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Les Mois de l'année, chez le comte Moroni

Sur douze mois, qui n'existent peut-être%pas au complet, je n'en ai vu que deux : février et novembre. Ces tapisseries, de la fin du xvie siècle, furent tendues, le 12 avril 1856, pour le passage du Pape, qui se rendait à Sainte-Agnès, le long de la villa du comte Moroni, sur la voie Nomenlane.

Février. — Ce mois est indiqué par son signe habituel, les deux Poissons et son nom latin febrvarivs. Aux écoinçons soufflent les vents boreas et gircivs. La neige tombe. Un homme réchauffe ses doigts avec son haleine et des femmes vont en traîneau.

La déesse febrva personnifie le mois de février. Elle a un sceptre en main, des sandales aux pieds et un nimbe polylobé autour de la tête. Elle préside aux occupations qui se font en ce temps de Tannée et qui paraissent se concentrer autour du foyer domestique

Un homme se chauffe au feu de la cheminée que sa femme aitise et sur lequel est posée une chaudière — Un autre apporte du bois, pendant que les femmes filent ou coupent l'étoffe pour en faire des vêtements; les enfants s'amusent à activer le feu, en soufflant avec leur bouche. — Au dehors, un paysan fend du bois, que son fils emporte dans une brouette.

Novembre. — Ce mois est caractérisé par le signe du zodiaque qui lui est propre, le Sagittaire.

Aux écoinçons, la bise commence à souffler: svperna. En bas, un chasseur, abrité par une hutte en feuillage, prend les oiseaux 5 la pipée. Un autre s'en va, suivi de son chien et emportant un oiseau dans une cage.

L'allégorie du mois, en raison des nuits qui deviennent longues, est figurée par un cercle où des têtes d'anges à quatre ailes sont mêlées aux étoiles.

Le sujet principal est la glandée. Un paysan, muni de son attirail champêtre, besace, couteau pendu et cornet à bouquin, bat un chêne pour en faire tomber les glands qu'attendent les pourceaux.

Quoique le printemps et l'été soient passés, la saison des amours règne encore. Est-ce Vénus, avec un arc et des flèches, qui perche dans ce chêne? La chose n'est pas impossible, d'autant plus qu'au tronc s'appuie le dieu Silvain, Silvanvs, qui joue de la syrinx pour charmer une bergère qui, assise près de lui, semble l'écouter volontiers. Mais il y a quelque probabilité aussi que cette divinité protectrice est Diane chasseresse, par allusion au plaisir de cette saison, déjà exprimé par la pipée.

Près du chêne s'approche une mendiante, car le froid qui débute rend la vie dure et elle vient demander l'aumône au couple joyeux qui n'y prend pas garde.

Plus loin, une paysanne mène sa vache aux champs, où elle trouvera encore à paître quelque peu.

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