‹ Iphigénie en TaurideChapitre 10 sur 31 · ACTE DEUXIÈME. il · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME. il

PYLAD E.

Que dis-tu? Qcel est ce remord?

Quel nouveau crime enfin?

ORESTE

Je t'ai donné la mort.

Ce n'était pas assez que ma main meurtrière Eût plongé le poignard dans le cœur d'une mère, Les Dieux me réservaient pour un forfait nouveau : Je n'avais qu'un ami, je deviens son bourreau. Dieux! qui me poursuivez; Dieux! auteurs de mes crimes. De l'enfer, sous mes pas, entrouvrez les abîmes! Ses supplices pour moi seront encor trop doux! J'ai trahi l'amitié, j'ai trahi la nature, Des plus noirs attentats j'ai comblé la mesure : Dieux! frappez le coupable et justifiez-vous.

PYLADE

Quel langage accablant pour un ami qui t'aime! Reviens à toi ; mourons dignes de nous :

Cesse, dans ta fureur extrême, D'outrager et les Dieux, et Pytade, et toi-même.

Si le trépas nous est inévitable, Quelle vaine terreur te fait pâlir pour moi?

Je ne suis pas si misérable,

Puisqu'enfin je meurs près de toi.

Unis dès la plus tendre enfance,

Nous n'avions qu'un même désir;

Ah! mon cœur applaudit d'avance

Au coup qui va nous réunir;

Le sort nous fait périr ensemble,

N'en accuse point la rigueur :

La mort même est une faveur,

Puisque le tombeau nous rassemble.

11 IPHIGÉiNiE EN TAURIDE.

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