INTRODUCTION
Au carrefour des voies aériennes et digestives, au niveau du cavum et du meso-pharynx, se trouve l’anneau lymphatique de Waldeyer, qui est ainsi formé :
— L'amygdale pharyngienne située à la partie supérieure et postérieure du cavum ;
— L'amygdale tubaire environnant l’orifice pharyngien de la trompe d’Eustache ;
— L'amygdale palatine, placée à l’isthme du gosier, dans la loge amygdalienne, entre le pilier antérieur et le pilier postérieur;
— L'amygdale linguale située à la base de la langue ;
— Enfin, une couche lymphoïde diffuse relie ces
différentes formations.
L’infection, l’hypertrophie de cet anneau bénéficient de l'intervention chirurgicale, sauf en cas de contre-indications opératoires. De nombreux auteurs, faisant jouer un rôle à ces formations Iymphoïdes, se sont demandés si leur curettage n’était pas inutile et dangereux. Maïs alors, comment traiter ces différentes
affections ?
En prenant comme sujet de notre thèse « Irradiation du cavum et du meso-pharynx », guidé dans ce choix et dans notre travail par notre maître, le docteur LOMON, nous avons voulu mettre en valeur un traitement : la ROENTGENTHÉRAPIE. Cette dernière, tout en conservant l’annéäu lymphatique, est très efficace dans la thérapeutique des affections de ce dernier.
Nous avons eu un terrain d'expériences au service de Radiologie de l’hôpital BRETONNEAU. Nous avons traité des enfants qui nous étaient adressés par la consultation d’oto-rhino-laryngologie. Les uns avaient déjà été opérés. Les autres n’avaient jamais été curettés. Ces malades ont été suivis cliniquement pendant le traitement et revus deux mois après : délai minimum. Nous tenons à remercier le docteur LALLEMANT, oto-rhino-laryngologiste de l'hôpital BRETONNEAU, qui nous a adressé ces malades, les a contrôlés une fois traités et qui a bien voulu nous donnér une appréciation bienveillante sur les résultats obtenus par la radiothérapie.
Après un exposé historique,
— dans un premier chapitre
nous étudierons les indications et les avantages de la radiothérapie,
nous envisagerons le rôle des végétations et amygdales ;
—- dans un deuxième chapitre, nous eXatninerons quelques techniques et leurs résultats ;
Re dE
— dans un troisième chapitre,
nous indiquerons notre technique, nos résultats.
Enfin, nous essaierons de tirer une conclusion de cette étude d’ensemble.
a HISTORIQUE
L'action des rayons X sur les organes Iymphoïdes ï : est connue depuis 1902. Pusey et SENN irradièrent une Fe leucémie avec splénomégalie. 1
En 1905, HENNEKÉ constatait, après toute une série d expériences, que les tissus lymphomyéloïdes étaierit très sensibles aux rayons X.
Mais il faut attendre 1911, pour voir Pr de la Roentgenthérapie à l’hypertrophie du tissu lymphoïde de l’anneau de Waldeyer. Meze fit, à cette époque, une communication à la Société de Laryngologie de Vienne. re
En 1913, Recaup et NoGxer utilisent cette ‘thérapeutique. Les résultats ne leur paraissent pas probants. Le Ils concluent que le traitement radiothérapique de | l’hypertrophie syeselenne par voie externe est inefficace.
1919 : CEcIKAs (d’Athènes) irradie à son tour le tissu lymphoïde du pharynx.
Puis les Américains MurPHY, WHITERBEE, CRAIG, Hussey et SrurM, en 1921, affirment l’excellence de cette thérapeutique. Sur 46 sujets traités, 4 seulement se montrent réfractaires à l’irradiation. PORTMANN, à la même époque, emploie les rayons X dans des cas d’'hyperplasie amygdalienne. Il a des échecs dans les formes d’hypertrophie scléreuse, fréquentes chez l’adolescent et l’adulte.
En 1922, NoGtER revient à.ce traitement qu’il considère, cette fois, comme excellent.
LaANE publie, en 1993, 52 cas traités par la radiothérapie. Il étudie, en particulier, les résultats obtenus sur la flore bactérienne, BERVEN a, par cette thérapeutique, 90 % de résultats positifs.
1925 : Harozp Edward obtient 80 % de guérison. Après un premier temps opératoire, il applique très souvent la radiothérapie dans les cas d'infection d’amygdales cryptiques, WATKINGS agit de même.
BLONEK (1925), sur 18 cas traités, a une disparition des végétations dans 10 cas, une diminution dans 4 cas.
En 1928, NysTROM, sur 74 cas, a 90 % de guérison.
1930 : SCHONFELD et BAUMBACH, sur 106 cas traités et suivis, ont 60 % d’excellents résultats. À la même époque, SHULTE guérit 90 % de ses malades, et KNox, sur 431 cas traités, a 5 % de résultats nuls.
1931 : BENES publie les résultats suivants : 138 cas. Guérison 65 %, amélioration 23 %, échecs 12 %. SCHWARTZ, de son côté, a une réduction de l’inflammation et de l’hypertrophie dans 80 % à 90 % des cas et une guérison des récidives chirurgicales dans 80 %.
1932 : WnDHOLZ améliore l’hypertrophie dans 77 % des cas chez les adultes et dans 57 % des cas chez les enfants. ZOEPFFEL traite 50 enfants : 58 ayaut des amygdales molles, 12 ayant des amygdales scléreuses. Le traitement a déterminé une très notable amélioration chez 26 enfants du premier groupe (68 %) et 3 du deuxième groupe (25 LOË
1933 : HEss publie la statistique suivante : 62 malades traités, 37 guéris, 16 améliorés. SREBRNY obtient 75 % de résultats positifs. LUBLINER, dans des cas d’hypertrophie molle — 18 enfants, 12 adultes — guérit la moitié des enfants et le tiers des adultes. CAMm- BRELIN, à son tour, étudie l’action des rayons X sur les cellules lymphoïdes des amygdales et, en 1935, il déclare obtenir environ 80 % de guérison dans les
cas d’hypertrophie amygdalienne.
Torres CARRERAS et BosH SoLA (1935) ont 90 % de guérison durable. Les cas irradiés après récidive post-opératoire ont tous guéri. Pour PERUSSIA, la radiothérapie est surtout efficace dans les amygda: lites catarrhales, cryptiques, chroniques et récidi-
vantes.
1937 : CLENET, sur 30 cas traités, n’a eu que 4 récidives.
Weissi6, en 1938, publie les résultats suivants : 120 enfants traités ; amygdales hyperplasiques : 62 % de guérison, 25. % d’amélioration ; amygdales cryptiques infectées : 74 % de guérison.
JAUPITRE, dans sa thèse (1939), déclare que le traitement radiothérapique donne de bons résultats dans les cas d’hypertrophie molle et d’infection amygdalienne.