SCÈNE XV
IRENE, CLERMONT, au milieu du théâtre. LA BARONNE et LE CHEVALIER, entrant par une porte à droite du salon au moment où ANNIBAL entre par une porte à gauche et le COMTE DE BRIENNE par le fond.
annibal, entrant vivement.
Une voiture! Encore des dames qui nous arrivent... Ne vous dérangez pas, beau-père... c'est à moi de leur offrir la main... 0 ciel ! qu'ai-je vu?
la baronne, poussant un cri.
Ah!
ANNIBAL
Ma femme !
tous.
Sa femme !
ANNIBAL
Ma première !
LA BARONNE
Chevalier, soutenez-moi i
ANNIBAL
Et c'est toi, chevalier, qui me rends à mes premiers nœuds !... toi ! un ami !
le chevalier.
C'est elle qui partait pour l'Amérique... Un immense héritage!
ANNIBAL
Celui de son oncle. ( Prenant la baronne évanouie des mains du chevalier et la soutenant dans les siens. ) Nisida ! chère Nisids ! que tout soit oublié!
clermont, qui, pendant ce temps, tournant le dos au spectateur et debout devant. le fauteuil d'Irène, est censé avoir rappelé celleci à elle-même.
Elle revient. (De Clermont s'est éloigné de quelques pas d'Irène , qui vient de s'éveiller. Irène porte la main à son front comme pour rappeler ses souvenirs. Elle aperçoit son père, se lève, se jette avec crainte dans ses bras. Le comte lui montre de Clermont, qui en ce moment met un genou en terre. Irène jette un cri, regarde alternativement son amant et son père.)
Encore mon rêve !
clermont, lui présentant le bouquet.
Non ! la réalité.
Et ces fleurs?
le comte.
Ton bouquet de noces. (Irène prend le bouquet et le pose sur son cœur. La toile tombe.)