ACTE I. SCÈNE IV
Il en croit mes transports ; et sans presque m’entendre,
Il vient en m’embrassant de m’accepter pour gendre.
Il ne m’a dit qu’un mot. Mais vous a-t-il conté Quel bonheur dans le camp vous avez apporté? Les dieux vont s’apaiser: du moins Calchas publie Qu’avec eux, dans une heure, il nous réconcilie; Que Neptune et les vents, prêts à nous exaucer N’attendent que le sang que sa main va verser. Déjà dans les vaisseaux la voile1) se déploie;
Déjà sur sa parole ils se tournent vers Troie.
Pour moi, quoique le ciel, au gré de mon amour, Dût encore des vents retarder le retour,
Que je quitte à regret la rive fortunée Où je vais allumer les flambeaux d’hyménée;
Puis je ne point chérir l’heureuse occasion D’aller du sang troyen sceller2) notre union,
Et de laisser bientôt, sous Troie ensevelie,
Le déshonneur, d’un nom à qui le mien s’allie?