SCÈNE PREMIÈRE
LE CHŒUR
Heureux celui qui, retenu Dans la pudeur et la mesure, En aimant n^a jamais connu Qu^un bonheur qui paisible dure.
Éros au visage charmant] De son arc deux traits jumeaux tire :
Le premier blesse doucement, L'autre cause un afFreux délire .
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Si Tarcher cruel t'obéit, Gomme enfant soumis à sa mère, Veuille détourner de mon lit, Cypris, cette flèche amèrel
De Topprobre garde mon cœur Et qu'un beau renom je mérite; Que je connaisse ta douceur, Mais non ta fureur, Aphrodite 1
O Paris aux cheveux d'or, Ah 1 que n'es-tu pas encor Bouvier de génisses blanches I Près des sources, sous les branches.
Que n'es-tu pas occupé Du matin au soir à faire Résonner comme naguère Un roseau par toi coupé I Mais le destin qui nous mène A voulu que cette Hélène,
ACTB II 55
Dans tes yeux prenant l'amour, Sût t'en frapper à son tour, Et c'est votre perfidie, Paris, qui de furie Tous les esprits a troublés, / Elle qui contre Pergame
Arme du fer, de la flamme, Tous les rois grecs assemblés.
Frappés d'un frêne dur au travers de l'armure, Autant que vos rivaux troyens.
Princes infortunés, vous serez la pâture
Des vautours, des corbeaux, des chiens.
Pourtant le plus à plaindre est le roi de Mycène : Quel crime il concède à regret !
Mais nous l'avons promis, femmes, devant la reine, Ne trahissons pas son secret...
Au détour du chemin, voyez, voyez paraître
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I Ce beau char aux brillants essieux:
II C'est la reine et sa fille, on peut les reconnaitre
!| A leurs vêtements précieux.
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Ilr
(Le char parait sur la scène.)
Noble reine d'Argos, et toi, belle princesse, Ce que la vie a de plus doux,
Déjà vous le goûtez: Zeus veuille que sans cesse De beaux jours se lèvent pour vous.