‹ Iphigénie: tragédie en cinq actesChapitre 14 sur 62 · LE MESSAGER · texte numérisé non relu

LE MESSAGER

Messager diligent et zélé serviteur, J'accours, Agamemnon, pour réjouir ton cœur.

Le destin me choisit afin que je t'apprenne Qu'il te rend dans Âuiis les charmes de Mycène. Celui de tes enfants que tu chéris le mieux, Ta fille Iphigénie approche de ces lieux; Sa mère l'accompagne, et même il ne te reste En cet aimable jour plus rien à souhaiter,

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Puisque tu vas revoir ton jeune fils Oreste.

Il te faut cependant un peu patienter :

Car, ressentant Teffet d'une trop longue course, Sous une ombre légère, au bord frais d'une source, Ta famille à présent se donne du repos, Et sa suite a/ec elle, et les quatre chevaux Du char, libres du joug, paissent dans la prairie. Que les grands d'ici-bas ont une heureuse vie t Entre tous les mortels honorés, glorieux, Gomme un feu dans la nuit ils attirent les veux. La foule des soldats, ô Roi, déjà se presse, Avide d'admirer notre belle princesse.

Apprends que ton dessein, que tu celais si bien, Fait partout le sujet d'un constant entretien ; Le bruit est répandu du prochain hyménée, Mais on ignore à qui ta fille est destinée, Et chacun sans tarder veut connaître le nom De celui qui sera gendre d'Agamemnon.

Allons, allons, ô Roi, nous couronner la tête De feuilles et de fleurs ; il est temps qu'on apprête

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