‹ Irène, ou Le magnétisme comédievaudeville en deux actesChapitre 39 sur 42 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

M- DE BRIENNË, IRENE, sortant de ta porte <i gauche; DE CLERMOUT, caché à droite.

LE COMTE

Oui, mon enfant, je vais tout décommander! plus de bal! plus de fête. Quant à tou mari, rassure-loi? je lui laisserai la dot... c’est tout ce qu't) demande, et il me laissera, à moi, mon trésor le plus précieux. Nous ne nous quitterons plus!... je l'emmène !

IRÈNE

Oui... ne restons pas ici!

LE COMTE

Je vais tout disposer pour notre départ... (Prenant du courage.) Allons... du courage!

mÈNE, regardant la lettre qu’elle froisse dans sa main.

Ab ! c'est alTr eux ! c'est indigne !

LE COMTÉ

Tu y penses encore !

IRÈNE

Pour l’oublier, mon père ! il ose parler de son amour!... après une lejlc conduite, après une telle audace!... Mats celui qui n’a pas été arrête par la crainte de m'outrager et de me compromettre ainsi... celui-là ne m’aimait pas, cl n’est plus redoutable pour moi 1... il a perdu tous scs droits... même à mon estime !

LK COMTE

Ainsi donc, monsieur de Clermont... *

IRÈNE

Tout est fini, mon père... je vous le iare! Rien plus... après ce que je sais... après ce que je viens de lire... je ne pourrais plus supporter sa présence, sans indignation... sans honte!... sa vue seule me ferait fuir épouvantée ! vous voyez bien qu’il faut nom. éloigner... ce soir même, à l'instant! je vous en supplie !

LE COMTE

Puis-je te rien refuser... moi si coupable envers toi!... allons I allons, calme-toi... ce ne sera pas long... dans quelques instants, tout sera prêt, et je vicudrai te prendre pour partir.

IRÈNE

Oui, pour nous cloigner à jamais !

SCiNE XIII.

IRÈNE, seule; elle se laisse tomba dans un fauteuil à droite du théâtre, et, sans proférer une parole, se remet à lire encore a voix basse la lettre quelle tient toujours à la main.

Comment!... il y a un an j’ai passé toute une nuit dans cet bétel!... Près de lui!... Ab! c'est à confondre!... Mais il cstdonc vrai, puisque lui même l’avoue, que son pouvoir sur moi est tel qu’il peut même de loin me forcer à lui obéir... à céder à ses ordres... qu’il peut à son gré me priver de mes sens et de ma raison!... C'est effrayant !... je n'oserai plus me livrer au sommeil et des que je sentirai mes yeux s’appesantir... je craindrai toujours de tomber en sa puissance... (Musique.) O mon Dieu !... nton Lbeu!... Qu'est -ce que je sens donc? ., f CommrHfanf .d sentir les premiers effets du magnétisme et cherchant à s’y soustraire.) Non... non... jonc le veux pat*., je ne céderai pas... mon père... mon père !... à moi!... (Luttant vainement.) Ah ! ah!... ôtez-moi ce poids qui m’accable... Qui m’oppresse... grâce!... grâce!... non... non... je lutto en vain... j'obeis !... me voilà... me voilà. ( Elle s’endort.)

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