‹ Iphigénie: tragédie en cinq actesChapitre 55 sur 62 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LE CHŒUR

UNE CHOREUTE

Devant les rois muets et le peuple étonné S'approche de Tautel, dans la sainte prairie, Avec un cœur content et le front couronné, CeUe qui va mourir pour venger sa patrie.

UNE AUTRE

Celle qui va mourir, offrande à son pays.

i66 iPHiaéNiB

A reçu pour parer sa beauté virginale,

Des plus charmantes fleurs les nœuds épanouis,

Et la main de son père a versé Teau lustrale.

UNE AUTRE

vierge, gloire à toi, qui marches sans tremb 1er ! Artémis cessera de nous être opposée, Quand le prêtre aura fait sous le fer ruisseler Des veines de ton corps la sanglante rosée.

UNE AUTRE

toi qui, sans pleurer ton âge florissant, Sur le terrible autel, d'un pied ferme, t'avances. Pour abattre Ilion, les gouttes de ton sang.

Noble vierge, seront plus fortes que les lances.

UNE AUTRE

Gloire à toi, gloire à toi, fille d'Agamemnon 1

l68 IPHIGENIB

Et te salue encore, Artémis, ArtémisI

UNE CHOREUTE Je vois des boucliers au grand soleil reluire.

UNE AUTRE

Je vois de clairs rameaux bercés par le zéphire.

UNE AUTRE

Dans l'air et sur la mer, quelle éclatante paix I

UNE AUTRE

La nature sourit aux malheurs, aux forfaits.

UNE AUTRE

Autour du temple règne un silence terrible I

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