MOSAÏQUE
autels, les dômes, les coupoles même et les portiques extérieure étaient décorés de mosaïques représentant les sujets de l'Ancien et du Nouveau Testament: l'or y farillailde toutes parts: on avait trouvé le moyen de fixer une feuille d'or sur les cubes en verres. Les pavés, également ornés, figuraient les plus beaux lapis de l'Orient et les plus riches dessins des Arabes, qui, à ce que l'on croit, donnèrent les premières idées de ce genre. Les plus anciennes églises de Rome et de l'Italie renferment des mosaïques de la plus grande beauté, cl de toutes les époques depuis le commencement du christianisme.
La mosaïque fut pratiquée aussi avec succès en France. Forlunal, de Poitiers, parle de mosaïques représentant la vie du saint Hilaire.desaint Martin et de saint Fcrréol, que Félix, évéque de Nantes, fit exécuter dans son église consacrée à saint Pierre et à saint Paul. Grégoire de Tours fuit l'éloge de la magnificence des autels en mosaïque qui ornent l'église de Clermont, bâtie vers le milieu du v° siècle.
Dans le xi e siècle, l'abbé Suger fil exécuter en mosaïque le pavé du rond-point formant l'abside de l'église Saint-Denis ; quelques fragments de ce pavé ont élé recueillis en 1793, lors de la dévastation de cet édifice. Le travail en est grossier ; ce qui prouve qu'à cette époque il y avait fort peu de bons mosaïstes.On citeles belles mosaîquesde l'église d'Ainay, département de l'Allier, et celles de
mosaïque. 125 Sainl-Irénée à Lyon . Il existait aussi de belles mosaïques dans l'abbaye de Saïnt-Remi à Reims.
L'emploi de la mosaïque cessa tout à coup en France.
A Rome, dans le siècle dernier, ce genre de décoration reprît faveur; plusieurs artistes s'en occupèrent, et les papes firent des dépenses considérables pour enenurager les mnsatsles, qui produisirent des ouvrages merveilleux . Ils firent exécuter, de la grandeur des originaux, les plus beaux tableaux de Raphaël au Vatican, et ils les placèrent dans l'église Saint- Pierre, dont ils sont les plus précieux ornements. On y ajouta, dans ces dernières années, la répétition en mosaïque du célèbre tableau du Guerchin, Sainte Pétronïlle. L'art ne saurait aller plus loin. Il y a ici progrès immense dans un genre que nous avons imité des Grecs.
Enfin le gouvernement français, dans l'intention de rivaliser avec Rome en ce mode de peinture, formaàParis, sousleminislèredeChaptnl, une école de mosaïque de jeunes sourds et muets. La direction de celle petite académie fut confiée a M . Belloni, artiste romain . En peu de temps ces jeunes infortunés, dirigés avec habileté, fabriquèrent des mosaïques pour les parures des femmes, qu'on put mettre en parallèle avec celles des fabriques italiennes. Au moment de triompher des difficultés que présente l'exécution des grandes pièces, l'école de Belloni fut supprimée. Plus lard, cette institution a été rétablie ; elle a pris même le