ACTE PREMIER
FALAMBART.
M. Paul Dorigny. Enfin puisque vous ne voulez rien entendre...
PAUL, étonné.
Ah! il s'agit de?...
FALAMBART, ouvrant la porte du fond.
Oui ! Je vous écrirai comme si je ne vous connaissais pas.
..^ Au fait! puisqu'il s'agit de moi... (Haut et arrêtant
Faïambart par le bras.) Tout bien réfléchi, mon cher monsieur Faïambart, vous pouvez parler.
FALAMBART.
Non, non ! Je craindrais de vous désobliger.
PAUL, lui prenant son chapeau qu il dépose sur la chaise près de la table.
Mais non ! mais non !
FALAMBART.
Cependant...
PAUL
Je vous en prie, asseyez- vous là!...
Il le fait asseoir à droite du bureau, sur son chapeau. FALAMBART.
Eh bien, puisque vous insistez, voilà : je suis chargé de vous demander quel(|ues renseignements sur M. Paul Dorigny...
PAUL, allant s asseoir à gauche du bureau.
Comment, des renseignements sur...
FALAMBART.
Oui.
PAUL
Mon cher monsieur Falambart, vous ne pouviez pas mieux tomber! Mais qui vous a chargé?
Vous n'ignorez pas^ sans cloute^ qu'il est question d'un mariage pour lui?
PAUL
En effet, Dorigny n'a pas de secrets pour moi!
FALAMBART.
Eh bien, la jeune fille qu'on désire lui faire épouser, mademoiselle Virginie Bonardet, de Bordeaux, est la fille de mon meilleur ami...
PAUL, à part.
Sapristi! (Haut.) Ah! M. Bonardet est votre meilleur ami?
FALAMBART.
Oui, seulement nous ne nous voyons jamais.
PAUL
,.'■ Ah! tant mieux! (so reprenant.) Tant pis!... tant pis !
FALAMBART.
Lui ne quitte jamais Bordeaux, moi, je ne quitte jamais Paris... Alors, vous comprenez...
PAUL
Oui ! (a part.) Je respire !...
FALAMBART.
Donc, Bonardet m'a écrit, il y a quelques jours, me demandant de me procurer des renseignements sur le compte de son futur gendre. Mademoiselle Virginie Bonardet, fille d'un professeur de phrénologie correspondant d'une Académie, ne peut épouser