Deuxième suaire des SS. Innocents. — XIII* siècle
Gaze orientale teinte en partie en pourpre et ornée d'étroits liteaux quadrillés, bleu, blanc et rouge, d'un tissu serré.
Une étiquette de parchemin, avec l'inscription en écriture du xiiie siècle : de inocetibus, y est attachée.
54. — Fragment (0™ 18/0" 10) de soierie de fabrication ou de type persan. Tissu violet sombre, broché de jaune d'or. De simples filets ondulants dans le sens vertical et soudés deux à deux à leur rencontre par un masque fai^tastique, rappelant les corbeaux de l'architecture romane, dessinent des compartiments presque circulaires, mais finissant en pointe en haut et en bas. On y voit des sirènes à corps d'oiseau affrontées, alternant avec un monstre ayant deux corps de lions ailés et une tête unique à face humaine couronnée.
Probablement anl6rieure à l'époque romane. (Cod're des reliques anonymes, i896.)
55. — Tissu persan (deux fragments cousus, mesurant ensemble 0"" 22/0™ 14), à fond rouge et ornements verts et jaunes. Des diagonales formées de chapelets de cœurs, interrompus à leur intersection par une sorte de croix pattée, dessinent un losange. Ces petil;s caissons de 0'"033 de côté présentent soit une croix grecque encadrée de losanges à redans, soit un personnage en buste, vêtu d'un manteau vert, attaché par un fermait, et coiffé d'une tiare dont les fanons flottent au-dessus des épaules. Ces figures sont remarquables par la flnesse des traits.
(GolTre des reliques anonymes, 1896.) Ce tissu formait sac contenant les débris d'un sachet à reliques (n" 73) et des fragments de marbre, sans indication de provenance,
6S. — PragmeDl do lalTolus (samit) vermeil, orQÔ do doruras peialos ou Impriméos, (Cliftsae do sainlB Liciàre, 18911.) 67. — TalTelBS imprimâa.
58. — Soieries i ra^urps unies, rougïs, vertes, jaunes el violoLlos.
59. — Galoade sois ii eolrolaos, jaunoolTougo.H.O,Oî5/0.40. iiii'siàcle. 60- — Frngmeat do brocart. — ivii* sièclo. — Don de M. J. Donisol.
IV. — TISSUS DE LIN OU DE CHANVRE 61.— L'Assomption, loile brochée. H. O-CO et 0"70; L. O-GS. — Vlli'sièdo.
Sur un fond de toile fine et serrée sont brocliés, en traits épais et saillants, des fils lâches et bouclés. L'ornementation consiste en médaillons elliptiques (H. 0<»38; L. 0"> 48) juxtaposés et reliés par de petites rosaces perlées. Un personnage féminin, en attitude d'orante, accompagné de deux anges aux larges ailes, le soutenant d'une main et portant une palme de Tautre, occupe la partie supérieure des médaillons. Leurs longues robes sont figurées par des lignes parallèles et des chevrons. Au-dessous, sont huit petits personnages debout et deux autres placés horizontalement au-dessus des premiers. Tous sont vêtus de tuniques courtes et tiennent élevée une croix (1).
Il est facile de reconnaître, dans ce sujet, la représentation de l'Assomption de la sainte Vierge (2). Les inscriptions opposées, tissées sur deux lignes dans la bordure des médaillons, ne laissent pas de doute à ce sujet, en même temps que, par la forme des lettres, elles accusent nettement Tépoque mérovingienne (3). On lit, en commençant à droite, au sommet des médaillons, par la ligne extérieure :
Com transis \ set Maria, ma \ ter Domino de \ apostolis.
Ce fragment a pu appartenir à un vôtcment liturgique, aube, etc., commo pcul le faire supposer la cou[>e arrondie Icrminôe par un ourlet de l'un des côtés. Il enveloppait, on dernier lieu, des reliques sans indications d'idealilô. — GoITrc des reliques anonymes, I89G.
(1) Les apôtres sont ainsi représentés sonrent dans les premiers siècles, pour rappeler leur roiision de témoins et de prédicateurs de la foi de Jésus-Christ. Peut-être est-ce pour compléter leur nombre qu'on a ajouté dans chaque rosace latérale» un petit personnage les bras pendants.
(2) L'opinion commune était que le mystère de TAssomplion, c'est-à-dire la sainte Vierge montant au ciel, portée par les anges et en présence des apôtres, n'avait pas été représenté dans Ticonographie chrétienne avant le iiv* siècle. L'étoffe du Trésor de Sens démontre que la Qguration de ce mystère est à peu près contemporaine de Tintroduction dans la liturgie de la fête de TAssomption.
(3) Ainsi les formes com pour cum, — mater domino pour mater domtm, usitées ans vue et viii* siècles. L'S placée borizonlalfment, M Ggurée tl qui se rencontrent très fré* quemroent dans les inscripiions et sur les monnaies de l'époque mérovingienne.
62. — Donbller H. 0™ 10 ou parement de lutrin. a. i-8t; L 0"78 (3). X' ou X[' siècle (d'après Viollet le Duc).
Toile écrue brochée de soie rouge, jaune et verte. Le motif principal se compose de rangées de caissons octogones (H. 0™22; L. 0"'12) encadrant des paons affrontés, séparés par un tiom. Des losanges quadrillés remplissent les intervalles. Cette oracmenlalion ne couvre que le devant; la partie de derrière, plus simple, ne présente qu'un quadrillé. Chaque extrémité se termine par un effilé.
63. — Fragment de parement ayant servi de suaire. H. 0 •» 75 ; L. 0 •» 75. — XI- siècle.
Toile écrue brochée de soie rouge, avec, roses de soie jaune ajoutées à Faiguille. Cette pièce paraît complète dans sa hauteur. Des listels unis ou perlés, jaunes et rouges, et une frange la terminent. L'ornementation est disposée en trois bandes superposées. En haut et en bas, des coqs, d'un dessin très lourd, dans des caissons octogones, séparés par des ornements géométriques. Au milieu, les mêmes caissons alternent avec des panneaux carrés.
CoTre des reliques anonymes, 189 A.
64. — Fragment de parement ayant servi de suaire. H. 0'»5S; L. ()"'34. — XI« siècle.
Toile écrue brochée de soie rouge, jaune et bleue ; tissu d'époque carolingienne, copte ou reproduisant un type copte. Des oiseaux d'une forme barbare, peut-être des canards, accompagnent des caissons octogones et hexagones meublés d'alérions. La bordure est formée de losanges séparés par des traits terminés en pointe de flèche.
CoJre des reliques anonymes, 1896.
65. — Suaire de sainte Paule. H 0 ™ 70 ; L. 0 ~ 80. — XIII- siècle.
Toile fine de lin, damassée, ornée de losanges bordés d'une grecque.
Extrait de la châsse en 1896.
66. — Suaire de saint Héracle et saint Paul, archevêques de Sens, H. l"»75-, L U™88 — XIIÏ» siècle.
Nappe de toile de lin, damassée, ornée d'un losange uniforme.
Ce suaire a été extrait d'un sachet muni d'étiquettes et renfermant d'autres toiles unies et très consumées. — CoCTro des reliques anonymes, 1896.