‹ Inventaire descriptif des tapisseries de haute-lisseChapitre 51 sur 59 · Querelle de deux guerriers · texte numérisé non relu

Querelle de deux guerriers

Signature : .F. V. HEGKE

8. Histoire de Jacob. Cette histoire, ainsi spécifiée: HISTOMA. IACOB., devait être plus complète, car nous n'avons ici que la lutte avec l'ange.

La pièce est marquée au monogramme du nom.

Nous voici en présence d'un nom flamand, qui a été latinisé.

Les tapisseries fabriquées aux xvne et xviir6 siècles, par François Spiringhe, se reconnaissent à leur style particulier, aux sujets qu'elles représentent, à leurs bordures chargées de pampres et de raisins, que becquêtent des oiseaux, au monogramme du fabricant sur le liseré et à sa signature qui paraît sous cette forme, compliquée d'un monogramme :

HécussonD FRANCISGVS. SPIRINGIVS. FECIT

Le monogramme est très-bizarre et ne paraît pas faire allusion au nom: il comprend les deux premiers jambages de N, le second coupé par la hampe d'un 4, auquel se soude un V (Voir la planche, n° 10).

Les sujets choisis de préférence par Spiringhe sont des traits d'histoire, tels qu'un combat à l'arc, le triomphe d'un empereur couronné par la victoire, des batailles, etc.

Les pièces sont nombreuses. Je regrette de n'en avoir pas dressé la liste.

Je réunis ici les œuvres de deux tapissiers flamands qui paraissent avoir travaillé ensemble dans le mè ne atelier, si l'on en juge par leur signature apposée en commun sur une série consacrée aux premiers temps de l'histoire romaine. Il y en a dix pièces ; la onzième, dont le sujet n'est pas bien déterminé, appartient à Eggermans.

Daniel Eggermans et Henri Van Assche travaillaient aux débuts du xvnic siècle. Les initiales B B indiquent que leur atelier était à Bruxelles. C'est, en effet, de cette capitale qu'est datée la relation envoyée par le nonce des Pays-Bas au cardinal Barberini et qui mentionne, parmi les fabricants en renom. Franc0 Vannsnachcrs (1). Le nom est ici mal orthographié : les tapisseries romaines le rétablissent tel qu'il doit être. Hendrick est évidemment de la même famille que François.

La médaille de Saint-Michel, figurée sur la bordure des nos 1 et 10, dénote de la manière la plus certaine la

(1) Rev. des Sociétés sav., 5c sér., t. VIII, pag. 519.

provenance; c'est une œuvre fabriquée à Rome, à l'hospice apostolique. On remarquera que les initiales B B, séparées par un écusson, suivent le nom au lieu de le précéder et que la première lettre est retournée. Ce sont des Bruxellois qui s'établissent sur la rive du Tibre, mais qui gardent leur marque de fabrique, tout en la modifiant légèrement.

Or, d'après M. Muntz, la manufacture pontificale de Saint-Michel ne fut installée qu'en 1702, par le pape Clément XI, à l'hospice de Saint-Michel (1). Si cette date esc exacte, je dois dire que le style des deux Flamands est plutôt celui du xvnc siècle que du xvnie.

La pièce n° 9 donne un monogramme de Hendrick Van Asschc. Comme je trouve ailleurs un aulrc monogramme où se combinent les trois initiales II V A, je n'ai pas d'indécision pour lui attribuer cette forme nouvelle, quoiqu'il soit insolite que le mémo artiste ait deux signatures différentes [Voir la planche, n° 9). Peutêtre la première se rapporte - 1 - elle à son séjour à Bruxelles; la seconde serait celle de Rome.

1. Le Tibre. Le Tibre, personnifié à la manière des fleuves antiques, est couché au milieu des roseaux : il s'appuie sur son urne, d'où sepanche le fLuve qui arrose la ville de Rome.

Tibris romanmn urbern alluens.

2. Romulus et Rémus. Les deux jumeaux, couchés sur les bords marécageux du Tibre, sont allaités par une louve.

(i) Chronique des Arts, 1876, n° 26.

ROMVLVS. ET REMVS. LAGTANTVR A LVPA

Ce panneau est signé : DANIEL. EGGERMANS. F. (fccit).

£J écusson

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