II. — SOIERIES SICILIENNES OU ITAUENNES
33. — 2"" Snaîre de saint Fotentien. H. 1 ■» 39 ; L. 1 "04. XH' siècle.
Tissu croisé à dessins bleus et rouges, dont la combinaison produit le ton violet du fond. Médaillons circulaires renfermant des griffons adossés et des oiseaux affrontés, séparés par des fleurons. L'encadrement porte une pseudo - inscription orientale. Dans les intervalles est un bom, cantonné de quatre oiseaux.
Ce suaire peut daler de la translation Taite, en 1918, par l'arcliev^ue Pierre de Corbeil. (Voir n" 11 et 35.) Le reliquaire du elief de l.^m g Bomier, op. rii.
saint Loup renferme encore un morceau assez considérable de celle môme ôtoOl*. II est probable qu'après la bulle donnée en 1210, par le pape Innocent III, pour attester rauttienlicité des reliques de saint Loup, l'archevêque de Sens, Pierre de Corbeil, en fit une ostension à l'occasion de laquelle les reliques furent enveloppées dans un fragment de la même étoffe, dont on fit le suaire de saint Potcntien.
84. — Saaire de saint Flavit, anachorète. H. O^éS; L.0™74. — XIP siècle.
Léger tissu croisé, à dessins bleu azur et jaune sur fond violet. Bandes superposées se répétant, formées d'oiseaux, perroquets ou corbeaux, groupés deux à deux et séparés par des homs dont les rameaux dessinent, autour de chaque groupe, un encadrement se rapprochant de la forme octogonale.
Extrait en 1896, de la châsse de saint Flavit, provenant de l'abbaye de Sainte-Colombe, qui possédait une partie du corps du saint ; l'autre parlio appartenait au prieuré de Villemaur.
35. — Saaire de saint Savinien, apôtre de Sens. Fragment. — XIIP siècle.
Tissu de couleur vermeille, offrant un semé uniforme de pois jaunes, disposés en quinconce.
Ce suaire, jadis conservé au trésor de l'abbaye de Saint-Pierre -le-Vif, avec le suaire bleu de saint Potentien, dans une môme châsse de cuivre doré, peut dater de la restauration de la châsse faite au xiii* siècle par Geoffroy de Montigny [\). Ce fragment, auquel adhère encore un morceau du suaire de saint Potenlien a été extrait, en 1896, d'un coffret muni d'authenliques où le suaire entier, mais presque entièrement consumé, est renfermé. On voit aussi une partie do ce tissu dans la châsse du chef de saint Savinien.
36. — Tissu sarrasinois (2). Plusieurs pièces recousues ensemble. H. 1 «"Sô; L. 0 "60. — XIIP siècle.
(1) Livre des Reliques, de 6. de Conrion, p. 86.
(2^ Cette pièce indiquée dans la publication de Vlnoentcùre du trétor de SkÀnt-Pierre-lê^ Fty(BuU. de la Soc. arch. de Sens, t. XI, p. 104} comme pouvant être le] suaire de saint Sairinien, a été, plnsieuri fois depuis, étudiée et reproduite sous cette désignation. La découverte du véritable suaire, dont l'authenticité n'est pas contestable, n'a pas permis de conserver cette qualïQcalion à la présente étoffe.
Damas de couleur vermeille, présentant des rangées horizontales alternées de gazelles et d'oiseaux ; ces derniers ont la tète et les serres d'un oiseau de proie et la queue d'un serpent.
Groupés deux à deux, ces animaux sont alternativement affrontés et adossés. Les gazelles, une couronne sur la tête, sont séparées par une rosace surmontée d'une élégante Qeur de lis; sur leur croupe s'abat un cocatrix. Les tètes, les piedsct quelques détails des animaux sont de couleur jaune.
On IrouvB des spécLmens du nuSiuo llssu ; I* au luiinki da Cliiny. — cliausso é[ii9Co[iiile d'Arnnud do Tia i \ni vort broclifl d'ur) ; 3* ail duras d'Oanalimck — ûlulc XllI- siÈclu ; 3- à
Suulli - Konsinglon — ma- L'abbé H. Btjiiv[», op. ni.
cîpute X[11* aijtcln (fond coulour fauvo, i ilo^sins liluus.)
ai. — Suaire de S'" Théodechilde, fondatrice de l'abbaye deSaint-Pierre-(c-Vif.ii.(i''Wat(i'°lS; L.(i"b3.~ XlU'siè.-lo
Soierie sarrasinoise à rayures multicolores, alternativement longitudinales et transversales.
Extrait ea 1896, d'une boite ronronnant divers ossements de cette sainte. Dans le procès -verbal de la translation, faite le 16 octobre 1643, par l'archevaque Octave de Bellogarde, on lit : c Ouverture ayant esté faicte de ladiclo caisse ou cofTre de plomb, se seroit icclle treuvôe estre pleinne d'ossements
enveloppés d'un taffetas de différentes couleurs « Go suaire daterait
donc de la précédente translation, faite vers 1270, par l'abbé Geoffroy de Montigny.
38. — Deuxième suaire de sainte Colombe. H. l'^lb; L. 0-83. — XI ir siècle.
Samit de soie vermeille ayant pour bordure un listel (larg. 0^05) tissé dans rétofîe, en or et soie. Des entrelacs et des rinceaux courent sur ce listel, y formant des médaillons quadrilobés et des losanges cantonnés de larges feuilles. Dans le médaillon du milieu, un Agnus Dei se détache en or sur fond rouge. Dans les deux autres, deux colombes accompagnent une croix fleuronnée, sur fond vert dans Tun, sur fond azur dans Tautre. Entre les médaillons, des caractères arabes répètent l'inscription sacrée : El baraka : < Bénédiction. »
On distingue sur ce suaire le sceau en cire de Tabbaye de Sainte-Colombe.