‹ Iodoformisme: Accidents consécutifs à l'emploi de l'iodoformeChapitre 19 sur 43 · LANCE · texte numérisé non relu

LANCE

b) Recherche de l'iodate. — Harnack a décrit cette recherche dans son mémoire du 19 novembre 1883. (Berlin. Klin:2Wochens.. n° 147p: 729) Onhiraite l’urine par un excès de carbonate de soude, on l'évapore a siccité et'on calcine. Les cendres sont traitées par l'eau bouillante, on filtre, le résidu est calciné encore avec bi-carbonate de soude et repris par l'eau.

On réunit les liquides filtrés et on dose. Pour doser l'iodure, le principe est le même que pour la recherche des iodures, mais avec des liqueurs titrées. On trouvera la description d'un procédé dans le travail de Cathelineau (Trailé de dermatologie, 16 fév. 1893).

La présence de l'iodate est le témoin de l'intoxication, l'iodure se retrouvant chez la plupart des malades soumis à l'iodoforme.

Nous verrons en effet au chapitre VI qu'Harnack ne tire de conclusions, au sujet de l'intoxication, que d'après la quantité totale d'inde contenue dans l'urine sous forme d'iodure et d'iodo-albuminat.

Peut-on savoir si une urine contient à la fois un iodure et un iodate ? Oui, au moyen de l'acide acétique qui peut déceler des traces d'iodates, au milieu d'iodures.

Ces signes prouvent que l'indoforme a pénétré dans l'économie, et corroborent les symptômes observés en faveur d'une intoxication iodoformée.

Le traitement est le même que dans le chapitre précédent, nous y reviendrons plus longuement dans le quatrième. Il faut laver la plaie avec soin, mettre au besoin un cataplasme pour enlever le restant d'iodoforme ; purger et donner du bicarbonate de soude.

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Notons toutefois que si l'éruption peut apparaitre

dès l'application de l'iodoforme, elle ne disparait pas

dès sa disparition de la plaie, et persiste encore quelques

jours en s’atténuant, car il faut que ce que l'économie a absorbé soit éliminé, et cette élimination est lente.

Voici trois observations d'éruption scarlatiniforme :

OBSERVATION XIX (Personnelle).

Guill.. Alphonsine, femme, 24 ans.

Le 27 février 1803, on lui ouvre un vaste abces tuberculeux du poignet gauche, remontant aussi à l’avant-bras, et on bourre cetre cavité de gaze iodoformée forte, sans le moindre accident.

Le 10 juin, on lui enlève tous les os du carpe, ainsi que l’'extrémité inférieure du radius et du cubitus. On bourre cette cavitc de mèches de gaze iodoformée, sans qu’il en résulte le moindre inconvénient. Cette intervention démontre la nécessité d’amputer Pavant-bras.

Le 20 juin, il faut faire lamputation de l’avant-bras.

On panse à l'iodoforme et on en met un peu dans la plaie avant la réunion.

Le soir même, sans qu’il y ait de phénomènes appréciables du côté de la plaie, la température de la malade monte à 40° 1/10. Elle souffre un peu de la gorge et présente, en effet, une légère rougeur des amygdales et du pharynx.

Le lendemain matin, elle avait 380 4/10 et présentait une rougeur généralisée. Cette éruption était plus accentuée au niveau des plis de flexion à l’aisselle, au coude, à l’aine. Il y avait des intervalles de peau saine. La rougeur était pâle et plus accentuée à certains moments.

Etat général peu en rapport avec ces phénomènes graves. Le Soir, 40° 2/10.

Le lendemain, 39° 4/10. On la faisait passer à Aubervilliers comme scarlatine, c'était le 22 juin. Là, le diagnostic de scarlatine ne fut pas porté et, le 25, l’éruption avait disparu complètement,

La malade est actuellement très bien portante.

Nous avons recherché dans ses antécédents la scarlatine, elle n'a pu nous renseigner exactement.

Ainsi donc, tant que cette malade n’a eu que des cavités tuberculeuses d’absorption il n'y a pas eu d’accidents; et dès que l’iodoforme a été déposé sur une plaie fraiche d'amputation les accidents ont apparu.

OBSERVATION XX (Personnelle).

Rouss.. Marguerite, fillette de 9 ans, entre à l’hôpital le 11 juillet 1893 pour un abcès froid thoracique. Elle offre, en outre, une coxalgie droite, avec Juxation et abcès.

Dans ses antécédents, nous notons une rougeole.

Le 15 juillet 1693, on ouvre son abcès froid et on bourre la cavité de gaze iodoformée, très chargée d’iodoforme. Le pansement est renouvelé ainsi souvent, sans aucun accident, jusqu’au 6 septembre. La plaie était alors bien bourgeonnante.

Le 6 septembre, on renouvelle le pansement.

Le 7 septembre, au matin, elle est moins gaie et a des vomissements bilieux.

Le soir, brusquement, température de 40° 6/10.

Dans la journée, elle offre l’éruption qui a d'emblée toute son étendue et toute sa coloration. ;

L’éruption est étendue à tout le corps, mais il y a par ci par là des intervalles de peau saine. A la figure : le menton, le pourtour du nez et des lèvres sont respectés. L'éruption présente une teinte pâle, elle est d’un rouge pâle et non rouge lie de

A vin, comme dans la scarlatine. Elle a des alternatives de coloration et de décoloration s’atténuant beaucoup à certains moments pour se foncer à d’autres.

En examinant de près une Zone d’éruption, on constate une série de points rouges entourés d’une zone plus claire; ces zones se touchant et leur réunion formant les placards que séparent des intervalles de peau saine. Cette rougeur s’efface à la pression du doigt.

C’est un type scarlatiniforme. On peut suivre la courbe thermique sur le tracé ci-joint.

Léoère rougeur du pharynx et des amygdales, sans douleur à la déglutition. Pas de ganglions sous-maxillaires. Pas de coryza ni de toux, ni de larmoiement. Epreuve de Pargent positive.

Le 8, purge saline et eau de Vichy. On change le pansement et on met du salol. L’éruption s'efface peu à peu, la fièvre tombe. On continue le salol, on la purge de nouveau.

Le 10, tout a disparu.

Le 13, on la panse de nouveau à l’iodoforme. Il y a huit jours qu'elle est repansée à l’iodoforme, sans accident, mais on trouve encore au niveau du deltoïde et sur quelques points du corps une légère desquamation furfuracée.

Il n’y a eu que très peu de phénomènes généraux.

Sommeil très bon, pas d’agitation.

En octobre, on lui a fait la résection de la hanche, en laissant dans la cavité des mèches iodoformées, sans accident.

Il paraît aussi y avoir eu une influence cosmique manifeste ; c'était un moment de violentes chaleurs, et dans la même salle, l'enfant qui fait l'objet de l'observaticn suivante, pansée depuis longtemps à l’iodoforme sans avoir jamais eu d’éruption, présenta le surlendemain une éruption fugace avec élévation thermique.

Toutes les deux purent être quelques jours après pansées de nouveau à l'iodoforme sans phénomène particulier.

OBSERVATION XXT ipersonnelle).

AIl.,. Juliette, 9 ans.

Entrée à lhpitai le 3 novembre 1802. Le 5 novembre on lui fait une tarsectomie avec flambage de la cavité au chalumeau. on bourre cette cavité de waze iodoformée. Ce pansement est con- tinué jusqu’au 9 septembre 1893.

Brusquement, T. de 39‘6/10, et éruption généralisée sur tout le corps.

On la purge, on met du salol. L’éruption décroît et disparaît en trois Jours.

Peu de phénomènes généraux ; quelques vomissements au début.

C'est un type scarlatiniforme, avec éruption plus pâle que la scarlatine, sans rien à la gorge et avec alternative de pâleur dans l’éruption,

(roût mauvais dans la bouche.

Depuis'on la repanse à l’iodoforme sans accident.

L'éruption suivante offrit un type de rougeole. Une influence cosmique peut aussi être incriminée. C'était aux premiers jours de pluies, à la fin de la belle saison. En même temps, se produisit dans la même salle l'éruption citée à l'observation X.

OBSERVATION XXII (personnelle).

Four... Auguste, âgé de 9 ans ; n’a jamais eu de fièvre éruptive et n’a jamais été pansé à l’iodoforme.

Le 11 septembre 1893, on lui fait la ténotomie du tendon d'Achille; sur la petite plaie on applique de la poudre d’iodoforme, et le membre est mis dans un appareil en plâtre La température reste normale jusqu’au 26 septembre.

Après une nuit très calme l'enfant constate à son réveil une éruption gènéralisée dè tout le corps. La température au matin fut de 37 8/10 et de 38 8/10 le soir. Le malade accusait en outre un léger mal dé gorge. Il avait en effet la langue rouge, ainsi que la gorge et le pharynx. Une pièce d'argent mise sur sa langue prenait l’odeur d'ail.

L’éruption ne respectait que la figure, mais sur le corps il y avait beaucoup d’intervalles de peau saine. Les éléments éruptifs, par leur agglomération ne formaient de placards que dans le dos et au pli de l’aine. Le scrotum était d'un rouge uniforme. Sur le reste du tégument les éléments étaient isolés. Ils consistaient en papules rouges, grosses comme des têtes d’épingle, surmontées d’une petite vésicule.

En retirant le plâtre, on put voir que sous l'appareil les éléments avaient été encore plns discrets et plus pâles que sur le reste du corps. La plaie était presque fermée. Il n’y avait pas d'irritation locale.

Ceïte éruption disparut très vite, le malade étant purgé et prenant de l’eau de Vichy.

OBSERVATION XXII, due à M. Hudelo. {Société de dermatologie, 16 février 1893).

M. B..., cuisinière, 33 ans, salle Henri IV, 7 novembre 1891.

Ulcèrce variqueux à la partie inférieure de la face interne de la jambe droite, entouré d’un placard rectangulaire eczémateux.

Le 16 novembre 1891 on saupoudre d’iodoforme l'ulcère et le placard eczémateux.

Dans la journée, la malade n’éprouve rien de spécial, le soir elle ressent des démangeaisons assez vives, non seulement au niveau de la plaie mais en dessus, au niveau de la cuisse où elle remarque quelques taches rougeûtres.

Le 17, le prurit gagne le ventre, mais l'éruption reste limitée à la cuisse droite.

A la fin de la journée, l'éruption gagne le ventre, et dans la nuit, elle envahit le thorax, le cou et le dos. Les lésions ont été prurigineuses surtout la nuit.

La malade a ressenti de la fièvre, du malaise, au point qu'elle a perdu connaissance vers midi, ne sentant pas de fièvre à ce moment.

Le 18, l’éruption a envahi les bras, eile occupe tout le eorps, sauf le visage. Elle présente une confluence particulière à la face interne de la cuisse gauche, au niveau des fesses, des lombes, sur la partie latérale droite du thorax, mais en somme elle est généralisée même aux mains et aux pieds.

. Toutes les lésions sont prurigineuses et le prurit ne semble pas nettement précéder l'apparition de l’exanthème, il s'accentue au fur et à mesure que celui ci s’accentue lui-même.

L’éruption est exclusivement cutanée et respecte les muqueuses. |

Elle se présente avec les caractères objectifs suivants :

Là où l'éruption est confluente, on note des placards assez étendus, à contour irrégulier ; ils présentent une coloration vive,

plus rose que roux:, moins cramoisie que la teinte de l'Cruption scarlatineuse, l'éruption disparaît en partie seulement par la pression.

Ces placards sont purement érythémateux; on ne perçoit aucun relief, aucune vésiculation superficielle; la peau pincée entre les doigts n’est pas épaissie.

Les grands placards sont continus, sans interstice de peau saine sur leur territoire ; ce n’est qu'à leur périphérie que lon note au milieu de leur contour inégal une alternance de plaques de peau saine et de peau rouge. C'est ce qu'on voit sur la cuisse sauche.

Sur d'autres placards (partie latérale droite du thorax) on voit nettement que le placard est formé par l'agrégation de taches plus petites. de dimensicns très inégales, tantôt confluentes, tantôt séparées par des intervalles de peau saine.

En dehors de ces placards, l'éruption se présente sous forme de taches de dimensions des plus variables, les une, presque régulièrement arrondies, du diamètre d’une lentille, les autres plus grandes et sans formes régulières. 'foutes ont les mêmes caractères éruptifs ; rougeur vive, rosée, plutôt que rouge, absence d'infiltration de la peau et de relief, absence de vésiculation ou de pustulation, prurit intense.

Nous sommes donc en présence d’un érythème pur généralisé, aigu, prurigineux, à coloration particulièrement vive, sans relief, sans régularité de contour, apparu après des symptômes morbides de l’état général (malaise, frissonnements, fièvre), en dehors de toute ingestion alimentaire suspecte, sans applications médicamenteuse à la surface de la peau, sauf les deux pansements à l’iodoforme en ce point limité de la jambe droite où siégeait l'ulcération variqueuse du diamètre d’une pièce de cinq francs.

On retreuve de l’iode dans l’urine. Donc : roséole iodoforformique par absorption du médicament au niveau de la plaie.

A midi, l’éruption semble en voie de diminution, pas de nouveaux placards, disparition partielle des placards des bras.

Purgation, bromure de potassium, 2 grammes. Cessation de

l'iodoforme, pansement avec poudre de bismuth sur la jamb”,

Température : 3702, 37°4.

Le 19, l’éruption gagne, elle s'étend à la partie latérale droite du thorax, les avant-bras (face palmaire), le dos des mains. Elle reste absolument érythémateuse, sans papules ni infiltration dermique, sans squames.

Prurit intense.

Température : 3708, 37°3.

Le 20, érythème diffus sur les deux membres inférieurs, la région lombaire des deux côtés. Nouveaux placards sur la face antérieure du thorax (grand placard à contours irréguli:rs).

Eléments nouveaux confluents mais isolés sur la partie latérale du thorax jusqu’à l'épaule, à la partie postérieure du cou, le dos des pieds, 2 à 3 éléments sur la face. Les éléments des avant bras tendent à former des placards.

Les placards anciens restent érythémateux, sans relief, mais prennent une teinte saumonée.

Les nouveaux éléments, d'un rose vif, présentent un certain degré d'infiltration et de relief. Nulle part on ne note de vésiculation ni de desquamation.

Température : 37°2. Prurit intense.

Le 21, l'éruption est presque généralisée ; elle atteint aujourd’hui le dos des mains, le dos des pieds, la face.

Sur ces points, les lésions récentes prennent l'aspect de petites papules, très faiblement saillantes, reposant sur le fond général, d’un rose vif.

Les placards les plus anciens (lombes) restent absolument sans relief et ont pris une coloration saumonée.

Sur la partie droite du thorax, l'éruption a pris le caractère papuleux ou mieux, érythémato-papuleux.

Etat général très bon, sauf le prurit, qui détermine ce l’insomnie.

Le 23, l'éruption pâlit au niveau des placards anciens (cuisses, avant-bras, lombes) et même des autres plus récents (thorax) ; l'érythème prend une teinte jaunâtre, sur les cuisses et le thorax,

on note un grand nombre d'éléments un peu saillants, arrondis, donnant un peu l’impression des.éléments de la rougeole.

Le prurit est également bien moindre à ce niveau. Sur le dos des pieds et des mains, tout a-pâli également (fond érythémateux, aussi bien qu'éléments papuleux).

Sur quelques points (dos des avant-bras, abdomen\, on note aujourd'hui 15 à 20 éléments nouveaux, ces éléments forment des papules rouges, du volume d’un grain de mil, à base indurée, à sommet acuminé et présentant une vésico pustule à poil central. C’est donc pour la première fois que nous notons un début de vésiculation.

La malade se plaint d’avoir la bouche en feu, la langue est un peu rouge. pas d’érythème net des lèvres ou de la face interne des joues.

Le 25, on note au niveau de la face antérieure des coudes, sur les deux fesses, la région lombaire, une desquamation furfuracée; de plus, la rainure interfessière est le siège d’un suintement léger.

Dans les autres points, au cou, à la face antérieure du thorax, la desquamation est très peu marquée.

L’éruption primitive a partout pâli; au niveau des fesses et des lombes, elle a perdu sa rougeur scarlatiniforme.

On ne note pas d'éléments éruptifs nouveaux.

Le prurit persiste, mais notablement calmé.

Le 26, la desquamation augmente, elle est furfuracée, sèche, sans aucun suintement, sauf entre les fesses.

On note sur le pied droit et sur le dos du pied gauche 8 ou 9 éléments absolument pustuleux, résultant nettement d’inoculations parties évidemment de l’ulcère de la jambe droite, mais qui n’ont aucun rapport avec l’éruption actuelle.

L’ulcère est en voie de guérison.

Le 20, plus de rougeur nette, desquamation persistante. La malade n’a eu à aucun moment le goût d’iodoforme dans la bouche.

OBSERVATION XXIV (Dr Fourquet).

X..., 32 ans, a eu un abcès de la rate à la suite de la variole. Le 4 mars 1892, on retire de la rate par une ponction 560 gr. de pus bien lié et l’on injecte de la glycérine.

Le 15 mars, comme il n'y a pas eu d’accident, on retire 750 grammes de pus, et on fait une nouvelle injection intrasplénique de glycérine iodoformée.

Le 18 mars, la malade est prise de vertiges, la T. est de 3808, le pouls est à 130 pulsations ; la région splénique n'offre rien de particulier.

Le 19, dans la nuit,la malade a eu un délire violent, suivi de prostration d’où elle ne sortait que pour verser d’abondantcs larmes sur la mort de son mari et de ses enfants qui étaient auprès d’elle.

Le 20, on constate une éruption scarlatiniforme sur le cou, la face et le tronc.

Dès le 21 cette éruption s’atténue.

Le 27 mars, on refait une injection de glycérine iodoformée dans la rate,

Les mêmes symptômes généraux se renouvellent, et le 30 mars une nouvelle éruption érythémateuse apparaît sur tout le COTPS.

Finalement on ouvrit et draina l’abcès qui guérit.

OASERVATION XXV, due à M. Vanheuverswyn.

Joséphine Spr..., 16 ans, a une synovite fongueuse des péroniers latéraux de la jambe droite.

Le 16 mai 1887, on enfonce la pointe fine du thermo-cautère vingt fois environ jusqu’à ure profondeur de 7 à 8 millimètres, au niveau du trajet des gaines synoviales intéressées, et on

applique un appareil silicaté, après avoir saupoudré les piqûres avec de l’odoforme en paillettes.

Le lendemain 17 mai, après midi, on constate une éruption occupant les mains, les avant-bras, la région interne des bras, le front, le dos, et formées de taches rosées, surélevées, arrondies. Elles disparaissent à la pression. Elles ont diverses grandeurs. depuis la dimension d’une tête d'épingle jusqu’à celle d’une lentille ou d’un pois. Il existe aussi des plaques irrégulières, en languettes, en fer à cheval. Prurit, mais pas de phénomènes généraux.

Le 18 mai, l'éruption pâlit. Sur la langue sont deux petites ulcérations. L’éruption se fait par poussées successives, car on constate sur le ventre quelques boutons surélevés,

Le 01, l’éruption a disparu complètement.

OBSERVATION XXVI, due à Koster-Syke.

Cet auteur raconte sa propre expérience. Après avoir manipulé des préparations d'iodoforme, il éprouva peu de temps après une vive démangeaison sur tout le corps, accompagnée d’élévation de la température. Pendant la nuit, la face et les mains jusqu'aux coudes devinrent rouges et le siège de larges bulles. Le gonflement de la face était si grand que les yeux demeurèrent fermés pendant trois ou quatre jours. Il cessa pendant longtemps l’omploi de l’iodoforme. Mais un jour qu’il fut obligé de réprendre l’emploi de cette poudre, il éprouva de nouveau les mêmes phénomènes, bien qu’il eût préservé ses mains du contact de l’iodoforme par l'emploi de gants.

OBSERVATION XXVII. Hoëpf.

Femme de 37 ans; amputation du sein, 10 grammes de gaze iodoformée : symptômes généraux, avec troubles psychiques ;

apparition d'un exanthème sur toute la surface du corps. LA mort arriva le trentième jour ; à l’autopsie, dégénérescence du cœur, du foie, des reins.

Voici maintenant quelques observations de purpura iodoformique.

OBSERVATION, XKXNVIIT. Janowsky,

congrès de Copenhague, 1884.

Une jeune fille de 16 ans souffrait depuis l'âge de 6 ans d’un lupus situé au côté externe de la cuisse droite, immèdiatement au dessous du trochanter. Autour d'un centre elliptique, formé par un groupe d'infiltration de lupus, étaient établis de petits foyers de la grosseur d’une lentille, séparés entre eux par un tissu sain, enfermant semi-circulairement la néoplasie centrale. Il existait un engorgement ganglionnaire à l’aine du côté droit. On racle les parties centrales, on scarifie les nodules périphériques. Application d’un pansement typique à l’iodoforme. La malade un peu nerveuse, névropatique (le père était mort d’une sclérose de l’encéphale, la mère était hystérique), se porta très bien. On change le pansement le troisième jour, la plaie présente une multitude de points violets, de la grosseur d’une tête d’épingle, çà et là confluents, s’étendant jusqu’à la partie externe de la jambe, et à l’hypogastre droit. Pas de malaise ni de symptômes généraux. Les jours suivants, de nouveaux points se développént, et forment par leur réunion de grandes taches ecchymotiques. Ces taches occupent la face interne des jambes, les fesses, les côtés latéraux du thorax et la face postérieure de la jambe droite. Pas de douleurs articulaires, pas d’épistaxis, pas d'hémorrhagies gingivales, ou autres symptômes scorbutiques. pour expiiquer ce purpura. En raison de la localisation de la

LR Fel

maladie et de l’absense de symptômes généraux, on porte le diagnostic d’exanthème iodoformique.

La suspension du traitement amène la disparition du purpura La plaie marche à cicatrisation : on renouvelle le pansement à l’iodoforme, et une nouvelle éruption de petites taches de purpura se reproduit.

OBSERVATION XXIX. Bourdette (th. Paris, 1893, p. 36).

Homme, 63 ans, entre à l’hôpital le 3 novembre 1892 pour une fistule tuberculeuse de la partie supérieure de la cuisse droite. Il est très amaigri. On ouvre l’abcès, et on le panse à l’iodoforme jusqu’au 17 décembre.

17 décembre. — Le malade s’est plaint pendant la nuit précé dente, parlant à haute voix, se tournant et se retournant sur son lit. L'état de la plaie n’a pas changé, mais on remarque aux membres inférieurs des taches de purpura en assez grand nombre variant du rouge vif au rouge bleuâtre. La température donne le matin 3704, le soir 38°5. Le pouls bat 96 pulsations. L’appétit a sensiblement diminué. Le malade répond difficilement aux questions qu’on lui pose, se plaint de ne pas y voir par moments, d’avoir des bourdonnements dans les oreilles et un violent mal de tête. +

18 décembre. — Même état, céphalée persistante. Les taches de purpura, aussi nombreuses, sont de couleur plus sombre que la veille. Température 3805, pouls 97.

23 décembre. — Le même traitement a été continué, de nouveaux phénomènes ont apparu. Le malade assez calme la veille a déliré pendant toute la nuit parlant à haute voix de ses occupa. tions à des amis qu'il croyait autour de lui. Le matin, le malade semble ne pas entendre les questions qu’on lui pose et porte fréquemment les mains à la tête. Les traits du visage sont tirés. Il a des envies fréquentes de vomir et un peu de diarrhée. On remarque de plus de nouvelles taches de purpura aux deux

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