‹ Iphigenie (volume 2)Chapitre 30 sur 59 · Scène VI · texte numérisé non relu

Scène VI

ACHILLE

Madame, je me tais, et demeure immobile.

Est-ce à moi que l’on parle? et connait-on Achille? Une mère pour vous croit dèvoir me prier!

Une reine à mes pieds se vient humilier!

Et, me déshonorant par d’injustes alarmes,

Pour attendrir mon cœur on a recours aux larmes ! Qui doit prendre à vos jours plus d’intérêt que moi? Ah ! sans doute, on s’en peut reposer sur ma foi. L’outrage2) me regarde; et, quoiqu’on entreprenne, Je réponds d’une vie où j’attache la mienne.

Mais ma juste douleur va plus loin m’engager: C’est peu de vous défendre, et je cours vous venger, Et punir à la fois le cruel stratagème3)

Qui s’ose de mon nom armer contre vous-même.

Ah! demeurez, seigneur, et daignez m’écouter.

ACHILLE

Quoi! madame, un barbare osera m’insulter!

Il voit que de sa sœur je cours venger l’outrage; Il sait que le premier lui donnant mon suffrage, Je le fis nommer chef de vingt rois, ses rivaux, Et, pour fruit de mes soins, pour fruit de mes

travaux,

Pour tout le prix enfin d’une illustre victoire Qui le doit enrichir, venger, combler de gloire, Content et glorieux du nom de votre époux,

Je ne lui demandais que l’honneur d’être à vous: 1) opfern. 2) Sieleibigiuig. 3) Sifl.

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