue en ces termes : Data vi idibns ( K l) anno sexto regni Lndovici regis.

Ce roy Louis cstoit Louis d’Outremer qui régnoit depuis le vingtième juin 936 ; ainsi cette charte fut donnée le 8 avril 943 , qui estoit encore la sixième année courante du règne de Louis d’Outremer.

Conrad dit le Pacifique estoit roy de Bourgogne dès l’an 937 ; néantmoins cette charte n’est point dattée des années de son règne , mais des années de Louis d’Outremer «pii, comme roy de France , estoit haut souverain de ce royaume de Bourgogne, dont Conrad n’estoit que le souverain mineur et dépendant.

Au folio 17 du mesme Cartulaire on trouve une autre preuve de la souveraineté du mesme Louis d’Outremer dans une charte de quelques biens donne* à l’abbaye de Savigny, dont Badin estoit pour lors abbé (3). En voicy la datte : Data die martis , ni nonas januarii , quando Ludovicus rex Franc, coepit regnare.

Cette charte est du trois janvier de l'année 937 , à commencer l’année en janvier. Louis d’Outremer régnoit en France depuis le vingt juin précédent ; et Raoul II,

(1) IVaesiaria rerum de Hortario.

(2) Ta copie tle Montpellier et celle de M. le conseiller Cotte portent : data di* martis in mense maio , etc.

(3) Caria de vineii in villa Adenoa de Randnns, in pago Lugdunensi , in agro Korensi.

PIECES DIVERSES

père de Conrad , estoit encore roy de Bourgogne , n'estant mort qu’en l'année 937 , qui , à la manière de compter de ce temps là, ne commençoit qu’à Pasques.

Ces deux dattes remontent bien baut le temps du gouvernementde l'abbé Badin, que M'*de Sainte-Marthe semblent fixer en 9'18 dans le quatrième tome du Gallia christiana.

Le folio 17 renferme deux chartes dattées de la vingtième année du règne de Louis d’Outremer. La première est une donation de quelques biens situez dans le Forez , par l'abbé Badin à son abbaye de Savigny.

La seconde est une donation faite à la mesme abbaye par Richard et Rotburge sa femme , de quelques biens situez in pago Lugdunensi, in agro Solobrensi, in fine de Addcnago villa, data die marlis,mense aprili, anno vigesimo regni Ludovici regis (1). Le copiste s’est trompé, mettant l’année vingtième du règne de Louis d’Outremer, qui n'a régné que dix huit ans trois mois et vingt cinq jours à compter du jour de sou couronnement , qui fut , ce me semble , le premier de son règne. Mais, quand on n'y voudroit pas déférer , ou ne peut remonter le règne de ce prince plus loin que le quatorze janvier et la mesme année , à notre manière de compter. C’est donc une faute du copiste , et elle n'est assurément pas la seule pour les dattes ; on en trouve beaucoup dans ce Cartulaire. Nous y voyons d’autres preuves de la souveraineté de la France sous Lothaire , fils et successeur de Louis d’Outremer.

(I) Vendit 10 vineac quae est in Adenago villa.

Au folio 28 (1) est une charte de l.othaire, roy de France , par laquelle ce monarque , du consentement des évesques , des comtes et des autres grands de son royaume , confirme la donation des villages et lieux de Campaniacum , Noliacum et Arciacum situez dans le Lionnois , faite à l’abbaye de Savigny par une dame nommée Cimmena. Cet acte , qui fut passé au palais dit Tablidina villa , qui est un palais des roys inconnu à Ad. de Valois et à dora Mabillon , est une preuve éclatante de la haute souveraineté de Lothaire sur le royaume de Bourgogne , dont Conrad le Pacifique estoit roy propriétaire. Cette charte est de l’an 961 , le 10 décembre.

Au folio 47 (2) est une charte, et au folio 52 sont deux autres chartes données , régnante Lotario rege Francomm, sans marquer l’année du règne, mais elles n’en sont pas moins des preuves de la haute souveraineté de ce monarque sur le royaume de Bourgogne.

Le folio 55 v> renferme aussi deux chartes : la première est une donation faite à l’abbaye de Savigny de

(!) Fol. 27 v° de h copie de M. Coslc : Caria de villis Campaniaco et Arciaco. L'auteur ne fait qu'un seul acte des deux qui sont à la suite l’un de l’autre ; le premier porte: Data per manum Gitlamari presbiteri sub die martis decimoquinlo, calendas novembris, anuo vigesimo regni Conradi regis Jurensis ; le second, praeceptum regis Lotharii de ecclesia de Noaliaco, est daté : Quarto idus decembris, anno regni doiniui Lotharii septimo, indiclione quarta. Actum in Tablidina villa féliciter.

(2)De manso, in Novianli villa. Data per manum Eustorgii, men&e maio, feria quinta, régnante domino Lolhario, rege Francorum seu Aquitanorum.

De vineis in Luviniaco. Data per manum Ueurstorgii levitae, mensefebruarii, régnante Lolhario, rege Francorum seu Aquitanorum.

De vineis iu Ajnnaco. Data per manum Heuslorgii levitae, rneuse februario, régnante Lolhario, rege Francorum.

PIECES DIVERSES

quelques biens situez dans le Liuunois . in agro Sotobrensi , in villa Tromniaco . La datte est conçue en ces termes : Data per mamun Adclelmi monachi , iv bal. Julii , régnante Lothario rege.

la seconde est aussy une donation de quelques biens situez dans le Lionnois, in agro Saviniacensi, in fine de VetcelUs villa, faite; à l’abbaye de Savigny par un prestre nommé Kotcbard. la dalle est en ces termes : Data per manum Bernardi , anno decimo tertio regni Lotharii régi* (!)•

Toutes ces chartes prouvent , connue je l'ay déjà observé , que les roys de France estoient les liants souverains du royaume de Bourgogne et estoient regardez comme tels.

Sous la troisième race , nous trouvons aussy dans ce Cartulaire des preuves de la souveraineté de nos roys suite royaume de Bourgogne , lorsque ce royaume estoit possédé par les empereurs de la maison de Souabe , qui le tenoient non par le droit du royaume d’Allemagne ou par leur titre d’empereur , mais en vertu de la donation par testament que Raoul III , roy de Bourgogne, en avoit

(1) L’auleur de celle Notice ne cite ici que deux donations datées «In règne de Lolhairei il y en a huit qui suivent rappelant l’année du règue de ce prince: De ret>us ùi Pissedicio, de vinea in Tromniaca , de rebus in Pissidicioel Jcnogelti viUis,de campo in Sivriaco,de vinea in agro Solobrensi , de curtilo in dginiuco villa , de curtilo in l'sioura, de curiifo in Vitcellis vilUx. U est vrai qu'immédiat nient après il y en a quarante de suite datées du règne de Conrad ( neuf du règne de Rodolphe son Gis , et encore un peu plus loin , vingt-une du règue de Conrad , ce que l’abbé de Camps a pris soin de passer sous silence, parce que celte remarque aurait nui ft son système , qui est «le démontrer la souveraineté de nos rois sur le royaume «le bourgogne.

faite à Conrad de Souabe, roy d’Allemagne et empereur, à Henry le Noir son fils et à leurs héritiers. Ainsy , le royaume de Bourgogne appartcnoit à cette maison de Souabe et nou à l'Empire, comme bien des gens ignora ns ou malintentionnés le soutiennent. Mais, sans entrer dans celte discussion, je reviens aux preuves de la souveraineté de nos roys qui sont dans le Cartulaire de votre abbaye.

Au folio 121 v° est une charte par laquelle Hugues , arcbevesque de l.ion, et ses chanoines, cèdent à l’abbaye de Savigny une église dédiée à N’ostre-Dame (1). Elle est signée par Hugues , archevesque de Lion , par Béraud , évesque de Maçon , par Girinus Calvus , doven, et par les principaux du chapitre de Lion , par Ithier , abbé de Savigny, par Humbert de Beaujeu et par plusieurs autres. La datte est conçue en ces termes : Actum ùigduni in capitule canonicorum , an no incarnat i Domini 1101, indictionc ix , litna xi , régnante Philippo in Francia , flenrico in Burgundia. Dictatum manu Àlberici monachi , vicecancellarii (2).

Lion estoit sans contredit du royaume de Bourgogne , tout le monde en convient. Néantmoins l’archevesque et le chapitre de Lion dattent les chartes passées dans Lion mesme , du règne de nos roys , et en mesme temps du règne des roys propriétaires du royaume de Bourgogne. Mais ce qui démontre le mieux la supériorité de nos roys et leur haute souveraineté dans le royaume de Bourgogne, est qu’ils sont nommer, les premiers, quoique l’acte dans lequel ils sont nommer soit passé dans le royaume de

(ij De ecclfsi:» Sanctae Marine de Foro , de Feur.%.

^2) La copie de M Goslc port»* bina semnda.

PIECES DIVERSES

Bourgogne et par les principaux vassaux «le ce royaume.

Au folio 122 v° il y a trois chartes dont la datte est semblable ; la première est une donation faite à l’abbaye de Savigny par une dame nommée Agna, de l’église de Saint- Jean de Duerne (1). Elle est dattée en ces termes : Action pago Lugduncnsi, eoenobio Saviniacensi, laudante archiepiscopo Guibino, rnensc jurtio, feria quarta, lima quinta, régnante Philippe) in Francia, Henrico in Burgundia , anno fncarnationis Dornini millesirno uctogesimo septimo , indictione septima. Scripta manu t ’uitberti presbilcri , vicecanceUarii .

La seconde est une donation faite à la mesme abbaye par une dame nommée Ermengarde , de l’église de Saint- Véran (2). Aduin pago Lugdunensi, eoenobio Saeiniacensi , cum lande arcliiepiscopi Guibini , anno Dont inicae Incarnationis 1087, indictione septima , merise junio , feria quarta, luna quinta, régnante Philippo rege in Francia, Henrico in Burgundia.

La troisième est une autre donation faite à la mesme abbaye, dont la datte ne diflère qu’eu ce qu’il n’y est pas fait mention de l'archcvcsque Gibuin.

Ces trois chartes, passées quatre années avant la précédente , sont encore des preuves de la haute souveraineté de nos roys sur le royaume et sur les roys de Bourgogne , bien que ces derniers se dissent et fussent empereurs.

Au folio 125 v° est une charte de l’an 1086 (3), par

(i) De eedeaia Saucli Johamiis de Ducrna. et) De ccclesia Sancli Vcrani in Graiiaco.

(5) De rebut d ai* in villa de Valût. Scripta manu Sicphani vicecnn-

laquelle une dame nommée Alexandra donne A l'abbaye de Savigny des biens situez in pago Lugduncnsi, in parrochia ccclcsiae Dinicensis et in parrochia ecclesiac Lai-

siacensis , in villa r/uac dicitur f'allis et in villa de

Diniciaco. Elle est dattée du règne du roy Philippe I er , régnante Philippo rege. Elle est , autant que lefc précédentes , une preuve de fait de la souveraineté de nos roys sur le royaume de Bourgogne (1). Philippe I er mourut en 1108, et le roi Louis le Gros son Cls lui succéda.

Au folio 136 v° on lit une charte par laquelle Aymon de Lay donne h l'abbaye de Savigny le village de Vindry (2) et l’église de Saint-Loup . qu’il avoit usurpée injustement. I.a datte est en ces termes :

Acta sunt liaec apud castrum de Lay in dottio Aymonis , coram memoratis testibus. feria quinta primae hebdomadae quadragesimae , anno ab Incarnatione Dornini 1128, indictione sexta , epacta xvii concurr. septima et décima . régnante in Francia piissimo rege Ludovico. Apud Lugdunum , post Umbaldtitn archipracsulem , clcricis de archiepiscopatu vacillantibus . Scripta manu Rutgerii.

cellarii, mens? novemLri el vigesimo oclavo, feria quinta, régnante Philippo rege

(I) On voit au feuillet précédent une charte dans laquelle Ponce, abbé de Savigny , revendique la possession de l’égliae de Duerne : Iteliuiiio de Duerna. Acium Lugduui ... anno ab Iucarnation<- Domini millcsimo eeiitesimo vigesiino primo, régnante in Francia Ludovico, in Alemannin verô imperalore lleorico.

(8) Carta de Vindreu.

mets DIVERSES

Cette datte est considérable, non seulement parce qu'elle nous fournit une preuve de la haute souveraineté de nos roys sur le royaume de Bourgogne , mais aussy parce que nous y voyons qu'après le décès de Humhald , archevesque de Lion, arrivé le 3 novembre 1128, le chapitre Int longtemps en coutestatiou pour élire un arebevesque.

L’année précédente , le 12 aoust , Ponce . abbé de Savigny, avoit rendu un jugement qui se trouve en entier au folio 134 v" du Cartulaire de cette abbaye. Ce jugeineut est contre Etienne de Varennes; il est datté de cette manière : A et uni Saviniaci anno ab Incamatione Domini 1127, niense u augusto , iilibus ejusdem , régnante in Francia piissimo rege Ludovico (1).

Voilà, Monsieur, les preuves historiques, ou du moins les plus fortes , que le Cartulaire de votre abbaye peut fournir pour démentir ceux qui osent soutenir que Lion et le Lionnois , comme faisant partie du royaume de Bourgogne . ont cessé d’estre sous la souveraineté de la couronne de France depuis l’an 879, que Boson se lit roy de Bourgogne , jusques vers l’an 1300 que Philippe le Bel rétablit dans Lion l’autorité des roys de France.

On pourroit fortifier les preuves tirées du Cartulaire de Savigny d’un assez grand nombre d’autres pour démontrer évidemment que le royaume de Bourgogne , la ville de Lion et le Lionnois en particulier n’ont jamais cessé d’estre sous la haute souveraineté de nos roys , quoiqu’ils aient fait partie du royaume de Bourgogne.

(») Celle date n’exiale pat dans la copie de M. Coslr , où ce jugement 6f trouve aussi au lui. 154.

1,05 Allemans soutiennent , et il y a bien des François ignorons et malintentionnés du mesme avis , que le royaume de Bourgogne a esté uni à l'Empire et en a fait partie dés le moment que Conrad le Salique en eut pris possession , ce qui arriva depuis 1033 jusques à 1037.

(I est aisé de détruire cette opinion par quantité de prouves de fait , et le Cartulaire de Savigny en fournit quelques unes. En effet, on y voit que les empereurs roys de Bourgogne dattent seulement les chartes des années de leur règne, et les actes passés en ce pais marquent distinctement le nom du roy qui régnoit en Bourgogne sous le nom de roy , sans y adjouter d’ordinaire celuv d’empereur. J’en ai déjà rapporté quelques unes. On en trouve d’autres en divers endroits de ce Cartulaire. J’en cite quelques unes (fol. 107 et fol. 108) où l’on marque les règnes de Conrad le Salique et de Henry le Noir dans la Bourgogne ( fol. 109, fol. 110. fol. 120, et alibi

passim). (1)

(I) Conventeniin Berna rdi de Tnttici. Data... regname Henrico miperalore. — De vinea in Colouralo. Data .. régnante Henfico impt ralore. — De ecclesia Sancti Tliomae Coanaci. Data... regnanle Philippo in Cafta. — De ecclesia Sa uct i Pétri in Monte Melardi. Data.. . die «loin in ica , calendas augusli, et vigesimo régnante rege in G-dlias. — C’est une donation faite à l'abbaye de Savigny par Uurabert de Be.mjeo , Richonre sa mère et ses frères Guichard , Dalmace et Hugues, de la moitié de l’église de Saint- Pierre de Montmelas , »« agio Oinicùtcensi . pour le prix de quingenta soüdatas. (Voyez Du Gange, verbo Solidata. ) Cet acte fut fait en faveur de Dalmacius qui c'ait abbé de Savigny, dc‘1064à 1080, Philippe I», roi de France , l’empereur Henry IV, roi de Bourgogne. — De ecclesia Sanclae Mari te «le Amploputeo. Actuiu in pago Rodanensi in villa de Amplopuleo. •lieuse mariio et vigesiiuo secundo, feria quarla. auno millesiino oclogi-ximo sexto, indiclione noua. Scnpia.... régnante Henrico rege. — De ecclesia

PIECES DIVERSES

Le Cartulaire de Savigny renferme plusieurs bulles des papes. Celle de Calixte II , qui se trouve au fol. 132 v° , m'a paru la plus curieuse. C'est une confirmation des biens possédés par l’abbaye de Saviguy. Elle contient une énumération des prieurés conventuels dépendans de cette abbaye , et ces prieurés y sont qualifiés monastères. Ces prieurés sont : celuy de Saint Paul près Douteville en Xaiutonge, ceux de Saint Reray au lieu de Slerpin, de Saint Sébastien à Miribel, de Saint Martin à Niort, et de Saint Thomas à Cosnac , tous dans le diocèse de Xaiutes ; ceux de Sainte Marie de Talloires , de Saint George et de Nostre Dame de Lagneu dans le diocèse de Genève; celuy de Saint Martin dans le diocèse de Lausanne , et celuy de Saint Nizier dans le diocèse de Chalons. Cette

Sancli Maurilii de Chasseiiulis. Data... tueuse seplembri, feria sexia. régnante Hmirico rege. — De ecclesia Sancli Martini de Niorto prope castruni Mirebelli. Factum est hoc, anno Incarnationis Dominicne millesimo nonagesimo «eplimo , régnante Pliilippo in Francia , Vuillelmo duce in Aquitania , Amalo archiepiscopatum lenenle in Burdigala. (Guillaume, duc d'Aquitaine , et Arnat, archevêque de Bordeaux:, sont niâtes dans cet acte avec le roi Philippe, parce que l'église de Niort faisait partie du duché d'Aqnitaine et dépendait de l'archevéché de Bordeaux.)

L’auteur ne (tarie pas de Pacte qui précède ce dernier : praeceptum Hcnrici imperatoris de récupération»- Lustrinci, par lequel ce prince rend à l'abbaye de Savigny ecclcsiam Lustriaccnstin située dans l'évéché de Lausanne. Data idus seplembri» anno Doininicae Incarnationis millesimo nclogesimo octavo, indictiom.* decitna, anno aulem douiini Ht-nrici Borna nonun imperatoris augusti regui trigesimo tertio, imperii quarto. Acluin Vi vit* (Vevay). In nomine Domini Jesu. Amen. Dans ect acte Henri est relaté non-seulement comme roi de Bourgogne , mais coinaxe empereur. Il en est de même dans les deux premiers actes que nous venons de citer, ce qui détruit de fond en comble l'assertion «le l’auteur.

bulle fait aussy 1 énumération de quelques églises dépendantes de la mesme abbaye , comme on peut le voir par l’extrait suivant :

« .... In episcopatu Sanctonensi , in loco qui Botavilla dicitur , monasterium Sancti Pauli cum pertiuentibus suis : monasterium Sancti Remigii in loco qui Merpino vocatur cum pertinentibus suis ; in loco qui Miribel dicitur, monastenum Sancti Sebasliani cum appeuditiis suis: in vico qui Niort nuncupatur, monasterium Sancti Martini cum appenditiis suis ; in vico qui Cosnac dicitur, monasterium Sancti Ibomac cum appenditiis suis; in episcopatu Diensi in locum qui Bordel dicitur, monasterium Sancti Sabini cum appenditiis suis; in episcopatu Gebeuensi . in villa quae lallueriae dicitur, monasterium Sanctae Mariae cum ecclesiis Marlens et Dolsas cum caeteris ad ipsum monasterium pertinentibus , monasterium Sancti Georgii cum villa et omnibus pertinentiis suis; in villa quae dicitur l.oagneu , monasterium Sanctae Mariae cum pertinentiis suis ; in episcopatu Lausanensi monasterium Sancti Martini cum villa quae dicitur Lustriacus et caeteris pertinentiis suis, cum ecclesia Sancti Pauli sita super lacum Lemauum : in episcopatu Claromonteusi , in territorio quod dicitur Vallis longa, ecclcsiam Sancti Clementis cum pertinentiis suis; in episcopatu Matisconensi monasterium Sancti Nicetii de Aselgo (Saint-Nizier-d’Azergues) cum appeuditiis suis. Haec oinnia quaecumque monasterium Saviniacense jam triennali possessione absque calumnia canonica tenuit iucoucussa. etc., etc. Decimo tertio calendas martii. indictione prima. Incaruationis Dominicac anno 1123. «

On y trouve aussy plusieurs chartes des archevesques de l.ion, et en particulier de l’archevesque Burcbard fils de

PIECES DIVERSES

Conrad le Salique. rov de Bourgogne. Il y en a une de ce prélat au folio 10 v°, donnée en novembre 949, en faveur de l’abbaye de Savigny qui venoit d'estre ruinée par les Hongrois. Il confirme à cette abbaye tous les biens dont elle jouissoit avant ce désastre ; ordonne que l’observance régulière selon la règle de saint Benoist y soit maintenue dans toute sa vigueur ; confirme l’abbé Badin dans la dignité abbatiale ; accorde aux religieux de l’abbave le privilège d’élire eux mesmes leur abbé , se réservant néantmoins pour luy et ses successeurs archevesques de Lion la soumission qui luv estoit due par l’abbaye de Savignv ; enfin , il prie ses successeurs à l’archevesché de confirmer l’élection des abbés de Savigny lorsqu’elle sera canonique.

Cette charte est signée d’un archevesque et de plusieurs évesques. Elle est considérable, non seulement pour ce qu elle contient , mais encore pour la datte.

Elle est de l’an 949 , indiction 7 , 18 des calendes de septembre , le jour de la fête de l’Assomption de la Vierge et de l’année quatorzième du règne de Conrad (1). L’indiction et l’année conviennent ensemhle et les années du règne peuvent s'accommoder, prenant la première année du règne et la dernière pour deux années commencées ,

(I) lucipit de abbule R:ubtu>. iVivilegium dunmii Borclnirdi arcbiepi*copi. Daium anno dccimo qu;«rn» regm (knirudi régis itirriMi , feria se* cuuda, menât; novembri. En marge du privilège «le Bure lia ni, ou In suri.» copie du Cnrlulaire qui eai à Moulpellii-r et sur celle d<* M le conseiller Coste : Incendium inouasterii S.iuini.iceusU an nu 954 En «-H t , l'nrclievètpic Burchard rappelle «lans son privilège l'iilcendie «le l'abbnje pur b u Hongrois.

îuiv t HISTOIRE DE LYON- 101

ce qui est très commun. Car, par exemple, un prince succédant vers le mois de juin ou vers tel autre que ce fut dans l'année , comptoit la première année jusques au jour que l’année civile ou vulgaire Gnissoil , c’est à dire jusques eu janvier ou en mars suivant , et dès le premier jour de l'année suivante il recoinmençoit de compter la seconde aunée de sou règne, et ainsi de suite. Mais pour revenir à la date de cette charte de Burchard , l’année 049 (I) , l’indictiou et le règne estant justes, il faut do toute nécessité remonter de quelques années l'élection de Burchard comme archevesque de Lion. M r ” de Sainte Marthe disent que Amhlard , prédécesseur de Burchard, ne fut élu qu’en 956, mais il faudroit qu’ils se fussent trompés au moins de dix années.

Au feuillet 25 v u est une charte du mesme Burchard . par laquelle il permet aux religieux de Savigny de choisir pour abhé uu d’entre eux nommé Gausmar (2). Cette charte fut écrite au mois de février par un clerc nommé Dalmatius , imper an le Borchardo I.ugdunensi archiepiscopo, et jubente doinno abbate Badine cura cuncta congregatione Sancti Martini Saviniacensis eoenobii . nanti xx regai Conradi regis. Il paroit par res mots:

(t) L’auleur de celle notice met ton jours la date de ce privilège en l'nouée 949. I.a véritable date, ainsi que nous l’avons relevée et confrontée dan» le manuscrit de Montpellier et dans celui de M. le conseiller Cotte, est celle de 954. S'il y a erreur dan» le calcul de MM. de Sainte-Marthe, ce ne serait plut que de deux ans au lieu de dix.

(2) Electio domin Gaustn.iri , abhalit saiictissimi. — A la marge de la copie de Montpellier nn lil : mtno \*ii 959 t sur celle «le M. C.otle s onno \sli 959-957.

PIECES DIVERSES

jubente domino abbate Badina (1), que l’abbé Badin vivoit encore , et que, bien que l’archeuesque accordât cette permission, il ne cousommoit point seul cette affaire. L’acte est expédié en son nom . à la vérité , mais il n’est point écrit par ses officiers particuliers , mais par un clerc qui agit sous l'autorité et par les ordres de l’abbé de Savigny autant que par celuv de l'archevesque.

Nous apprenons d’uue charte qui est fol. 64 v® , qu’après la mort de ce Gausmar, les religieux de Savigny s’adressèrent au roy Conrad et au mesme archevesque Burchard, pour leur demander la permission d’élire uu abbé, et que cet archevesque leur donna pour abbé un religieux nommé Hugues , qui lui avoit esté fortement recommandé par le mesme abbé Gausmar (2j.

Au fol. 79 v° est une charte du mesme Burchard (3) , par laquelle il déclare qu’après la mort de Bernoin , abbé de Savigny , les religieux de celte abbaye ne s’accordant pas bieu sur le choix d'un abbé , il a élu uu religieux

(1) Badinus n'esl nommé ni dans l.t copie de Montpellier ni duos celle de M Cuite. Cet abbé était mort , puisqu'il était remplacé par Gauainarus. Tout ce qui suit se trouve par là sans fondement.

Dans le litre tpii précédé celte charte, il est dit que ce Gausmaru» , abbé, tu'r sanctissimn*, avait apporté de Jérusalem un grand nombre de reliques de saints , dont il donna une partie à l'abbaye. Elles furent placées dans une croix d'argent qui était à celte époque au milieu de l'église , laquelle croix il avait fabriquée lit-même, ainsi qu’une couronne or et argent qui était suspendue h la voûte de l'église. Il fit encore «Ion d’un liés grand calice d'argent qu'il avait doré lui- même.

(2) Explicil de leinpore ahhalis Gausmari Inripit de abbate llugune. Kleclio ejusdcin.

(3) Inripil de abbate Durait >o. EJectio ejustlein*

noinmi: Durant pour estre leur abbé- , et a fait cette élection par l’avis et consentement du chapitre de sa cathédrale , de Milon , abbé de Clugny (1), de Rainaldus , abbé d’Enay , de Bernard , abbé de l’Isle Barbe , et de Guigues , abbé de Saint Chef ( Sancti Theuderii). la date est 1007, sceptrum regni domino Rodulfo rege lucidissime excrente, atque archiepiscopatum Sancti Stephani Lugdunc.nsi 5 ecclesiae dornno Rurchardo , etc.

Au folio 85 v° il y a une charte du mesme Gui chard (2), parlaqtielleildéclarequaprès la mort de l’abbé Durant il a ordonné aux religieux de Savigny de s’adresser à Odilon, abbé de Clugny , et de lui demander un de ses religieux pour abbé ; qu’Odilon leur a présenté un religieux nommé Ithier, et que luy Burchard, arche vesque de Lion, du consentement et de l’avis du chapitre de la cathédrale , de Bernard, modeste abbé de l’isle Barbe, et de Rodulphe, abbé d’Ainav , a conûrmé la nomination de cet Ithier comme abbé de Savigny.

(1) l a copie de Montpellier et celle de M. Cotte portent également Milon, mais c’est une erreur ; il n’y a point eu de Milou, abbé de Clugny. A la date de la charte 1007 , l’abbé était Odilon , qui avait remplacé Mayol en 995 et qui mourut eu 1048, «pré* avoir gouverné l’ordre de Saint- Bciioit pendant plu* de cinquante ans. V. Bibliolh. Cluniacens. ; Vila $. ftlaioli fl S. Odilonis-

(2) Eiplicit d - abbatc Duraolo. lucipil de abbate Iterio primo. Eleciio ejusdem.

Hans cette charte Burchard dit que , sur sa demande , cet Ithier, moine de f.lugny, lui a été donné par Odilon, abbé, pour gouverner le monastère de Savigny. Cet acte n'est pas daté , mais il est fait par b* même Rurchard , archevêque de l.yon, eu piéseuce d'Odilou, abbé de Clugny, et de Bernard, abbé de l’ile- Barbe, qui avaient été présents k la charte de l’an 1007, pour l’élection de Durant , prédécesseur d’Ithter. Ce Gallia ehristiana en liv* la date veis 1018.

PI ECFS DI VFRSrS

Au folio 63 recto , à la suite de la charte de l’élection de Hugues , citée plus haut , folio 64 du Cartulaire , il y a deux chartes du mesme Burchard (1), arche vesque de Lion, par lesquelles il rend à l’abbaye de Saviguy des biens que ses prédécesseurs avoient usurpés (2). Ces chartes sont considérables en ce que ce prélat nous apprend qu’il estoit fils du roy Courad , et qu'il fournit de nouvelles preuves pour nous convaincre que les évesques s'emparoieut du bien des abbayes qui leur cstoient soumises et les donnoient en précaire (in praestariani).

Au folio 88 v u est la fondation du prieuré de Talloires, diocèse de Genève (3), par Erinengarde , reiue de Bourgogne, femme du roy Raoul (II. Elle fait cette fondation du consentement et par le conseil du roy son mari, des archevesques de Vienne et de Tarentaise, de l’évesque de Genève et de celuy de Valence , et d'un comte nommé- Humbert, qui est la tige constante de la maison de Savoye.

(1) Notifia iivi> vuirpitio quae conveuit inU*r Rurchardum pouiiliccm , Conrad i regis lilium , et Sanrli Martini Savioiacensis coenobii congregnlinnem.

Ces deux chartes de déguerpissement sont sans date.

(2) Noms des biens usurpés sur l'abbaye de Savigny par les archevêques, et restitués par Uurcliard : — lu Melerada mausus un us, in Taii- I.iiio unus , in Arriaco nous , iu Periculis nnus , in Auuadesia unus , in Baladiui* unus , in Mussiaco , in Monasteriolo , iu Ceneuiaco, in Nerviaco. in Bagnulis , iu Breuoaco , in moule JuJrauno , iu monte Sauonerio , et juxln uiouleni Bloccura-

(3) Praecepluui regis Kodulfi de Taiueriis.

De ecclesi.i Sancla • Manac de Talueriis.

Peruiissione seuioris nici Kodulfi , per couailiiiin ar« biepiscoporuin et i piscoporum, scilicel I.eodegarii Vienneusis et Ktnmotii» Tftreulasis et Fre* <li ici Celle venais n Ponlii Valent iui et comiti* Cmberli , etc.

Voilà, Monsieur, une partie de ce que j’ay trouvé de plus curieux dans le Cartulaire de votre abbaye , et je vous l’envoie comme une marque de ma reconnoissauce du plaisir que vous m’avez fait de me le prester. J en useray de mesrne lorsque vous voudrez bien me communiquer encore «juelques autres titres soit de votre abbaye, soit de l’église du grand prélat qui vous a conüé son autorité pour la gouverner en son absence : car ce n’est que par la lecture des anciens diplômes , chartes et cartulaires qu’on peut trouver la connoissance d’uue infinité de faits qui ont échappé aux historiens dont nous avons les ouvrages.

Je suis avec passion votre très humble et très obéissant serviteur ,

FRANÇOIS Dt CAMPS, abbé de Signy.

A Paris, le i'' r janvier 1703.

PIECES DIVERSES

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