‹ Irène;Chapitre 2 sur 37 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

TÉRÉZINE, descendant, par l'escalier au fond, de la galerie du premier étage; M. DE BRIENNE ET IRENE, assis à droite près de la table. Des domestiques attendent derrière eux, tenant des malles et des carions.

a. de brienne, s'adressanl à Tcrêzine.

Eh bien ! madame l'aubergiste, qu'est-ce que ma sœur a définitivement choisi?

TÉRÉZINE.

Elle s'est décidée pour le numéro au bout de cette galerie, {Montrant celle du premier étage.) la dernière chambre vacante, un appartement charmant.

M. de brienne, brusquement.

Parbleu ! Ils le sont tous !

TÉRÉZINE.

Comme vous dites, monsieur, à la Croix d'Or, à Toulon... toutes les chambres sont commodes, les lits élégants, la cuisine idem... et moi et mon mari, M. Jaquemart...

M. DE brienne, l'interrompant.

C'est bien !... [Aux domestiques qui se tiennent au fond.) Portez ces malles et ces carions chez madame la marquise ma sœur... au numéro 8. (Les domestiques, portent les malles et les cartons, montent l'escalier à droite, traversent la galerie du fond au premier étage et disparaissent parla gauche). térézine, à M. de Brienne.

Ces dames y seront à merveille! Ce sont les chambres que tout le monde me demande, parce qu'elles donnent sur une grande terrasse par laquelle on descend dans notre jardin I Des bosquets d'orangers et de citronniers! sans compter que de la terrasse on aperçoit la pleine mer, la rade de Toulon... Rien que cela ! M. DE brienne, avec impatience.

C'est bien!...

TÉRÊZINE.

Et l'escadre sur le point d'appareiller! on n'attend plus que le commandant qui descend toujours chez nous! IRÈNE, souriant.

En vérité 1

M. de brienne, avec humeur.

Cela suffit!... Ma sœur vient-elle souper?

térêzine, «e frappant le front.

Ali ! j'oubliais!... elle m'a chargée de vous dire qu'elle n'a pas faim, qu'elle est fatiguée et quelle a des lettres à écrire avant de se coucher.

ai. de brienne, brusquement.

Comme elle voudra!... mais ma fille et moi, nous soupons! n'est-ce pas, Irène?

Oui, mon père ! Ne fût-ce que pour vous tenir compagnie en l'absence de ma tante 1

TÉRÊZINE.

Ce sera prêt dans un instant. (Présentant un registre à M. de Brienne.) Si monsieur voulait s'inscrire sur le registre des voyageurs?... Cela nous est prescrit.

m. de brienne, écrivant.

C'est juste! Vous nous servirez dans mon appartement à moi... Celui que vous voudrez. (Luirendanl le registre.) Je ne suis pas comme ma sœur, je ne suis pas difficile! De quel côté est ma chambre ?

térêzine.

Nous en avons de fort convenables là haut. (Jetant les yeux sur le registre). M. le comte de Biienne, vice-amiral, avec sa fille et madame la marquise de Yilliers, sa sœur! (Haut, vivement.) Monsieur... monsieur le vice-amiral, nous avons là de ce côlé... (Montrant le corridor à gauche.) au rez-de-chaussée, la chambre d'honneur donnant sur le jardin.

irène, vivement.

Ce sera celle de mon père!

térêzine, allant à un meuble à gauche.

El puis il y a là des lettres et paquets arrivés de Paris, à l'adresse de M. le vice-amiral, comte dé Brienne. Ce qui m'avait fait penser naturellement, ainsi qu'à mon mari, qu'il nous ferait l'honneur de descendre chez nous!

M. de brienne, l'interrompant.

C'est bien! notre souper?

térêzine.

Dans l'instant, monseigneur. (A part en s'en allant.) Un viceamiral chez nous. (Elle sort par la porte à gauche.)

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