‹ Inventaire des titres recueillisChapitre 39 sur 44 · NOTICE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE

du Cartulaîre de Tabbaye de Savîgny.

A Moosieur de Bossuat, abbé de Savîgny , par Fr. de Camps , abbé de Signy (MSS de Goicfaenon. )

Ie vous renvoyé, Monsieur, le Cartulaire de votre abbaye avec la notice de ce qui m'y a paru de plus curieux et de ce que j'y ai trouvé qui pût servir à l'histoire de nos roys et à prouver les droits de leur couronne.

Ce Cartulaire a été presque tout écrit de la mesme main : la £b est d'une main qui paroit beaucoup plus récente , néantmoins elle ne l'est pas de plus de cin- (juante ans; tout ce qui est de la première main a esté

PIECES DIVERSES compilé sous l*abbé Ponce et par ses ordres et finit sous ce mesme abbé , 1180. Le dernier acte des additions est de 1200.

Dans plusieurs actes , tous postérieurs à 1100 , on a ajouté , d'une main plus récente , plusieurs surnoms que l'on a écrits sur les noms propres, sans doute pour faire plaisir à quelques familles de gentilshommes du païs dont on a voulu remonter la noblesse jusques à ce temps là.

Ce Cartulaire a esté compilé sans beaucoup d'ordre, et quoique les actes soient ou paroissent estre sous l'abbé par qui ou sous le gouvernement de qui ils ont esté jpassez , néantmoins les dattes des règnes des roys font connoistre que souvent l'acte qui suit a esté passé dés trente années avant celuy qui le précède , et qu'ainsy ils ne conviennent point au mesme abbé , ou que le copiste a fait des fautes en copiant les dattes , ce qui luy est arrivé très souvent.

L'on n'y voit point de chartes fort considérables par les donations qu'elles contiennent. Toutes ou presque toutes ne sont que pour de petites portions de terre; mais comme on y marque les lieux ou elles sont situées, on en peut tirer de fort grandes lumières pour le détail du païs , ou , pour mieux dire , pour la connoissance du Lionnois , par rapport aux noms des grands lieux et des villages.

Le Cartulaire de Savigny commence par une préface où le compilateur déclare qu'il entreprend cet ouvrage par les ordres de l'abbé Ponce , parce que , dit-il , les anciennes chartes de cette abbaye estoient longa i^etustate attritae ; cependant il y avoit un Cartulaire avant celuy-cy , ce qui paroit par les deux feuillets qui sont K

la teste et par les deux qui sont à la fin , et que celuy qui a fait relier ce Gartulaire pour la seconde fois , a jugé à propos d'y faire mettre. Il paroit , dis-je , par ces quatre feuiUets , qu'il y avoit un Gartulaire plus ancien qui doit avoir esté écrit près de cent cinquante ans avant celuy-cy. Ce moine compilateur marque l'ordre qu'il doit suivre , et donne les noms des abbez dont les actes de ce Gartulaire font mention ; il les divise en deux classes , sçavoir : ceux qui ont gouverné l'abbaye avant qu'elle eut esté ruinée par les Hongrois, et ceux qui l'ont gouvernée depuis ce temps là jusques à l'abbé Ponce.

M*'^ de Sainte-Marthe ont suivy cette liste dans leur quatrième volume du GalUa christiana, page 814; mais Us ont d'abord fait une faute assez grossière. Le premier et l'onzième abbé s'appellent Adalbert. Ils conviennent que le premier vivoit souz Gharlemagne , et ils luy attribuent néantmoins une charte que le Gartulaire de Savigny , f® 8 v° , donne au second , et qui tombe à l'an 893 ou 895 , et qui est conçue en ces termes : Data die sabati in mense maio anno quinto ads^ocati domini • nostri Liidos^ici filii Bosonis.

Cette charte , passée près de quatre vingts années après la mort du premier Adalbert , ne peut convenir qu'au second.

Ce Louis estoit Louis, roy de Provence, dit l'Aveugle, fils du roy Boson.

Cette datte est singulière en ce que ce mesme Louis n'est point qualifié roy, maïs seulement gouverneur ; car ce terme advocati le signifie lorsqu'il est donné à des roys : ainsy elle est une preuve qu'on ne reconnoissoit dans le royaume de Bourgogne , ou du moins dans le

PIECES DIVERSES

Lionuois , pour légitimes et véritables roys que les roys de Frauce ; que Louis n*y estoit regardé que pour un • usurpateur, ou tout au plus que comme un gouverneur qui agissoit sous la haute souveraineté des roys de France. En effet, il leur estoit soumis.

Le Cartulaire renferme plusieurs autres preuves de la souveraineté de nos roys sur le royaume de Bourgc^e , que bien des gens veulent avoir esté absolument indé- |

pendant de la couronne de France. Au f^ 8 v^ est une donation d une vigne située in pago Lugdunensi, in agro i

Tamatensi, in s^illa quae dicitur Flacegus , laquelle est faite à Tabbaye de Savigny, dont Adalbert II estoit pour lors abbé. Elle est dattée en ces termes : Data die jovis in ascensions Domim , mense maio , anno primo regni I

Caroli imperatoris.

Cet empereur Charles estoit Charles le Gros, qui com- |

mença à régner dans la France au commencement de Tannée 885 , à notre manière de compter aujourd'huy, ayant esté appelle cette année par les François poiu* gou- .verner le royaume de France en qualité de roy régent et administrateur de la couronne de France pendant la minorité de Charles le Simple , qui n'estoit âgé pour lors que de cinq ans (1).

Boson estoit alors roy de Provence et s'estoit fait couronner roy de ce païs au synode de Mantale , en 879. Lion et le Lionnois estoient dans sa dépendance. Néantmoins , cela n'empêchoit pas que les roys de France ne fussent toujours reconnus pour les hauts souverains légi^ times du royaume de Provence tenu par Boson , et que

(1) Alberic, Cronic. ad annuoi $85

les chartes ne fussent d'ordinaire dattées de leur règne.

Au folio 14 r^ est une charte par laquelle Badin , ahhé de Savigny, donne en précaire (1) des hîens situez dans le Lionnoîs, in pago Lugdunensi, in cilla quae dicitur Mortarius, et dont la datte est conçue en ces termes : Data VI idibus (2) anno sexto regni ludovici régis.

Ce roy Louis estoit Louis d'Outremer qui régnoit depuis le vingtième juin 936 ; ainsi cette charte fut donnée le 8 avril 943 , qui estoit encore la sixième année courante du règne de Louis d'Outremer.

Conrad dit le Pacifique estoit roy de Botu-gogne dès l'an 937 ; néantmoins cette charte n'est point dattée des années de son règne , mais des années de Louis d'Outremer qui, comme roy de France , estoit haut souverain de ce royaume de Bourgogne, dont Conrad n'estoit que le souverain mineur et dépendant.

Au folio 17 du mesme Cartulaire on trouve une autre preuve de la souveraineté du mesme Louis d'Outremer dans une charte de quelques biens donnez à l'abbaye de Savigny, dont Badin estoit pour lors abbé (3). En voicy la datte : Data die martis , m nouas januarii , quando Ludovicus rex Franc, coepit regnare*

Cette charte est du trois janvier de l'atmée 937 , à commencer Tannée en janvier. Louis d'Outremer régnoit en France depuis le vingt juin précédent ; et Raoul II ,

(1) Praestaria rerum de Mortario,

(2) La copie de Montpellier et celle de M. le conseiller Cosle portent :' data die martis in mense maio , elc.

(5) Carta de vinei* in yina Adenna de Randnns, in pago Lugdunenn , in agro Forensi.

père de Conrad , estoit encore roy de Bourgogne , n'estant mort qu'en Tannée 937 , qui , à la manière de compter de ce temps là , ne commençoit qu'à Pasques.

Ces deux dattes remontent bien haut le temps du gouvernement de l'abbé Badin, que M*"* de Sainte-Marthe semblent fixer en 948 dans le quatrième tome du Gallia christiana.

Le folio 17 renferme deux chartes dattées de la vingtième année du règne de Louis d'Outremer. La première est une donation de quelques biens situez dans le Forez , par l'abbé Badin à son abbaye de Savigny.

La seconde est une donation faite à la mesme abbaye par Richard et Rotburge sa femme , de quelques biens situez in pago Lugdunensiy in agro Solobrensi^ in fine de Addenago çilla^ data die mariiSyinense aprili, anno cigesimo regni Ludosf ici régis (1). Le copiste s'est trompé, mettant l'année vingtième du règne de Louis d'Outremer, qui n'a régné que dix huit ans trois mois et vingt cinq jours à compter du jour de son couronnement , qui fut , ce me semble , le premier de son règne. Mais, quand on n'y voudroit pas déférer , on ne peut remonter le règne de ce prince plus loin que le quatorze janvier et la mesme année , à notre manière de compter. C'est donc une faute du copiste , et elle n'est assurément pas la seule pour les dattes ; on en trouve beaucoup dans ce Cartulaire. Nous y voyons d'autres preuves de la souveraineté de la France sous Lothaire , fils et successeur de Louis d'Outremer.

(I) Venditio vineae quae est in Adenago villa.

Au folio 28 (1) est une charte de Lothaire, roy de France , par laquelle ce monarque , du consentement des évesques , des comtes et des autres grands de son royaume , confirme la donation des villages et lieux de Campaniacum, Noliacum et Arciacum situez dans le Lionnois , faite à Tabbaye , de Savigny par une dame nommée Cimmena. Cet acte , qui fut passé au palais dit Tahlidina villa , qui est un palais des roys inconnu à Ad. de Valois et à dom Mabillon , est une preuve éclatante de la haute souveraineté de Lothaire sur le royaume de Bourgogne , dont Conrad le Pacifique estoit roy propriétaire. Cette charte est de l'an 961 , le 10 décembre.

Au folio 47 (2) est une charte, et au folio 52 sont deux autres chartes données , régnante Lotario rege Franconon^ sans marquer l'année du règne, mais elles n'en sont pas moins des preuves de la haute souveraineté de ce monarque sur le royaume de Bourgogne.

Le folio 55 v renferme aussi deux chartes : la première est une donation faite à l'abbaye de Savigny de

(I) Fol. 27 -^ de la copie de M. Coste : Garta de villis Gampaniaco et Ârciaco. L'auteur ne fait qu'un seul acte des deux qui sont à la suite l'un de l'autre ; le premier porte: Data per manum Gislàmari presbiteri sub diemarlis decimo quinte, calendas novembris, anuo vigesimo regni Gonradi régis Jurensis ; le second, praeceptum régis Lotharii de ecclesia deNoaliaco, est daté : Quarto idus decembris, anno regni domini Lotharii seplimo, indictione quarta. Actum in Tablidina villa féliciter.

(2)De mansOy inNoyianti villa. Data per manum Eustorgii, mensemaio, feria quinta, régnante domino Lothario, rege Francorum seu 4quitanorum.

De vineis in Luviniaco. Data permaoum Beurstorgii levitae, mensefebniarii, régnante Lothario, rege Francorum seu Ac(uilanorum.

De vinei9 iu Âjnnaco. Data per manum Heustorgii levitae, mense februario, régnante Lothario , rege Francorum.

PIECES DIVERSES

quelques biens situez dans le Lionnois , in agro Solobrensi , in uilla TromniacOé La datte est conçue en ces termes : Data per manum AdcleUrU monachi , iv kal. Juin y régnante Lothario rege*

La seconde est aussy une donation de quelques biens situez dans le Lionnois^ in agro Saçiniacensi, in fine de . Fetcellis cilla, faite à Tabbaye de Savigny par tm prestre nommé Rotchard. La datte est en ces termes : Data per manum Bemardi i anno decimo tertio regni Lotfiarii re^ gis (1).

Toutes ces chartes prouvent , comme je Fay déjà ob« serve , que les roys de France estoient les hauts souve^» rains du royaume de Bourgogne et estoient regardez comme tels.

Sous la troisième race , nous trouvons auasy dans ce Cartulaire des preuves de la souveraineté de nos roys sur le royaume de Bourgogne , lorsque ce royaume estoit possédé par les empereurs de la maison de Souabe , qui le tenoient non par le droit du royaume d'Arlleiiurgne on par leur titre d'empereur , mais en vertu de la donation par testament que Raoul III , roy de Bourgogne^ en avoit

(1) L'aiilear de ceUe Notice ne cite; ici qae deux donations datées da règne de Lolbaire ; il y en a huit qui auivem rappelant l'aDoéd du règne de ce prince: Db rehts in Pitsedicio, de vinea in Tronmiaco , dêrehua in Pissidioto et Acnogelti vUlis, de campo in Sivrioeo, de vinea in agro Solo^ hrensi , de cnrtilo in Aginiaco villa « de eurtilô in' UsiottrQ, de curiila in ViioelUê villa» Il est vrai qu'immédiaipmeot après il y en a quarante de suite datées du régne de Conrad , neuf du règne de Rodolphe son fils , et encore un peu plus loin , viogt-une du règne de Conrad , ce que l'abbé de Camps a pris soin de passer sou» silence » parce que celte remarque aurait nui à son système , qui est de démontrer la souveraineté de nos rois sur le royaume de Bourgogne.

faîte' à Conrad deSouabe; roy d^Allemagne et empereur, à Henry: le Noir son* fils et à leurs héritiers. Ainsy , le royaume de Bourgogne ap^partenoit à cette maison de Souabeet non à l'Empire, comme bien des gens ignorans ou malintentionnés le soutiennent. Mais, sans entrer dans cette discussion, je reviens aux preuves de la souveraineté de nos roys qui sont dahas le Cartulaire de votre abbaye.

Au folio 121 V® est une charte par laquelle Hugues , archevesque de Lion, et seà cbanoittés, cèdent à l'abbaye de Savigny une çglise dédiée à Nostre-Dame (1). Elle est signée par Hugues , archevesque de Lion, par Beraud, évesque de Macon>, par Girinus Calvus , doyen, et par les principaux du chapitre -de 'Lion , pur Ithier , abbé de Savigny, par Humberttle Beaujeu et par plusieurs autres. La datte «st' conçue en ces termes : Actum Lugduni in capitido eanonicorum^ armo incarnaii DùmM llOl, indictione ix , /ana xi , régnante Phitippo in^Francia , Henrico in Burgundia. DictUUMmanuÂlberici monachi , ificecanc€Uam{^).

Lion estoit sans contredit dû royatime de Bourgogne , tout le monde en convient?. NéantmoinsParchevesque et le chapitre de Lion dattent^ les chartes passées dans Lion mesme , du- règne< de nos; roys , et en» mesme temps du règne des< roys pmprfétaii^sf'dtt^lro^lftuilie d«f Bdttrgogne. Mais ce qui>déiâoiitre le ihieux* lar supériorité dé nos roys etleur haute souveraineté dans le roymmle de Bourgogne, est qu'ils sont nommez les premiers , quoique l'acte dans lequel ils sont nommez soit passé dans le royaume de

(1) De ecclesia Sanctae Marine de Poro , de Feurs.

(2) La copie de M Goste porte lnna seciinda.

PIECES DIVERSES Bourgogne et par les principaux vassaux de ce royaume.

Au folio 122 v^ il y a trois chartes dont la datte est semblable ; la première est une donation faite àFabbaye de Savigny par une dame nommée Agna, de l'église de Saint- Jean de Duerne (1). Elle est dattée en ces termes : Actum pago Lugdimensi, coenobio Sauiniacensi , laudante arclùepiscopo Guibino, mense junio, feria quarta, lima quinta, régnante PhiUppo in Francia, Henrico in Burgundia , anno fncamationis Domini millesimo octogesimo septirno , indictione scptima. Scripta manu Fuitberti presbiteri, vicecanceUarii» '

La seconde est une donation faite à la mesme abbaye par une dame nommée Ermengarde , de l'église de Saint- Véran (2). Actum pago Lugdunensi, coenobio Saviniacensi , cwn laude archiepiscopi Guibini, anno Dominicae Incamationis 1087 , indictione septima ^ mense junio , feria quarta, luna quinta, régnante PhiUppo rege in Francia, Henrico in Bur gundia»

La troisième est une auti*e donation faite à la mesme abbaye, dont la datte ne diffère qu'en ce qu'il n'y est pas fait mention de l'archevesque Gibuin.

Ces trois chartes, passées quatre années avant la précédente , sont encore des preuves de la haute souveraineté de nos roys sur le royaume et sur les roys de Bourgogne , bien que ces derniers se dissent et fussent empereurs.

Au folio 125 v^' est une charte de l'an 1086 (3), par

(1) De ecclesia Sancti Johaanis de Duerna.

it) De ecclesia Saocli Verani in Grasiaco.

(3) De rébus datit iu viila de Vallis. Scripta manu Siephani vicecan-

laquelle une dame nommée Alexandra donne à Tabbaye de Savigny des biens situez in pago Lugdunensi, in parrochia ccclesiae Dinicensis et inparrochia ecclesiae Lai'

siacensis , in i^iUa quaedicitur Fallis et in villa de

Diniciaco, Elle est dattée du règne du roy Philippe !««*, régnante Philippe rege. Elle est , autant que les précédentes , une preuve de fait de la souveraineté de nos roys sur le royaume de Bourgogne (1). Philippe !«' mourut en 1108, et le roi Louis le Gros son fils lui succéda.

Au folio 136 v° on lit une charte par laquelle Aymon de Lay donne à Tabbaye de Savigny le village de Vindry (2) et l'église de Saint-Loup , qu'il avoit usurpée injustement. La datte est en ces termes :

j^cta sunt haec apud castrum de Lay in domo Aymonis , coram memoratis testibus, feria quinta primae hebdomadae quadragesimae , anno ah Incamatione Domini 1128, indictione scxta ^ epacta wn concurr, septima et décima , régnante in Francia piissimo rege Ludovico. Apud Lugdunum , post Umbaidum archipraesulem , clericis de archiepiscopatu vacillantibus . Scripta manu Rotgerii.

cellarii, roeiise novembriet vigcsimo octavo, feriii quinta, régnante Pliilippo rege

(1) On voit au feuillet précédent une charte dans laquelle Ponce , abbé de Savigny , revendique la possession de l'église de Duerne : Delinilio de Duerna. Actum Lugduni ...- anno ab Incarnationi! Domini millcsimo cenlesimo vigesimo primo, régnante in Francia Ludovico; in Alemannia verà imperalore Henrico.

(2) Carta de Vindreu.

PIECES DIVERSES

Cette diitte esl coosidéjraible, non seulement parce qu'elle nous fournit une preuve de la haute souvejraineté de nos roys sur le royaunie de Bourgogne , maïs aussy parce que nous y voyons qu'après le décès de Humbald , archevesque de Lion, arrivé le 3 novembre 1128 ^ le chapitre fut longtemps en contestation. ppuréjire ujjiarjçhevesque.

L'année précédente , le 12 aoust , Ponce , abbé de Savigny, avoit rendu un jugement qui se trouve, en entjer au folio 134 v» du Cartulaire de cette abbaye. Ce jugement est contre Etienne de Yarennes; il est datte de cette manière : Actum Saviniaci.anno ahlncarmatione Domini 1127 , niense ,ii angusto , idibus ejusdem , reffiante in Francia piissimo rege Ludoyicq (1).

Voilà , Monsieur , les preuves historiques,, q\i du moins les plus fortes , que le.Ca:çtulaire de votre abbaye peut fournil pour déme^otir ceux qui osent soutenir que- Lion et le Lionnois^, comme faisant partie du royamQe de Bourgogne , ont cessé d'estre sous la souveraineté de la couronne de France depuis Tan 879,, que Boson se fit roy de Bourgogne , jusques vers Tan 1300 que Philippe le Bel rétablit dans Lion l'autorité des roys de France.

On pourroit fortifier les preuves tirées du Cartulaire de Savigny d'un assez grand nombre d'autres pour démontrer évidemment que le royaume de Bourgogne , la ville de Lion et le Lionnois en particulier n'ont jamais cessé d'estre sous la haute souveraineté de nos roys , quoiqu'ils aient fait partie du royaume de Bourgogne.

(I) Celle date u'exisie pas dans la copie de M. Coste , où ce jugement 6e iroiive aussi au fui. 134.

SUR L'rtlStolRE !DE LYON. 99

Les Anemâns soutiennent , et il y a bien des François ignorans et malintentionnés dû mesme avis , que le royaume de Bourgogne a esté uni & 'l'Empire et en a fait partie dès le moment que Conrad le Salique en eut pris possession , ce qui arriva depuis 1033 jusques i 1037.

Il est aisé de détruire cette opinion par quantité de preuves de fait , et le Cartulaire de Savigny en fournit quelques unes. En effet, on y voit que les empereurs roys de Bourgogne dattent seulement les chartes des années de leur règne , et les actes passés en ce païs marquent distinctement le nom du roy qui régnoit en Bourgogne sous Ite' nom de roy , sans y adjouter d'ordinaire celuy d'empereur. J'en ai déjà rapporté quelques unes. On en trouve d'autres en divers endroits de ce Cartulaire. J'en cite quelques unes (fol. 107 et fol. 108) où Ton marque les règnes de Conrad le Salique et de Henry le Noir dans la Bourgogne (fol. 109, fol. 110, fol. 120, et alibi passim), (1)

(I) GonTonientia Beroardi de Trunci. Dala... regnanie Henrico imperatore. — De vinea in Colourato. Daia .. rcgnaDte Henrico imprratore. — De ecclesia Sancti Thomae Gosoaci. Dala... regoante Philippo inOallia. — De ecclesia Sancti Pétri in Monte Melardi. Data.. . diedomioica , calendas anguati, et vigesimo régnante rege C... in Gallias. — C'est une donation faite à l'abhaye de Savigny par Humbert de Beaujeu , Richoare sa mère et ses frères Guichard , Dalmace et Hugues, de la moitié de l'église de Saint- Pierre de Montinelas , in ayro Diniciacensi , pour le prix de quingenta soîidatas. (Voyez Du Gange, verbo Solidata. ) Cet acte fut fait en faveur de Dalmacius qui éiail abbé de Savigny, de;i064 à 1080, Philippo ler, roi de France , l'empereur Henry IV , roi de Bourgogne. -- De ecclesia Sanclae Mariae de Amploputeo. Actum in pago Rodanensi in vill;i de Amplopuleo, mense marlio et vigesimo secundo, feria quarta, anno millesimo ociogesinio sexio, indictione oona, Scripla.... regnanie Henrico rege. — De ecclesia

PIECES DIVERSES Le Cartulaire de Savîgny renferme plusieurs bulles des papes. Celle de Calixte II , qui se trouve au fol. l32 v^ , m'a paru la plus curieuse. C'est une confirmation des biens possédés par Tabbaye de Savigny. Elle contient une énumeration des prieurés conventuels dépendans de cette abbaye , et ces prieurés y sont qualifiés monastères. Ces prieurés sont : celuy de Saint Paul près Bouteville enXaintonge, ceux de Saint Remy au lieu de Merpin, de Saint Sébastien à Miribel^ de Saint Martin à Niort, et de Saint Thomas à Cosnac , tous dans le diocèse de Xaintes ; ceux de Sainte Marie de Talloires , de Saint George et de Nostre Dame de Lagneu dans le diocèse de Genève ^ celuy de Saint Martin dans le diocèse de Lausanne , et celuy de Saint Nizier dans le diocèse de Chalons. Cette

Saocli Maurilii de Chasseuatis. Data... inense septembri, feria aexta, re^- DADte Henrico rege.— «De ecclesia SaDCli Martini de Niorto prope castrurn Mirebelli. Facliim est boc, amio Incarnationis Dominicae millesimo nonagesimo septimo , régnante Pbilippo in Francia , Vuillelroo duce in Aqaitani.1 , Amalo archieptiicopatum tenente in Burdigala. (Guillaume, duc d'Aquitaine, et Âraat, archeiréque de Bordeaux, sont relatés dans cet acte avec le roi Philippe, parce que l'église de Niort faisait partie du duché d'Aquitaine et dépendait de Tarchevèché de Bordeaux.)

L'auteur ne parle pas de l'acte qui précède ce dernier : praeceptum Henrici imperaloris de recuperatione Lustriaci , par lequel ce prince rend à l'abbaye de Savigny ecclesiam LvstHacensem siiuée dans l'évèché de Lausanne. Data idus septembris anno Dominicae Incaruationis millesimo octogesimo octavo, indictione décima, anno autem domini Henrici Romanorum imperaloris augusti regni trigesimo tertio, imperii quarto. Acium Viviiz (Vevay). In nomine Domini Jesu. Amen* Dans cet acte Henri eai relaté non-seulement comme roi de Bourgogne , mais comme empereur. Il en est de même dans les deux premiers actes que nous venons de citer, ce qui détruit de fond en comble l'assertion de l'auteur.

bulle fait aussy rënumération de quelques églises dépendantes de la mesme abbaye , comme on peut le voir par l'extrait suivant :

« .... In episcopatu Sanctonensi, in loco qui Botavîlla dicitur, monasterium Sancti Pauli cum pertinentibus suis ; monasterium Sancti Remigii in loco qui Merpîno vocatur cum pertinentibus suis ; in loco qui Miribel dicitur, monasterium Sancti Sebastiani cum appeuditiis suis ^ in vico qui Niort nuncupatur , monasterium Sancti Martini cum appenditiis suis ; in vico qui Cosnac dicitur, monasterium Sancti Tfaomae cum appenditiis suis 5 in episcopatu Diensi in locum qui Bordel dicitur , monasterium Sancti Sabini cum appenditiis suis ^ in episcopatu Gebenensi , in villa quae Tallueriae dicitur, monasterium Sanctae Mariae cum ecclesiis Marlens et Dolsas cum caeteris ad ipsum monasterium pertinentibus , monasterium Sancti Georgîi cum villa et omnibus pertinentiis suis 5 in villa quae dicitur Loagneu , monasterium Sanctae Mariae cum pertinentiis suis ^ in episcopatu Lausanensi monasterium Sancti Martini cum villa quae dicitur Lustriacus et caeteris pertinentiis suis, cum ecclesia Sancti Pauli sita super lacum Lemanum ; in episcopatu Claromontensi , in territorio quod dicitur Vallis longa, ecclesiam Sancti démentis cum pertinentiis suis 5 in episcopatu Matisconensi monasterium Sancti Nice tii de Aselgo (Saint-Nizier-d'Azergues) cum appenditiis suis. Haec omnia quaecumque monasterium Saviniacense jam triennali possessione absque calumnia canonica tenuit inconcussa, etc., etc. Decimo tertio calendas martii, indictione prima, Incarnationis Dominicae anno 1123. î>

On y trouve aussy plusieurs chartes des arcbevesques de J.ion, et en particulier de Tarchevesque Burchard fils de

G^mrad'le Safique, prélataafoliolOA de Tabbaye de Sar Hongrois. Il oonfi eUe ' jouîasoit anran régulière selon 1 tenue dausioute la dignité abbat' le privilège d'él néantniain»ipoi Lion la soumis Savigny ; enfin de confirmer ^ sera canoniqu

Cette cbart évesques. El^ qu'elle conti

EUe estd septemboe .

et de l'annt tion.et Ta!

règne peu du règne

(i)Jnc copi. Da' cunda, r copie d Gosle :

vèqiMS Hftng

Goofile

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5UK i.HIST01RE DE LYON- 101

oe qai est très coipruaii. (\ar, par exemple ^^J^n prince succédant vers le «noîs de juin cm vers tel «utre que ce fut dans l'année > oomptoit la première année jusques au jour que Tannée civile ou vulgaire finissoit , c'est à dîi'ejusqueS'en îa<ivîei?'Oa«n;mars «suivant , et dès le premier jour de l'année suivante il recQuunesiçoit de compter la seconde année de son irègne , et ainsi de suite. Mais pour revenir à la date de 'Oelite charte de Burchard , Tannée 9^9 (1) » Tindiction.<et le règne estant justes , il faut de toutC' nécessité ^rem/onter de quelques amnées Télectlou de Burchiird commie arche vesque ie Liooi. M^^ de Sainte Marthe disent que .Amfaksd^ prédécesseur de Burchard, ne fut «élu qulen 9,56, mais il faudroit qu'ils se fusse ut trompés, au mcâtus de dix aimées.

Au feuillet 25 v^ est une diarte. du mesme Burcha<rd , par laquelle H permet auK religieux ^e Savigny de choisir pour abbé un d'entre eux nioiiimé Gausmar Ci). Cette charte fut écrite au mois de féviner par un clerc nommé Dalmatius , imperanle Borchardo Lugdunensi archiepiscopo, et jubente domno abbate Badino cuni cuncta congre gatione Sancti Martini Sav^iniacensis coenobii , aww )c\ regni Conradi régis. Il paroit par ces mots:

(1) L'auteur de ceUe notice met toujours la date de ce privilège en i'aoïiée 949. La véritable date, ainsi que nous l*avou& relevée et confrootée dans le manuscrit de Montpellier et dans celui de H. le conseiller Coste, est celle de 954. S'il y a erreur dans le calcul de MM. i\n Saiote*Marthe, ce ne serait plus que de deux ans au lieu de dix.

(2) Electio domni Gausmari , abhatis sanctissiiui. — À la marge de la copifî de Monmellier on lit : anno Xsti 959 ; sur ci'lle de M. Ooate : anno Xsti 959-957.

PIECES DIVERSES fubente domino abbate BaJUno (1) , que Tabbé Badin vivoit encore , et que, bien que Parcheuesque accordât cette pennission, il ne consommoit point seul cette affaire. L'acte est expédié en son nom , à la vérité , mais il n*est point écrit par ses ofBciers particuliers , maïs par uu clerc qui agit sous l'autorité et par les ordres de l'abbé de Savigny autant que par celuy de l'archevesque.

Nous apprenons d'une charte qui est fol. 64 v®, qu'après la mort de ce Gausmar , les religieux de Savigny s'adressèrent au roy Conrad et au mesme arcbevesque Burchard , pour leur demander la permission d'élire un abbé , et que cet arcbevesque leur donna pour abbé un religieux nommé Hugues , qui lui avoit esté fortement recommandé par le mesme abbé Gausmar (2).

Au fol. 79 v<> est une charte du mesme Burchard (3) , par laquelle il déclare qu'après la mort de Bernoin , abbé de Savigny , les religieux de cette abbaye ne s'accordant pas bien sur le choix d'un abbé , il a élu un religieux

(1) Badiiius n'est nommé ni dans h copie de MuDlftellier ni dans celle de M. CoBle. Crt abbé était mort , puisqu'il était remplacé par Gaasroarus. Tout ce qui suit se trouve par là sans fondemeoi.

Dans le titre qui précède celte charte, il est dit que ceGausmarus, abbé, vir sanctissimits, avait apporté de Jérusalem ud grand iiomlire de reliques de sainis , dont il donna une partie à l'abbaye. Elles furent placées dans une croix d'argent qui était à cette époque au milieu de l'église , laquelle croix il avait fabriquée lui-même , ainsi qu'une couronne or et argent qui était suspendue à la voùle de l'église. Il fît encore don d'un très gr^nd calice d'argent qu'il iivait doré lui-même.

(2) Explicit de tempore abbatis Gausuiari. Incipit do abbate Hugone. Eieciio ejusdem.

(3) locipit de nbbate Duranto. Electio ejusdem*

nommé Durant pour estre leur abbé , et a fait cette électîoQ par l'avis et consentement du chapitre de sa cathédrale , de Milon, abbé de Clugny (1), de Rainaldus , abbé d*Enay , de Bernard , abbé de Tlsle Barbe , et de Guigues, abbé de Saint C]ief(Sancti Tlieiiderii), La date est 1007, sceptj'um regni domino Rodulfo rege lucidissime exe rente, atque archiepiscopatwn Sancti Stephani Lugdunensis ecclesiae domno Burchardo , etc.

Au folio 85 yo il y a une charte du mesine Burchard (2), par laquelle il déclare qu après la mort de l'abbé Durant il a ordonné aux religieux de Savigny de s'adresser à Odilon, abbé de Clugny , et de lui demander un de ses religieux pour abbé ; qu'Odilon leur a présenté un religieux nommé Ithier, et que luy Burchard, archevesque de Lion, du consentement et de l'avis du chapitre de la cathédrale , de Bernard, modeste abbé de l'Isle Barbe, et de Rodulphe, abbé d'Ainay , a confirmé la nomination de cet Ithier comme abbé de Savigny.

(1) l.a 'CO|>ie de Moiiipellier et celle de M. Coste portent également Miloii, mais c'est une erreur ; il n'y a point eu de Milon, abbé de Clugny. A la Haie de la charte 1007 , l'abbé était Odilon , qui avait remplacé Mayoi eo 995 et qui mourut eu 1048, après avoir gouverné l'ordre de Saint- Benoit pendant plus de cinquante ans. Y. Biblioth. Gluniacens. ; Vita S. Maioli et S. Odiionis.

(3) Eiplicit de abbate Duranto. Incipit de abbate Iterio primo. Eleclio ejusdem.

Dans cette charte Burchard dit que , sur sa demande , cet Ilhier, moine de r.lugny, lui a été donné par Odilon. abbé, pour gouverner le monastère de Savigny. Cet acte n'est pas daté , mais il est fait par 1^ même Burchard , archevêque de T.yon, en présence d'Odilon, abbé de Cluguy, et de Bernard, abbé de l'Ile-Barbe, qui avaient été présents à la charte de l'an 1007, pour l'élection de Durant , prédécesseur d'Ilhier. Le GaUia christiana en ti\e la date veis 1018.

PIECES DIVERSES

Au folio 65 recto , à la suite 4e la «haile de Télection de Hugues , citée plus baujt , folio 64 du Cartulaire , il y a deux charte^ du mesme Burchard (1), arcfaevesque de Lioa, par lesquelles il rend à Tabbaye de Savigay des biens que ses prédécesseurs avoient usurpés (â). Ces chartes sont considérables en ce que ce prélat nous apprend qu'il estoit fils du roy Conrad , et qu'il fournit de nouvelles preuves pour nous convaincre que les évesques s'empai-oient du bien des abbayes qui leur estoient soumises et les donnoient en précaire (in praestariani).

Au folio 88 v^ est la fondation du prieuré de Tal> loires, diocèse de Genève (3), par Ermengarde , reine de Bourgogne , femme du roy Raoul III. Elle fait cette fon> dation du consentement et par le conseil du roy son mari, des arche vesques de Vienne et de Tarenlaise, de Févesque de Genève et de celuy de Valence , etd'un comte nommé Humbert, qui est la tige constante de la maison de Savoye.

(t) Notitia sivi; vnirpilio qiiae coDvenit ioter Barchardum poiitificem , Goaradi régis filium , et Sancli Martini Savioiacensis coenobii coiigrega tionem.

Ces deux chartes de dégucrpissemeni soot sans date.

(S) Noms des biens usurpés sur l'abbaye de Savigny par les archevêques, et restitués par Burchard : — lu Blelerada mansus unus, in Taxilano utius , in Arciaco unus , in Periculis unus , in Aouadesia unus , in Baladinis unus , in Mussiaco , in MoBasIerioLo , in Geneuiaco, in Nerviaco, in Bagnolis , in Brennaco , in monte Judranno , in monte Sauonerio , et juxta moutem Bloccura.

(3) Praeceplum régis Rodulfi de Talueriis.

De ecciesia Sancla - Mariae de Talueriis.

Peruiissiont^ seuioris mei Hodulfî , per consilium archiepiscoiiorum et episcoporum, scilicel Leodegarii Vienneiists et Emmonis Tareniasis ei Fredrici Genevensis et Ponlii Valentini el comitis Umberti , etc.

SUR L'HliTOlRE DE LYON. 103

Voilà, Monsieur, une partie de ce que j'ay trouve de plus curieux dans le Cartulaîre de votre abbaye , et je vous l'envoie comme une marque de ma reconnoissance du plaisir que vous m'avez fait de me le prester. J'en useray de mesme lorsque vous voudrez bien me communiquer encore quelques autres titres soit de votre abbaye, soit de l'église du grand prélat qui vous a confié son autorité pour la gouverner en son absence ; car ce n'est que par la lecture des anciens diplômes , chartes et cartulaires qu'on peut trouver la connoissance d'une infinité de faits qui ont échappé aux historiens dont nous avons les ouvi*ages.

Je suis avec passion votre très humble et très obéissant servitem* ,

FRANÇOIS DE CAMPS, abbé de Signy.

A Paris, le l*''* janvier 1703,

PIECES DIVERSES

EXTRAIT DU CARTULAIRE DE L'ABBAYE DE SAVIGNY- ( MS de Guichenon , vol. 34 , pièces détachées cotées 12. )

lo Privilège donné par Burcbard, archevesque de Lyon, à Badinus , abbé de Savigny , qui fut trouver cet arcbevesque, auquel il raconta mot à mot la désolation entière du monastère de Savîgny qui venoit d aiTÎver par les Hongrois , ita ut nuUum nobis supersit testamentum ^ les églises renversées , le couvent bruslé , les religieux tués ou dispersés çà et là , et qu'il apprebendoit par là que le service divin , la régularité et le temporel n'y fussent bientôt anéantis , comme il estoit arrivé du temps des Huns« Sto* quoy ledit aixhevesque fit assembler son chapitre le jour de Nostre Dame d aoust , et ordonna , conjointement avec ses frères capitulans, que l'honneur ancien et la régularité y seroient observés sauf la subjection à l'Eglise de Lyon, et que les religieux posséderont leurs biens presens et à venir sans que les archevesques leur puissent oster aucune chose ni leur imposer aucun tribut, ni les empescher d'élire leur abbé, qui sera ensuite confirmé par l'archevesque et l'Eglise de Lyon. Ce privilège fut donné le jour que dessus 949, l'an 14® du règne de Conrad , signé Burcliardus , humilis Dei gratia archiepiscopus , Rodolphi filius régis , et plusieurs autres ,

archevescpies , evesques , diacres , soudiacres et lévites , tous chanoines de l'Eglise de Lyon.

2" Privilège de Conrad, roy des Gaules, accordé à Gausmarus, abbé, et au couvent de Savigny, & la prière d'Amblard , archevesque de Lyon , et de plusieurs evesques et comtes, par lequel ce prince défend aux archevesques de Lyon de rien prendre ni imposer sur le temporel de ladite abbaye^ veut que les religieux eslisent leur abbé, et qu'après il soit mené à Lyon et présenté à larchevesque pour estre confirmé et bénit; défend aux juges laïques de se mesler de leut-s aflaires. Datum Lugduni publics féliciter, Fan 976 , du règne dudit roy la 36^.

SIGNUM CONRADI ITTI J INVICTISSIMI REGIS

3^ Charte en parchemin sans commencement , pour avoir esté coupée. L'on voit pourtant que c'est un eschange entre Àdalbertus , abbé , et le couvent de l'Isle Barbe , appellée Insula Barbarensis, d'une part, et Gausmarus , abbé de ce couvent de Savigny , d'autre part , par lequel ledit abbé de l'isle délaisse à Savigny un curtil , situé dans le Lyonnois et dans la terre de Savigny , pour lors dit Sapini , dans le lieu d'Ischirieu ( Nuelle ) , et en recompense labbaye de Savigny leur remet la terre de

PIECES DIVERSES Fleuriett. Ladite charte signée ^dalberitu imUgnusubbas , et par tous les moines de l'Isle Barbe , qiii sont en grand nombre ; mais l'on n'y voit pas la signature de Gausmarus ni des moines de Sayigny, ce qui fait croire que cette charte fiit faite dans, le couvent de l'Isle Barbe , qui l'envoya à Savigny , et Savigny en fit une autre de mesme substance qu'il envoya/ à l'Isle Barbe, estant pour lors la coustume de faire ainsy . Et futdattée un dimand» du mois de décembre , Conrad régnant dans la Gaule.

4^ Membrane ou fragment d'une ancienne pancarte qui fait un dénombrement des églises que l'abbé Itherîus , appelle Savignacensium pater , avoit acquises , et qui avoient esté usurpées par Guillaume, comte de Forez, qui les avoit données à des laïques. Mais ce comte craignant la mort éternelle , vint à Savigny et consentit que ledit abbé reprist lesdites églises ; mais , comme les laïques qui les possedoient payoient annuellement audit comte certaines redevances appellées feualia , parce qu'ils tenoient lesdites églises adfeuum seu feodum , ledit abbé donna audit comte 500 sols, et aux fauteurs et partisans dudit comte, à l'un une mule, à l'autre un mulet, à l'autre cinquante sols , à l'autre trente sols , et ainsy des autres qui avoient accompaigné ledit comte à Savigny et qui ne voulurent point en sortir les mains vuides ; et ce fut en 1094 au mois d'avril, les nones du mesme mois , lune 1 5« , indiction I , Philippe régnant en G«ule , et Hugues estant arche vesque de Lyon, en présence du quel ces choses se passèrent.

^^ Don fait par l'Eglise de Lyon à Saint Martin et à Dalmas et au commun de Savigny d'une maison sise dans le cloistre de ladite église , pouc la posséder à perpe-

tuîté , afin que ledit abbé , venant à Lyon , y trouve un hospice pour luy et ses religieux, propre et commode, ut decet tanti ordinis çiros , à condition que ladite maison ne pourra estre donnée ni vendue ni loiiée à quelque puissant laïque , et demeurera à perpétuité audit abbé et coinmun de Savigny. Il est porté par cet acte, qui est sans date mais très ancien , que cet abbé Dalmas estoit fort chery de l'Eglise de Lyon, laquelle parle ainsy : Quem quasi intimum et loco canonici habemus ; et est signé par Bouo , qui fit ce don à ses despens , de Tauthorité du chapitre , et ensuite par le doyen, et après par le chamarier et dix autres chanoines.

6° Petite charte en parchemin dont les trois sceaux sont perdus, contenant, comme en 1173 l'Eglise de Lyon prie les abbez de Savigny et de Tlsle Barbe de vouloir s'obliger pour elle envers le comte de Forez. Mais comme lesdits abbez craignoient qu'il ne leur en arrivast quelque dommage, ladite Eglise leur donna des ostages, qui furent Berard , doyen j Girin , abbé ; Guillaume , archidiacre 5 Pierre , chantre ; Hugues, sacristain; Dalmas, seneschal. Renier de Villon , Benier de Roanne , Mathieu de Chaignon , Eustache Amyot , Olivier , Guillaume Charpinel , Guillaume Roux , Hugues de Cubeles , Humbert de Saint Bonet , Ponce de Rochebaron , Pierre de Saint Priest , Girin Disrocat , Girin le Gras , Arnaud, Josserand , Girin de Çaint Priest , Heraclius , Eustorgius , Jean Abranni , Fulcherius Gênez , Hugues de Talaru , Golfier , Guigue Harens , Estienne de Rochetaillée , Bemo , Uio , et Berard de Vaux , tous chanoines de celte Eglise , qui dévoient s'en aller au delà de la Saône et demeurer dans la parroisse de Saint Nizier , et s'y transporter aussitost que dommage

PIECES DIVERSES

auroit erté faict audit abbé > et n'en point sortir que ne fust reparé ^ et outre ce, ladite Eglise leur engagea la terre de Montdor , et lesdits abbés ne s'obligèrent que pour cinq ans envers ledit comte,

7^ Quatre pièces attachées ensemble , qui sont petites membranes en parchemin : la première fait voir que Aymar de Rossillon, esleû archevesque de Lyon, fut commis pai* le pape Innocent IV à la garde du concile que Sa Siûnteté avoit fait assembler à Lyon. Et comme il ne se sentoit pas assez fort pour la soutenir , il pria Amedée son frère , ^bé de Savigny , de lui prester des hommes armés pour garder la ville de Lyon et le concile , ce que ledit abbé lui accorda, avec protestation qu'il ne pretendoitpasqne cella prejudiciat a son église de Savigny , et que les arcbevesques s'attribuassent pour cella aucun droict sur icelle, et ledit archevesque declai*e que ce n'est que de grâce specialle , et non par devoir, que ledit abbé luy a preste ce secours, — Fçiit en 1274.

La deuideme est autre deckration dudit arcbevesque, qui dit que quoique l'abbé susdit et les administrateurs des prieurés de sa dépendance luy aient foumy cette année plusieurs gens de guerre, tant de pied que de cheval, pour luy aider à repousser ses ennemis , et mesme à leurs des» pens , il ne prétend pas que cela porte aucun préjudice à l'abbaye , n'ayant receii ce secours que par anutyé. — Donné à Lyon en novembre 1274.

La troisième est ^utre déclaration dudit archevesque , qui déclare que si bien Estienne , abbé de Savigny, son très cher compaignon , lui preste des troupes auxiliaires contre le sire de Villars contre lequel il avoit guen-e , ce n'est pas par devoir, mais par amityé. — Fait l'an 1277.

Là quatrième marc[ue la suite du concile et contient la mesme déclaration, qui est de Van 1279, et Ton y voit que ledit abbé foumissoit tousjours dea troupes audit archevesque , tant pour garder le concile que pour repousser ses ennemis.

8® Acte capitulaire ou presîdoît l'abbé Itberius, ou, entre autres , il est parlé des réparations de labbaye démolie et brusléepar les Vandales (1). — Cet acte est de

9^^ Enqueste sur le différend qui estoit entre le cbamarier et l'hostelier, qui estoit que le cbamarier pretendoit avoir totum ferragium, seu pilUagium, linteamina, cepertonsy pîtarfos, bisenas, bassinetos, dolia, golatos, seupancos, archas et alia vasa , que les Anglois , qui avoient tenu longtemps Savigny, avoient délaissés dans la maison appellée l'Hostel , sise dans le bourg dudit Savigny. — En Tan 1383 (2).

(1) Dans une note ajoutée en marge de Tlnventaire des Chartes de Sn. vigny f il est dit qa'il faat lire, dans la Charte originale : Pàldénsibus nu lieu de Vandalin. En effet , il n'était plus question des Vandales depuis dessiècîes , et C(^ fui vers ce temps que les Albigeois ou Vaudois furent chassés du Languedoc. Quelques-unes de leurs bandes purent passer par Savigny , en se retirant dans les montagnes du Piémont. Il est plus vraisemblable que déjà h cette époque le mot Fatidali était employé comme synonyme de barbares et dévastateurs.

(S) A la suite de ces extraits relatifs à Tabbaye de Savigny , se trouve renvoi suivant 9

Voila bien de vieilles nouvelles ,

Mais recevez les telles qu'elles ,

Car Yostrc esprit les veut ainsy ,

Et ma foy je les aime aussy.

Vostre cœur vous porte à l'antique ,

Et de rapprendre je me pique ,

Alix despcns de mes pauvres yeux ,

Pour contenter les curieux ; Il faut aussy qu'on me contente , Parce que je suis dans l'attente l)'un vin très excellent, dit-on , Auquel on donne vostre nom , Qui vaut mieux qu'un soufflet en face.

Il m'est promis de bonne grâce , Il faut de mesme le donner , Et lorsque j'en pourray goûter , Je chanteray dessus ma lyre La chanson de tire lan lire , En disant vive le donneur , Vive Laurent porte bonheur.

L*écrilore ei l'orthograplie sont de la fiu du dix-septiéme siècle ; rien n'indique le nom de l*auteur. Le compilateur de ces Chartes était sans doute quelque moine de Sa^igny, qui aimait le bon vin autant que les vieux titres. Laurent porte bonheur , à qui ces extraits étaient adressés en échange dn vin de son crû , était M. de Lavaletle , qui avait le prénom de lAiurent. Ces Charles sont tirées d'un manuscrit qui a pour titre : Sommaire des filtres et documents de l'abbaye et chapitre de Savigny , alias Sapini. Nous les avoos revues et corrigées sur le manuscrit origiual qui est dans la bibliothèque de M. de Veroa.

PUBLICUM SCRIPTUM DE FUNDATIONE ECCLESIAE LUGDUNENSIS.

( E Cartulario Savigniaeeiisi , fol. 152. )

Sciendum est quod ecclesia Lugdunensis olim per jsanctos Patres fundata fuit , (juam possihile extitit ad similitudinem Ëcclesiae triumphantis. Sicut enim a civihus Ëcclesiae triumphantis, trinitas personarum in uni> tate esseatiae veneratur et colitur , sic in ecclesia Lugd,unensi sunt très ëcclesiae contiguae quasi représentantes trinitatem , in quibus est identitas coUegii et officii ad unum sonum campanae , ad representandam divinam unitatem ; in qualibet ipsarum singulis annis legitur intègre tota Biblia et modo uniformi. Et hae ëcclesiae sunt Sancti Johannis Baptistae, Sancti Stephani protomartiris, et tertia , Sanctae Crucis. In eadem ecclesia fuerunt ab initio npvem personatus constituti ad representandum novem ordines angelorum in Ecclesia triumphante. Quorum tamen personatuum unus appellatur abbatia Sancti Justi Lugdunensis ^ quem personatum tenet quicumque sit arcbiepiscopus Lugdunensis : horum nomina et conditiones poterunt inveniri. Item sunt ibi constituti trçs-

PIECES DIVERSES

decim capellani perpetui , inter quos unus est principalis archiepiscopusLugduneDsis, et ad representandum Cbristnm Jesum Domînum nostrum qui est caput Ecclesîae, et collegium yenerabile duodecim Âpostolorum; et sîmiliter status istorum in alio scripto reperitur. Item in dicta ecclesia sunt custodes quatuor ad majus altare célébrantes beati Johannis et beati Stephani sicut canonici, etisti quatuor Eyangebstas représentant. Item sunt in eadem septem milites jurisperiti qui defendunt jura Ecclesiae ut «olii liberius et devotius ad illa quae sunt divini officii sint intenti, et representantur per septem candelabra quae vidit Jobannes in Apocalipsi. Omnes autem alii canonici qui sunt quinquaginta octo , vei plures , quorum aliqui quandoque sunt non résidentes , significant discipulos Domini , qui loco Apostolorum fuerunt instituti. Modus vero stattttus a sanctis Patribus serviendi In dicta ecclesia in divino officio fuit iste : omnes canonici babentes personatus, rel alii presbiteri, et omnes alli clerici praebendati In dicta ecclesia seu in servi tio canontcorum exis^ tentes , tenentur ex necessitate altemis noctibus sui^ere ad Matutinas secundum consuetudines et statota ecclesiae, et cborum intrare ante finem tertii versiculi primi psalmi post invitatorium , nec inde potest exire aliquis donec septima lectio fuerit inchoata in festo noyem lectionum , vel tertia lectio in festo trium lectionum. Et transgresser ftihil omnino peiwipit in distributionibus quotidianis; quae distributio in hoc casu rertitur in eleemosinam, nec eam lucratur ille qui librat illa die, neo aliua quiyis. Item, statuerunt sancti Patres, ad conservandam honestatem dietae ecclesiae , quod nullus oanonicus esset ausus ire per civitatem extra termines dictae ecclesiae ^ nisi eques, nec

solufl, sed cum decenti societate et habitu honesto, nec sit ausus intrare qaodcamqite hospîtîum iohonesttiin,.et haec tenentar servâre p«r juramentâ. Item stattienmt quod dicti canonici et alii eccksiae incorporât! eleemosiiism non fraudent, quae eleemosiiiA fit miro et sumptnoso moàoé De qua eleemosind paupefes religiosi multî, viduae, orphani, pupilli, pauperes yerecundi et mendici sustentantur , et boc jurai quilibet canonkius et ec<;)esiae incorporatus in sua receptione, super sancta Dei Evan-' gelia. Item statuerunt quod illi canonici^ qui maprem tenent hospitalitatem et plures faciuut eleemosinas , in diyisionibus terrarum plus percipîani et in redditibns fiât gratia major ^ ut per hoc magis ae iBagÎEr moveaittar omnes ad opéra pietatis. Ita quod propterre^dentiampersonaram ad quam ibidem fscere compeHtmtur ^ unde non solum eaquae babent ab ecclesia, sed ea quae babent patrimooialia et aliunde , nedum inique consumant, et eX'penduiri; in senritimu eoclesiae ^ ecclestae bospîtalitatem et defensionem patrîmonii beati Stepbani , cum de solo ejus patrimonio nonposset statua ecclesiae Iiactenus consuetus aliquatenus sustentari.

Fuit ista ecclesia ita sanctissime fundata et ordinata quod hodae memoriaefrater Hugo de Samcto Théodore (1),

(1) Hugues de SaiiU-Glter, de l'ordre deâ Frèn-s Prêcheurs, cardiiiai et légat, ainsi nommé du lieu de sa naissance , près de Vienne , en latin, de Sancto Theuderio, ou de Snncto TheûdeHo^ dont on â fait, dans le Cartiilaire, de Sancto Théodore : erreur qui a été commise ausii par Ba^ronnis^ U y avait dans ce lieu un monastère connu sou» le non» de nutnastertM/l» Sckncti Theuderiif qui plus lard reçut celui de Saint-Ghef, du elief de saint Thibaud , archevêque «le Vienne , qui y avait été exposé à la vénération des fidèles.

PIECES DIVERSES de ordine Pi*aedicatoniin , qui ,' ut dicitur , fuit primuB magister in theologia de ordine ipsorum , tune cardinalis et legatus in Alamania , ecclesiam Laodicensem secundum ritum, modum et ordinationes ecclesiae Lugdunensis ordinavit et reformavit , et ita ihi hodie observatur. Sunt etiain in dicta ecclesîa quinquaginta octo canonici in praesenti, quorum nomina bic sequuntur : primo venerabilis in Christo pater dominus Bertrandus de Montefayentio cardinalis, item Stephanus de Balma decanus, Theobaldus de Vassaliaco archidiaconus, Johannes de Yarenis praecentor , Guilleknus de Sura cantor , Johannes de Yillariis camerarius, Ludovicus de Vassaliaco sacrista , Humbertus de Montelupello custos , et Guillelmus de Bellijoco praepositus Forverii in ecclesiaLugduni. Item Jacobusde Candiaco, Guillelmus de Sarravalle , Hugo de Marziaco, Ayino de Sabaudia , Philippus de Laya , Guido de Francheleins , Johannes de Marziaco senior , Johannes de Sîvriaco, Johannes de Castellario, Guillelmus de Vassaliaco, Guifredus de Montagniaco , Gaufridus de Balma , Hum^ bertus de Cossenay , Hugo de Corgenon , Petrus de Solomay , Henricus de Rupeforti , Johannes de Lorgo , Petrus Moschons , Petrus de Sancto Simphoriano , Hugo de Revois , Humbertus de Boczusello , Girinus Parentîs , Aymo de Sarravalle, Lothardus de Soligniaco, Percevallîs de Pallude , Drodo de Vallibus, f rater domini Guidonis de Grolea , Johannes de Amanziaco junior , Arnaudus de Langusta, Henricus de Villai's , duo filii domini de Damas, Guillelmus de Thelis, Ludovicus de Properiis, Ludovicus de Sancto Laurentio , Aymo de Yllins , filîus domini Pétri de Moyriaco , dominus Guillelmus de Claromonte decanus Vienneusîs , dominus Thomas de Sabaudia , Rey-

Daldus filîus comitis Forensis , Amedeus frater comitis Gebenensîs , Humbertus de Bellijoco , Guillelmus de Rossilione, dominus Franciscus Gueylan, dominus Amphulsus de Hîspania , filius domini de Caméra , filius domini de Augusta , filius domini de Montëbello , quidam Gasco qui vocatur Petrus Eyraarus de Ausoue (1). Inter quos sunt

(1) Celle pièce ne peut élre antérieure h Pannée 1320; car, dans la liste qu'on y Toil des chanoines composant le chapitre à cette époque , il y en a dont la réception date de 1519. Voici les noms de ces chanoines tels que nous les avons extraits de la liste qu'en a doiinée le marquis d'Âubaïs à la suite des preuves et quartiers des comtes de F^yon , et qu'il assure élre 1res exacte et venir de bonne source. Voy. Pièces fng. pour servir à Vhistoirede France; Paris, 1759, 3 vol. in-4°, tome ii, page 157.

Le Cartulaire manuscrit de Gaspard Mille , camérier de l'église de Lyon, contenant les noms et surnoms des archevêques et chauoines de Lyon qui ont pu se trouver dans les anciens parchemins de celle église , de 1209 à 1570 , donne aussi la liste ci-dessus, et nous a servi à corriger les erreurs soit de l'acte contenu dans le Cartulaire de Savigny , soit du Recueil du marquis d'Âubaïs. « Dans un vieux recueil , y est-il dit , dont l'écriture « est fort belle , qui date de la fondation de l'église de Lyon , et qui est «« sansxlale de jour ni d'an , mais qu'il est facile de reconnaître avoir été « fait en 1818 et 1820 , on lit qu'il y avait dans l'église de Lyon 58 ou « 59 chanoines dont les noms suivent , etc. »

( C'est à l'obligeance de M. le baron d'Âilly que nous sommes redevables de la communication du Carlulaire de Gaspard Mille , manuscrit précieux pour l'histoire des familles de celle province. )

Bertrand de Moniravenl, cardinal, 1319 ; Etienne de la Beaume , 1319 ', Thibaud de Vassaliou, 1284; Jean de Varonnes, 1284. Guillaume de Suie, 1319; Jean de Villars , 1296.' Louis de Vassniieu, 1307; Humberl de Monlluel,1284; Guillaume de Beaujeu, 1300; Jacques de Chandée, 1320; Guillaume de Serraval , 1320; Hugues de Marxc, 1287 ; Aimon de Savoye , 1307 ; Philippe de Laye , 1307 ; Gui d»* Franchelins, 1307 ; Jean de Marzé, 1320; Jean de Sivrieux, 1307 ; Jean de Chaslellars, 1307; Guillaume de Vassalieu , 1307 ; Geoffroy de Montaigny, 1307 ; Geoffroy de la Beaume , 1307 ; Humbert de Cossenay , 1307 ; Hugues de Corgenon ,

PIECES DIVERSES octo personatus , videltcet decanatus ; qui decanus , ratione decanatus , habet prima die în redditibus triginta très aolidos , quinque deoarios Viennenses. Item habet în clericos civitatis Lagdunensis tamen de choro non exiV tentes ecclesiae praedictae , in casibus în quîbus agitur criminaliter , mediam partem jnriditionum et emolumenti emendarum; archiepiscopus vero aliam medîetatem , et in bis casibus archiepiscopus et decanus ponunt unum judicem communem qui non excommunicat nec absolvit , sed hoc facit ad ejus requestam officialîs archiepîscopi. Item decanus habet promovere negotîa ecclesiae ; ratione tamen dignitatis suae non habet convocare capitulum, sed hoc potest facere quillbet canonicus sicut ipse. Item nec excommunicat nec absolvit .. non suspendit , non visitât , non procurât , non audit

1307 ; Pierre de Solornay , 13Î0 ; Henri de Rocheiort , 1307 ; Jeaa de Lorgo , 1319 ; Pierre de Moschoiis , 1307 ; Pierre de Saiiit-Sjmpliorieo , 1319; Hugues de Revois , 1319; Humhert de Rocxozel , 1310; Girin de Parent, 1307 ; Aimou de Serraval , 1307; Leauthaud de Solejraieu ( de Solempniaco) , 15t0 ; Perceval de la PaUid, 1319 ; Dreux de Vaux, 1319 ; le (ils de Guigue de Grolée ; Jean d'Amanzé ( n*esl pas dans la liste , ce nom ne parait pas dniis le chapitre de Ljon avant 1401) ; Arnould de Langouste, 1315; Henri 'de Villars , 1318; les deux fils du seigneur de Damas, Guillaume de Thélis, 1318 ; Louis de Propières , 1318 ; Louis de Saint- Laurent , 1318; Aimou de l'Orme (de UImo), 1318; T^uis de Moyria ; Guillaume de Clermont, 1318 , doyen de Vienne ; Tliomaa d« Savoye , 1318 ; Renaud de Foresi , 1319 ; Amédée de GcDève , 1319; Qumbert de Beaujeu , 1306; Guillaume de Roussillon, 1396; Frauçois ^ neveu du cardinal Gajetan ; Alphonse d'Es|)agne, 1319 ; le fils du seigneur de la Chambre, 1319; Pierre d'Aosie , 1320); Amédée de Montbel , 1320. Le Gascoii désigné sous le nom de Pierre Eymar di* Aosone doi' ^ire Aimar d'Anlhon.

SUR THiSTOIRE DE LYON- UQ

confessiones, non ministrat sacramenta ecclesiastica, non habet nec per se nec cum capîtulo corrigere clericorum excessus nec punire ; sed sont in ecclesia Lugdunensi , videlieet in dicta ecclesia Sanctae Crucis , duo custodes qui audiunt confessiones et ministrant ecclesiastica sacramenta parrochianis dictae ecclesiae Sanctae Crucis, quos instituit dictus decanus. Item sunt ibi duo judices qui quolibet anno instituuntur in capîtulo generali, qui praemissa possunt facere , et est hoc de auctoritate apostolica conunissum ', qui etianv habent jurisditionem in ipsum decanum et in omnes personas iucorporatas , clericos et cappellanos ipsius ecclesiae > ubicumque et qualitercumque delinquatur. Et débet personaliter et continue residere , et débet semper in hospitio suo tenere et babere , pro servitio ecclesiae faciendo, sextam presbiteros quam clericos : et totidem et eodem modo debent tenere tam presbiteros quam clericos omnes alii , personatus habentes. Item archidiaconus habetinredditibuscircacentum libras Yiennenses , et quicumque est archidiaconus , ratione archidiaconatus supradicti,noncorrigit, non visitât, non procurât , non excommunicat , non absolvit , nec débet aliquid spiritualilius exercere, sed est offîcium ipsius ordinare defensiones terrae manualiter contra illos qui yiolenter nituntur jura ecclesiae usurpare. Item precentorîa nihil habet in redditibus. Item cantoria nihil habet in redditibus. Item cameraria valet tam in redditibus quam proventibus quadraginta libras Yiennenses , et est officium camerariae procurare pecuniam et expensas pro defensione terrae et aliis negotiis ecclesiae faciendis. Et dat dictus camerarius quaedam officia quae dari consueverunt, laïcis vel clericis quibus vult. Valent

PIECES DIVERSES circa viginti libras yel viginti quinque libras Vienneiises , et habet dictas camerarius infra claustrum Lagduni videlicet in locis publicis , extra tamen hospitia canoniconim et incorporatorum , juriditionem omnimodam in laïcis , non in familiaribus canonicorum et incorporatorum ecclesiae ; facitque dictas camerarius custodire portas et claves portarum portalitiaque portarum praedictarum, expensis tamen capituli memorati.

Item sacristia valet circa sexaginta libras Viennenses , et habet pulsare omnes campanas secundum consuetudinem ecclesiae , et débet teuere assidue duodecim famulos pro praedictis campanis pulsandis,gui magis expendunt quam valeant redditus totius sacristiae. Débet etiam celebrare yel celebrari facere per alium canonîcum in majori altari , in festis duplicibus et in aliis festis in quibus grossa campana pulsatur. Diebus etiam dominicis in quibusque aliis diebus in quibus duae propelates (1) occurrunt , débet facere celebrari in altare sancti Sperati rétro majus altare per simplicem sacerdotem , et débet tenere presbiteros et clericos sicut. aliî personatus obtinentes. Item custodia babet sex viginti libras Viennenses in redditibus, et débet prima die tenere ad minus viginti tam presbiteros quam clericos pro servitio faciendo et disponendo in ecclesia beati Stephani prothomartiris quae ecclesiae beati Johannis est conjuncta. Item praepositura Forveriî in ecclesia Lugdunensi et habet

(1) Sic vocaDlur duae majores inissae matutinales , vulgo messes matinières. HauJ improbabile videtur dediicendam esse vocisoriginem de loco in quo stant harura missarum caatores : non etiim in clioro locis consaeûs slani, 8cd prope latus dexirum altaris. Gangii , Gloss. verbo Propelates,

SUR L'HISTOIRi DE LYON. lH

regere et ordinare ecclesiam collegiatam beati Thomae Forverii Lugclunensis olimper capitulum Lugdunense fundatam et dotatam; et licet praedicti personatus obtinentes juxta consuetudines et statuta dictae ecclesiae ad plures quam ad sex tenendos non astringantur , verumtamen ut uberius et plenius designatur^ ibidem tenent pro ma. jori parte , quidam decem , alii duodecim , alii quinde- €im et plures juxta eorum possibilitatem et statum sub spe fîituri proemii , quia a principio non babent ab ec-«

clesia de quo possent praedicta Sicut in dicta eccle-

sîa Lugdunensi nunc in praesenti sunt viginti duo canonici qui tenent hospitia et quilibet ipsorum tenet très tantum presbiteros quam clericos, et sunt multi qui plures tenent sub spe futuri proemii ut supra. Item sunt quindecim canonici résidentes qui non tenent nec sunt obligati ad bospitia tenenda quia non babent triginta libras Viennenses in redditibus a dicta ecclesia , sed comedunt cum aliis convivantibus : nam est consuetudo et statutum in dicta ecclesia quod nullus canonicus débet tenere hospitium quousque triginta libras Viennenses in redditibus fuerit assecutus. Postquam vero praedictus triginta libras Viennenses fuerit assecutus , in redditibus , débet tenere hospitium cum numéro clericorum et convivantibus supradictis ; alias nibil perciperetulterius. Itemsunt in dicta ecclesia quatuor capellani qui custodes appellantur, babentes certa ofïïcia , et célébrant in majori et in altari sancti Stephani. Quorum custodum quilibet ex duobus débet tenere secum quatuor tam presbiteros quam clericos, alius verounum et quartus duos vel tres^ et quilibet ipsorum percipit distributionem quotidianam integraliter sicut canonici , et in distributionibus terrarum percipit

PIECES DIVERSES

quiiibet medietatem portionif quam percipit canonicas convivana. Et ad hoc intelligendam , aciendam est qaod quando fit diviaio terrarum et quando quiiibet persoimtum obtinena percipit aeptem libras , canonici convivaniea percipiunt quiiibet quatuor libras , et simplices canonici quinquaginta solides. Praedicti vero custodes, qnam cito custodes sunt facti, debent tenere bospitia cum numéro clericorum supradictorum. Milites vero et duo* decim capellani perpetui, postquam viginti quatuor Vien* nenses in redditibus fuerint assecuti , debent juxta statuta ecclesiae tenere bospitia; quod nisi fecerint, nibil per-

cipei*ent Insuper praedicti debent facere residentiam

personalem. Et est sciendum quod, in qualibet divisione terrarum , decanus primo babet eligere partem suam ubicumque voluerit, et postea alii, gradatim suo loco, prout superius nominantur. Et decanus etiam ultra portionem suam praedictae divisionis accipit quadraginta solidos , totiescumque fiunt divisiones , tam de gratia quam de labore. Est etiam statutum in dicta ecclesia Lugdunensi quod nullus presbiter aut clericus qui de novo est receptus possit vel debeat intrare cborum majoris ecclesiae donec per cantorem fuerit examinatns , et quonsque in ecclesia Sanctae Crucis per duos menses et in ecclesia Sancti Stephanî eidem ecclesiae contigua per quatuor menses fecerit residentiam personalem, ad hoc ut eruditns in ordine juxta statuta ecclesiae , quando ad majorem ecclesiam devenerit, sit inter alios sine scandalo continue, vel nisi de ch(Hro aliarum ecclesiarum collegiatarum , Sancti Justi , Sancti Pauli et Sanctt Nicetii Lugdunensis , fuerit qui secundum morem et consuetudinem majoris ecclesiae in habitu et aliis se regunt et incedunt.

Item sciendum est quod tam personatus habentes quam alii canonici et incorporati tenentes hospitia , debent tenere in summa assidue in dictis tribus ecclesiis octo viginti et tresdecim tam presbiteros quam clericos pro servitio ecclesiarum praedictarum, exceptis clericulis qui non sunt de numéro clericonim praedictoinim et exceptis illis quos tenent canonici et incorporati de g;ratia, ad meliu3 et decentius qui in eisdem ecclesiis serviant. Et insuper statutum in dicta ecciesia quod canonici et incorporati ipsius ecclesiae custodes, milites et duodecim capellani perpetui percipîant fructus, proventus et exitus terrae quam tenebant tempore mortis suae ab ecciesia Lugdunensi per unum annum continuum post obitum eorumdem ; et fuit causa statuti ut ex dictis fructibus solvantur débita praedictorum , tam in sepulturis , clamoril)us quam aliîs, ad illum finem quod per eos vel cum eis nuUtts valeat defraudare et quod non possit ecclesiae improperari quod aliquis decipiatur vel dici possit deceptus per easdem distributiones vero quotidianas. Beliquum jam post eorum obitum percipit ecciesia , exceptis triginta primis diebus sequentibus obitum eorumdem, quibus triginta diebus percipit ecciesia beati Thomae Forverii Lugdani distributiones quotidianas mensis ultimi. Item est in dicta ecciesia quidam canonicus qui magister chorî nuncupatur , et percipit in divisionibus terrarum, ratione dicti officii, primus post canonicos personatus obtinentes , et débet esse post eum quidam capellanus de duodecim vicemagister , quem magistinim puerorum appellamus et cui assignantur aliqui redditus de gratia , in qualibet divisîone terrarum pro labore , ultra portionem quae ipsum débet contingere prout uni ex aliis perpetuis capellanis.

PIECES DIVERSES

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