I.B comte
Mon devoir! tu disais vrai ! moi, ion protecteur et ton père.... je t’ai calomniée, cl ma vie entière sc passera â réparer ma fuite...
IRÈNE
C’est trop ! c'est trop !
LE COMTE
Et je t’ai vendue... flherifiée. . . toi, mon trésor le plus cher!
IRÈNE
Mais qu’ est-ce que cela Hicriifie?
le COMTE, l'entraînant vers l'appartement à gauche.
Viens!... viens, tu sauras tout ! [A de Clermont qui fait un par vert lui. )
Ain.
Je n« peux pas dénoncer votre trime.
Ni vous flétrir !
(Montrant sa fille.)
Son honneur le défend.
Mais vous aurez, la prenant pour victime,
Cause scs maux, sa bonté et son tourment ;
Vous aurez, vous, enfin qui I aimiez tant,
Aux bras d'un autre et pour toute sa vie Jeté vous-même et livre mon enfant !...
Adieu, monsieur, a defaut d'mlamic.
Ce sera voire châtiment.
Eloignez-vous, qu’a dclaut d'infamie,
Noire malheur soil votre chitimen! !
(/!/. de Brienne sort par la porte à gauche avec sa fille, et M. de Clermont tombe dans un fauteuil.)
SCXNE X.
DE CLERMONT, ANNIBAL, paraissant à la porte du fond.
ANNIRAL, aux domestiques qui l'entourent.
Partout des masses do lumière!» cl des niasses de fleurs, car le
,s IRÈNE. .013 LE
bal, le souper, ioul roule sur moi!... tous les embarras de la noce!... (Aux domestiqua.' El l'orchestre... y a-t-on congé?... non. Qu’on envoie! courez vile, cl revenez m’avertir! ( A de Clermont, qui ie dirige vers la porte.) Où vas-lu?
ne CLfc&uoM.
Je m'en vais... Adieu!
ANNIBAL, le retenant.
Pas encore.
ne cleimont, sc dirigeant vert la perte .
Si, vraiment.
anmbaL.
Impossible t j’ai un service à le demander.
DE CLERMONT. rcifUM/.
Parle, alors... parle vite.
ANNIBAL
Ab! lu restes... je le savais bien!... cl lu as raison! car tu vois, mon ami, le plus riche et le plus...
DE CLERMONT
Heureux des hommes!...
ANNIBAL
Au contraire ! le plus contrarié...
DE CLERMONT
Le jour de ton bonheur...
ANMBAL.
C est justement mon bonheur qui en est cause... et si on n’avait pas de la philosophie!*.. Imagine-toi que le comte de Basscvellc a qui je devais cent mille ecus, et qui craignait de ne jamais être payé... a mis à mon mariage une énergie... qui tenait du désespoir.
DB CLERMONT
Ah! c'est lui qui t'a marie!
ANN1BAL
Il a fait toutes les démarches... il a Lit le contrat... il a Tait même, je crois, la cour pour mon compte, mais il avait été charge par iiiuii beau-père d’une lettre qui l'a fait trembler pour mon union, on plutôt pour sa créance, et ce papier important qu'il devait me remettre avant le mariage... il ne me l'a donné qu’apiès... b l'instant même!
ni: cllrmost, vivement.
Eh bien?
ANNIBAl.
Eb bien!... comme je le l'ui du... on est philosophe ou on ne l'est pas, et le beau-père, dans sa franchise de gentilhomme, se croit obligé de m'avouer que sa fille en a déjà aimé un autre!
DE CLERMONT
0 ciel !
ANNIBAL
Cela peut arriver à tout le monde... et lors de mon premier mariage... Mais enlin celait apres, c'était dans l’ordre habituel, tandis qu'ici... tu me diras: Ce n’est qu’une affaire de temps... non!.,, parce qu’il s'agit aujourd'hui d’une dot de cinq cents... qu’est ce que je dis?... six cent mille livres... CC qui change bien la thèse !
Am : De Tacemntt.
Sur ce po nt-là chacun a son système.
Ce que fus je peux bien l’être encor ;
Mais un hasard, qui n'est rien ru lui-même.
Devient honteux, s'il sc paye a |»ix d'or !
A quel danger, dieu d'hymen lu in* livres!
Chacun va «lire, en voyant ce ben.
Que c’est d'un juif, ci non pas d’un chrétien,
De recevoir, pour six cent mille livres.
Ce que, chez nous, tant d’autres ont pour nen!
Car je reçois, etc.
DE CLERMONT
Tu as raison 1
ANNIBAL
El pour imposer silence aux iudiscrcls et aux sots... je voudrais d'abord...
DE CLERMONT
Quoi donc?
ANNIRAL.
Connaître celui dont me parle le bcau-pcrc... ce monsieur... mon prédécesseur.
DE CLERMONT
Pour quel motif?
Pour le tuer!
DB CLERMONT
Tu as raison!
ANNIBAl.
N’cst-cc pas?... c’est une bonne idée!
DB CLERMONT
Que j'approuve!
ANNIBAL
J’en états sût ! c’est pour cela que je m’adresse h toi... à un
DB CLERMONT
ami .. je ne peux pus. moi, mari... aller aux informations el demander à loin le monde : Suvei-vous qml... ce seru.l Hop onginal!
C’est juste!
ANNIBAL
Sans compter qu’à moi... on ne inc le dirait pcut-elro pas. mais à toi... c’est différent!
DB CLERMONT
Tu as raison!... je me charge de tout.
anmbaL, lui terrant la mam.
Je te remercie !
DB CLERMONT
Dés que lu le x-oudras, je le ferai trouver avec lui!
ANMBAL.
Aujourd'hui!... dèseesnir!
DE CLERMONT
J'allais te le proposer !...
ANMBAL.
A dix heures le combat... à onze heures la première contredanse, et à minuit... je vais me coucher... voilà une soirée noce bien employée! tuais il faut qu'ici, dans le bal, on ne doute de rien. ( Montrant la vorle à droite.) De ce côté est jardin de l'hôtel, il donne sur les Champs-Elysées, par une petite grille dont voici la clef.
DE CLERMONT
C’est bien !
ANMBAL.
C’est par là que tu me l'amèneras.
DE CLERMONT
C’est dit !
ANNIBAL
Et comment feras- tu?
DE CLERMONT
Je le connais!
ANNIBAL
En vérité! voyez-vous comme ça se sait toujours... raison de plus pour presser celte rencontre.
Aie : U n'est pas temps de mut quitter.
Ami, charge-loi de ce soin,
I'i puisque lu sais mon injure.
C’est toi qui seras mou icinoiu !
DB CLERMONT
Je serai là... je te le jure!
ANNIBAL
J'espère en toi pour hâter cc moment,
De près il faut que je le tienne !
ne Clermont, lui tendant la main.
Touche donc b ! j’ai rempli mon serment,
Car sa main a presse la tienne.
Oui, tu le cotuuis maintenant,
Sa main vient de prc»cr la tienne 1 anniral, tan * quitter ta main et le regardant en riant.
Ab ! bah t c'est toi ! mon élève !
db Clermont, froidement.
Moi-même!... cela tetonne !
ANNIBAL
Non, vraiment! ces hasards-U, c’est toujours à des amis qu’on tes doit. El franchement... moi qui ai tant d'amis... j’aurais mieux aimé que ce fût un autre... mais ma foi, mon cher vicomte, [Mettant ton chapeau sur la télé.) je l'en demande bien pardon.
Il n'y a pas de quoi!
ANMBAL.
Je l'ai dit!
de clermont, virement.
Et moi, je le désire!...
ANNIBAL, fur du» n nnt la main.
C'est convenu !
ENSEMBLE
Tris du Pré aux Clercs.
ANNIBAL
Oui, sans bruit, sans ccbt.
Terminons ce déliai.
On s’estime, l’un s’aime et gniemeut un sc bat ! Pré» d’entrer en ménage.
Ça promet ! ce n’est pas ie premier mariage Ou l’un voit des combats !
DE CLERMONT
Oui, sans bruit, un* éclat.
Terminons CC débit.
Ou s’estime, l’on s'aime et gahaccnt on se bai Si j'obtiens l'avantage.
srS £