‹ Inventaire des titres recueillisChapitre 2 sur 44 · OLIM COUS. NUNC MONSPELIENSIS HIPPOCRATES · texte numérisé non relu

OLIM COUS. NUNC MONSPELIENSIS HIPPOCRATES

inscription qui a donné plus d'une fois Fessor à de petites passions haineuses et jalouses, auxquelles M. le docteur Kiihnholtz a répondu avec tant de verve et de chaleur , en défendant renseignement médical hippocratique de la Faculté de Montpellier contre le mauvais vouloir de Técole médicale orgch nicienne et matérialiste de Paris (1).

Certes, le buste du vieillard de Cos ne pouvait être inauguré plus dignement que dans cette école, la plus ancienne de l'Europe , et qui a jeté un si vif édat à l'époque où partout ailleurs la science était encore enfouie dans les ténèbres de la barbarie; mais, encore une fois , des manuscrits d'auteurs lyonnais sur l'histoire de Lyon et de nos provinces n'avaientils pas leur place marquée à Lyon?

En parcourant ces précieux manuscrits, nous n'avons pu, nous l'avouons, nous défendre de cette réflexion que le savant bibliothécaire de la Faculté de médecine nous a pardonnée lorsque nous l'avons modestement formulée devant lui : il nous

(i) Du Buste (VHippocratô en bronze antique^ de la Fa-caltô de médecine de Montpellier^ et de son inscription : «r Olim Cous, nuncMonspeliensîs Hippocrates , » par le docteur H. KUhnholtz.— Montpellier, 1849, in-S» de 84p pages.

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pardonnera encore de rexprimer ici, car elle ne vient ni d'un esprit chagrin , ni d'un sentiment d'envie. Puisque des circonstances favorables à la Faculté de Montpellier ont privé notre ville de la possession de ces richesses littéraires, hàtons-nous de le proclamer, elles ne pouvaient tomber en des mains plus siires et plus dignes qu'elle ne sont aujourd'hui, sous la surveillance d'un savant dont la haute et noble intelligence, l'amour éclairé pour les lettres et pour les livres , le caractère aifable et bienveillant, garantissent leur conservation et en rendent l'accès facile à tous ; nous en avons fait l'expérience plus d'une fois. Sans autre titre , sans autre recommandation que notre ardeur pour les recherches historiques, notre curiosité insatiable et parfois indiscrète peut-être, nous avons trouvé dans M. le docteur Kiihnholtz une complaisance inépuisable , les attentions les plus empressées et de précieuses lumières. Pendant nos longues séances à la Bibliothèque, il n'a cessé de prévenir nos moindres désirs, de nous aider, de nous diriger dans nos travaux; en un mot, il nous a donné l'hospitalité la plus complète, nous allions dire la plus cordiale, dans le sanctuaire dont la garde lui est confiée. Qu'il nous soit permis de consigner ici ce témoignage de notre reconnaissance.

Parmi les manuscrits dont la bibliothèque de la Faculté de Montpellier s'est enrichie, el qui inté-

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ressent particulièrement Lyon, le premier par orclte de date est le Lugdunum priscum de Claude de Bellièvre, né à Lyon en 1487, mort en 1657 et inhumé dans Téglise de St-Pierre-le-Vieux (1), où était le tombeau de sa famille et où Ton voyait encore sa pierre tumulaire en 1757.

Le Lugdunum priscum est un petit in-folio coté H. 257, de 179 Epour le texte, 4 ff. tant pour le titre que pour quelques notes qui précèdent; à la fin, 5 ff. pour Tindex général des matières qui y sont contenues. Il est entièrement de la main de Fauteur, et fort endommagé par le temps et par rusagequ^on en a fait. L'écriture est souvent indéchiffrable > ce qui explique les &utes nombreuses de l'édition qui en a été donnée à Lyon il y a quelques années > d'après une copie que M. Artaud avait fait faire à Montpellier.

Le titre du manuscrit est :

LUGDUNUM PRISCUM ET ALIA NONNULLA ANTIQUA.

(i) L'égli$e de Saint-Pierre-le- Vieux, appelée d*abord Saint- Pierre-le-Vif , et une des plus anciennes de Lyon, était située dans une petite rue du quartier St- Georges , à laquelle elle a donné son nom. On y aperçoit encore deux colonnettes gothiques à demi-noyées dans la maçonnerie ; c'est le seul reste apparent de l'édifice qui a disparu sous les constructions modernes dont on Fa masqué, pour en &ire une ignoble maison d'habitation t

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A la suite on trouve la note suivante ;

« Ce manuscrit a esté composé et écrit de la maiu de a messire Claude de Bellieure, premier président du parce lemeut de Grenoble , père du chancelier de Belljeure , a lequel Claude de Bellieure estoît neueu de Greçoirette a de Bellieure, femme de messire Claude Bullioud , dont a îe descends par ma mère. » A Lion , ce 10 may 1703.

PlANELLO DE LA VALETTE.

« Par le discour» qui se voit à la page 4 , on peut con- (i noistre que ce manuscrit a été çscrit en 1556. »

Contrairement à l'assertion contenue dans cette apostille de M. de la Valette, au verso du f. 30 on lit: Claiidius Belliurius viris lugdunensibus S; puis une épitre dédicatoire en sept lignes, terminée par ces mots: Valele^ ex Lugduno x. aug. 1525; ensuite: Ctaudius Bellieure amicis S. D. Cette deuxième épître a dix lignes et porte la même date que la précédente : Valete^ Lugduni ^ die x augusti 1525. M. de la Valette s*est donc trompé en avançant que le manuscrit avait été écrit en 1556; il a pu être continué jusqu'à cette époque , un an avant la mort de Fauteur, mais il est évfdent qu/e BelUèvre l'a commencé au moins en 1525.

Au verso du titre est une note que mous reproduisons textuellement :

« l.e Lugduniim priscum du président Bellîèvre, père

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« du chancelier, est Foriginal de l'auteur qui vîvoîl « vers le milieu du seizième siècle.

« C'est un recueil de monuments qui sont détruits , « la plupart même avant la rc'volution des Vandales du « dix-huitième siècle.

a 11 est fâcheux de ce que hon historien , il eût été ce mauvais écrivain. »

On sera étonné qu'un écrivain capable de s'exprimer en aussi mauvais français ait osé porter ce jugement sévère contre la manière d'écrire de Bellièvre, mais on sera plus surpris encore lorscpie, par une note qui suit immédiatement celle du critique, on saura quel est son nom. En effet, on lit au-dessous :

« Note du R. P. Laire , bibliothécaire du cardinal de « Brienne. »

Ces initiales sont, vraisemblablement, celles de M. Prunelle, dont le prénom est Gabriel. Quoi qu'il en soit, on aura de la peine à croire qu'un savant distingué comme le P. Laire ait pu formuler son opinion en langage aussi barbare; et cependant cela est hors de doute , car ces huit lignes sont de la même main qu'une autre note signée Laire , qui se trouve en tête du premier volume du recueil

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manuscrit de Guichenon, et qpie nous reproduirons en son li^u (1).

Au feuillet qui suit le titre du Lugdunum priscum se trouvent deux épigraphes qui attestent que ce

(1) Le P. Laire fut un des bibliographes les plus érudits du siècle dernier. Entré dans l'ordre des Minimes , il s'y fît bientôt connaître par son profond savoir et par son amour pour les livres. Le cardinal de Brienne , instruit de son mérite , le demanda pour son bibliothécaire. Lors de Tabolition des ordres religieux , le Gouvernement le chargea de réunir les livres et les manuscrits des bibliothèques , des couvents et des châteaux des émigrés. Plus tard il devint bibliothécaire de la ville d'Auxerre. Il a laissé plusieurs ouvrages soit imprimés, soit manuscrits, dont le catalogue se trouve dans la Biographie universelle.

On doit au zèle éclairé du P. Laire la conservation d'un grand nombre de livres rares et de documents importants pour l'histoire , qui auraient indubitablement servi à chauffer les poêles des clubs et des corps -de-garde et à allumer les pipes des patriotes , comme cela a eu Ueu à Lyon pendant la tourmente révolutionnaire, alot& que tous les jours, à la garde montante , deux hommes de chaque poste allaient , conformément à la consigne , chercher au dépôt central , en guise de combustible, leur provision de livres pour le chauffage des vingt-quatre heures. On leur distribuait les volumes pêlemêle et au poids. Nous tenons ce fait d'un témoin oculaire qui a assisté plus d'une fois à cet embrasement quotidien , non moins sauvage que celui de la bibliothèque d'Alexandrie. Voyez, sur les dévastations de cette époque néfaste, Delandine, Catalogue des manuscrits, etc., page 19, eX Àlmanachhist. ei polit, de la ville de Lyon, iSSSt, Notice sur la Bihliothet^ue de la ville.

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fut raniotu* de la patrie autant que Tamour de» lettres qui mit la plume à la main de l'auteur :

Lugdunum patiîa mea oui vehementer adficior.

Lugdunum deliciae meae.

A la suite ;

Normtilk a me Claudio Bellieure notata de Lugduuo scholia seu coUectanea, quibus spero, annuente Domino, de ipsîus patrîae meae vetere dignitate aliquîd texere.

Cette note indique suffisamment que Bellièvre ne regardait son livre ^ tel qu'il nous est resté, que comme le projet de l'histoire qu'il voulait écrire lorsqu'il aurait réuni tous les matériaux nécessaires. Vient ensuite la table des chapitres, qui donnera une idée du plan que Fauteur s'était tracé ; nous reproduisons cette table d'après le manuscrit. Le P. Menestrier l'avait déjà donnée dans se» Dipers cûrwtère^ des ouvrages historiques^ mais incom^ plète et très inexacte. En effet, il a interverti l'ordre des matières et s'est écarté du texte de Bellièvre; il est probable qu'il ne Tavait pas sous les yeux, et qu'à défaut de l'original il s'est servi d'une copie peu fidèle.

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