‹ Inventaire sommaire des documents relatifs a l'histoire de SuisseChapitre 2 sur 91 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Parmi les nombreuses sources citées dans cet ouvrage, il en est trois qu'il convient de placer hors de pair: la Bibliothèque nationale, pour les xv« et xvi^ siècles; les Archives des Affaires étrangères^ à partir de la fin du xvi^ et celles de la Guerre dont les premiers documents remontent à Tannée 1630. Ces deux derniers dépôts détiennent en outre la presque totalité des dépêches des ambassadeurs de France aux Ligues à leur Gouvernement pendant le xviii® siècle. Cette constatation a sa raison d'être. Elle suffit, à elle seule, à expliquer l'interruption d'un récolement qui, dans notre pensée, ne devait s'arrêter qu'à l'année 4745, date à laquelle uti changement de règne amena une nouvelle orientation dans la politique de la France à l'égard des Cantons suisses.

Si l'on excepte la Bibliothèque de VArsmal — avec une ambassade à peu près complète (4635—4640) — les autres dépôts parisiens ne fournissent que des pièces originales isolées (Archives nationales, Institut), ou des copies de documents déjà connus et imprimés pour la plupart (Sainte-Geneviève ; Mazarine; Sorbonne; Marine).

Abstraction faite des traités et conventions rentrant sous la rubrique Corps diplomatique, la très grande partie des pièces mentionnées dans cet Inventaire est encore inédite. Au nombre de celles qui ont été pubhées, il y a lieu de citer dans Tordre chronologique:

4) Une série de documents^) des années 4524 et 4522 édités — assez incorrectement d'ailleurs — par M. Gisi dans Archiv fur schwei" zerische Geschichte, t. xv. p. 285—348.

') Au total vingt-deux.

2) Quelques extraits de dépêches de Nicolas de la Croix, abbé d'Orbais (4563—4566) donnés à la Bibliothèque universelle de Genève (t. XXVII, année 1854) par M. Lorédan Larchey, mais avec des dates inexactes, l'éditeur n'ayant pas tenu compte du fait qu'avant Tédit de Roussillon Tannée française commençait à Pâques,

3) Un certain nombre de pièces des années 4590 à 4595 relatives aux affaires de Neuchàtel, tirées de la Bibliothèque de l'Institut par M. Fritz Berthoud et pubhées par M. Favre dans le Musée neuchâtelois,

t. VIII.

4) Un choix de dépêches de Henri IV et de ses ambassadeurs en Suisse à l'occasion du renouvellement d'alliance de 4602 (Quellen zur Schiueizer-Geschichte^ t. v.)

5) L'ambassade (incomplète) de Bassompierre en Suisse, 4625—4626 (1er volume des Ambassades, Cologne 4668).

6) Quelques extraits de la correspondance de Robert Miron, ambassadeur à Soleure, des années 4626 et 4627. (Musée neuchâtelois,

t. XVI.)

7) Un très grand nombre de lettres du duc de Rohan, ambassadeur extraordinaire aux Grisons, des années 4635 à 4637 {Mémoires et lettres de Henri de Rohan sur la guerre de la Valteline; édit. : Zurlauben, Genève 4787, 3 vol.)

8) Quelques lettres écrites par Jean Louis d'Erlacli de Castelen ou par lui reçues 4639—4649 {Mémoires hùtoriques concetmant M. le Général d'Erlach; Yverdon 4784, 4 vol.).

9) Une faible partie de la correspondance de de la Barde avec Loménie de Brienne (4648—4654), publiée par Mr. Vuillemin dans Archiv fur schiveizerische Geschichte, t. v à viir d'après les originaux conservés à St-PétersbourgO-

40) Des fragments de la correspondance de Mouslior avec la Cour (4664—4674) publiés d'après les seuls documents des Affaires Etrangères par M. Paul Schweizer {Quellen zur Schweizer-Geschichte, t. iv).

En dehors de ces publications d'ensemble, on trouve des pièces isolées dans un grand nombre d'ouvrages français et suisses, anciens ou modernes, tels que: les Mélanges de Camuzat; les Lettres et mémoires d'Ëstat, de Ribier ; la Collection des documents inédits de l'Histoire de France (Lettres de Catherine de Médicis, de Henri IV, de Richelieu, de Mazarin); la Correspondance de Colbert (édition P. Clément); les recès des diètes fédérales; Archiv filr schweizerische Geschichte; Quelleyi

*) Des copies fidèles de ces dépèches existent à la Bibliothèque Nationale et aux archives des Affaires Etrangères à Paris.

zur Schweizer ' Geschiehte ; V Indicateur d'histoire suv^se; le Musée neuchdtelois, etc.

Quelque considérable que soit le nombre des documents relevés dans ces quatre volumes, il ne suffirait pas à lui seul à assurer la composition d'une histoire complète et approfondie des relations entre la France et la Suisse jusqu'au xviiie siècle. Des lacunes importantes subsistent. Pour la période antérieure à Tannée 1521, date de Tinstallation du premier ambassadeur ordiriaire du roi à Soleure, le déficit est malheureusement irréparable. Le temps et le feu ont fait leur œuvre. Les recherches entreprises, soit dans les archives de province, soit dans les collections particulières, ne modifieraient pas d'une manière appréciable les résultats acquis à ce jour.

A partir du milieu du xvje siècle, en revanche, les interruptions dans la coiTespondance se font plus rares et certaines d'entre elles pourraient être comblées grâce à des conlributions empruntées à des dépôts non encore explorés. Sans parler des lettres de Henri IV à son ambassadeur aux Ligues Grises, Charles Paschal (1604—1610). conservées à Aarau (collection Zurlauben) et publiées en 1893^) ou des documents français du fonds Dubowski aux archives impériales de St-Pétersbourg, on consulterait avec fruit bien des archives départementales ou communales, ne fût-ce que celles de Dijon, si riches en pièces originales des premières années du xvF siècle, particulièrement sur le siège de la ville par les Suisses en 1513.

C'est de l'Angleterre, toutefois, qu'il y aurait lieu d'espérer les plus précieux compléments. Il suffit pour s'en convaincre de feuilleter les Reports of the royal commission on historical manu^cripts. Certes, toutes les collections privées du Royaume-Uni ne sont point encore inventoriées, ce qui s'explique, dans une certaine mesure, étant donnée l'origine suspecte de quelques-unes d'entre elles, mais les recherches effectuées jusqu'à ce jour sont déjà fort édifiantes. C'est ainsi que dans la seule bibliothèque de Sir Thomas Philipps à Cheltenham, on relève :

mss 3162—3163. Lettres de et au marquis de Cœuvres (depuis maréchal d'Estrées) 1614—1631.

r)iss 3179. Dépêches de M. de Castille, ambassadeur en Suisse. 1611-1613.

mss 3180. Correspondance de M. de Cammartin, ambassadeur ordinaire à Soleure. 1641—1648. 5 vol.

*) Revue d'histoire diplomatique.

Or, ces deux derniers numéros constituent précisément les lacunes les plus apparentes et les plus regrettables du if volume de notre Inventaire.

Si le Gouvernement anglais use en somme de son droit strict en veillant à ce que ces richesses ne passent point à Fétranger par voie de vente ou de restitution, il est assez piquant, on en conviendra, de constater que certains propriétaires de collections connues — et non des moindres — ne résistent point à la tentation de battre monnaie de leurs manuscrits et prélèvent un droit d'entrée souvent important sur les érudits qu'ils admettent à consulter leurs archives.

On a émis plus haut l'opinion que le déficit existant dans la correspondance diplomatique antérieure au règne de François I«* pouvait être considéré comme irrécouvrable. Ce n'est point dire, toutefois, que si les documents eux-mêmes ont disparu, on ne parvienne, à leur défaut, à reconstituer dans une certaine mesure l'histoire des relations officielles entre les deux pays à partir de l'origine de ces relations, soit de l'année 1430. Les comptes de trésorerie, les mémoriaux de la chambre des comptes, les registres du parlement, les dossiers du cabinet des titres à la Bibliothèque nationale, pour ne parler que des textes manuscrits français, les archives suisses où sont conservées les lettres de créance et la correspondance des ambassadeurs avec les Cantons, sont, à cet égard, d'une ressource inestimable. En veut on un exemple? Alors que les seuls documents de l'inventaire, dans leur suscription ou dans leur contenu, font à peine mention de douze ambassadeurs en Suisse pour la période antérieure à 4521 , l'examen des pièces comptables de l'époque et de la correspondance des rois (et de leurs représentants) avec les Ligues a permis de retrouver la trace et de reconstituer l'objet de la mission de vingt envoyés pour le règne de Charles VII, d'une cinquantaine pour celui de Louis XI, d'une quarantaine pour celui de Charles VIII, de près de soixante pour celui de Louis XII et de vingt-deux pendant les six années qui se sont écoulées entre la mort de ce roi et la première ambassade d'Antoine II de Lamet.

L'étude des relations historiques entre la France et la Suisse jusqu'au xviiie siècle est moins aride qu'on ne le suppose généralement. Elle pénètre à maintes reprises dans l'histoire générale et lui emprunte

par instants un intérêt exceptionnel. Elle a séduit des écrivains de mérite: MM. B. de Mandrot (règnes de Charles VII et de Louis XI) et Charles Kohler (partie de celui de Louis XII), M. Hyppolite Aubert s'est occupé des ambassadeurs de Henri III à Soleure et M. Paul Schweizer de quelques années du règne de Louis XIV, Le champ d'exploration est encore vaste, on le voit, et nous nous estimerions heureux d'avoir contribué à y amener de nouveaux travailleurs.

TABLE

DES

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