ACTE IV
AGAMEMNON
D^où vient, d*où vient cela? Quoil toutes deux de mêmel Quoi I toutes deux d'accord montrer ce trouble extrême 1
CLYTEMNESTRE
Apaise, si tu peux, ma crainte et ma terreur.
AGAMEMNON
Que veux-tu dire ? Hélas ! tu me remplis d'horreur 1
CLYTEMNESTRE
Vas-tu tuer ta fille?
AGAMEMNON Ah 1 quel soupçon ! Ah I cesse !
Ne parle pas ainsi.
N'as-tu fait la promesse
ia8 iPHioiioB
De regorger ?
AGAMEMNON Grands dieux 1 CLYTEMNESTRE
De la sacrifier?
AllonSy ose répondre et te justifier.
AGAMEMNON
Parques, dieux infernaux, 6 destin redoutable, O toi, d^Agamemnon génie inexorable I
CLYTEMNESTRE
Ce génie est le mien et le sien à la fois :
Il est inexorable et nous perd tous les trois.
AGAMEMNON Mais quel tort t'ai-je fait ?
AGTB lY 129
CLYTEMNESTRE
Eh quoi,nier encore 1 Malheureux, tu le sais plus que je ne Pignore.
|!> Mes secrets sont trahis.
CLYTEMNESTRE
On m^a tout révélé Et ta confusion ne laisse rien celé.
[ Va, tais-loi.
AGAMEMNON
Je me tais, car, au malheur, qui songe p A joindre vainement la honte du mensonge ?
CLYTEMNESTRE
C'est bien, Agamemnon ; il me faut te parler
présent sans détour: je veux te rappeler u'à mon premier époux insolemment ravie e force et malgré moi j'ai partagé ta vie.
e souvient-il qu'alors mes deux frères jumeaux, e Castor, ce PoUux, brillants sur leurs chevaux, e ton audace outrés t'ont déclaré la guerre t tu ffùllis périr? Mais Tyndare, mon père, ue tu vins supplier, te conserva le jour; [ème il sut à la fin te gagner mon amour, 'ai-je depuis ce temps donné sujet de plainte? ontent dans ta maison et la quittant sans crainte, rès de moi, ton ennui se soulageait encor.
ne femme modeste est un rare trésor; Ile obéit toujours et jamais n'importune; lais la méchante femme est chose plus commune, h I pour tout cet excès de zèle et de douceur, our tous mes tendres soins, tu me perces le cœur, t je verrai ma allé, ainsi qu'une génisse, aignersous le couteau de l'affreux sacrifice, onge, songes-y bien; écoute, Agamemnon;
ACTB IV l3l