‹ Iphigénie en Aulide; tragédie en cinq actes. With grammatical and explanatory notesChapitre 52 sur 67 · ACTE V, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE

La mort seule, la mort pourra rompre les uœudt Dont mes bras nous vont joindre et lier toute» deux ; Mon corps sera plutôt séparé de mon âme, Que je souffre jamais.... Ah, ma fille!

IPHIGï^NIK.

Ah, madame !

Sous quel astre cruel avez-vous mis au jour Le malheureux ot)jet d'une si tendre amour l Mais que pouvez-vous faire en l'état où nous soinraesT Vous avez à combattre et les dieux et les hommes. Contre un peuple en fureur vous exposerez-vous? N'allez point, dans un camp rebelle à votre époux, Seule à me retenir vainement obstinée, Par des soldats peut-être indignement traînée, Présenter, pour tout fruit d'un déplorable effort. Un spectacle à mes yeux plus cruel que la mort. Allez : laissez aux Grecs achever leur ouvrage , Et quittez pour jamais un malheureux rivage ; Du bûcher qui m'attend, trop voisin de ces lieux, La flamme de trop près viendroit frapper vos yeux. Surtout, si vous m'aimez, par cet amour de mère, Ne reprochez jamais mon trépas à mon père.

CLYTEMNESTRE

Luil par qui votre cœur k Galchas présenté....

Pour me rendre à vos pleurs que n'a-t-il point tenté?

CLYTEMNE5TRE.

Par quelle trahison le cruel m'a déçue!

Il me cédoit aux dieux, dont il m'avoit reçue. Ma mort n'emporte pas tout le fruit de vos feux : De l'amour qui vous joint vous avez d'autres nœuds: Vos yeux me reverront dans Oreste mon frère. Puisse-t-il être, hélas! moins funeste à sa mère! D'un peuple impatient vous entendez la voix. Daignez m'ouvrir vos bras pour la dernière fois, Madame; et rappelant votre vertu sublime .• Eurybate, à Tau tel, conduisez la victime.

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