ACTES ET DOCUMENTS OFFICIELS
maladies cutanées et syphilitiques; Terson, docteur en médecine, clinique ophtalmologique; Brœmer, pourvu du diplôme supérieur de pharmacien, matière médicale.
Sont chargés, à partir du l**" avril 4891, des fonctions d'agrégé à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Toulouse :
MM. Bézy, docteur en médecine, médecine; Maurel, docteur en médecine, médecine ; Rémond, docteur en médecine, médecine ; Secheyron, docteur en médecine, chirurgie; Vieusse, docteur en médecine, chirurgie; Bédart, docteur en médecine, anatomie et histologie; Marie, pharmacien de 1" classe, licencié es sciences, chimie.
MM. Bézy et Rémond, chargés des fonctions d*agrégé à Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Toulouse, sont chargés, en outre, à ladite Faculté, jusqu'à la fin de l'année scolaire i 890-91 : le premier, d'un cours de clinique des maladies des enfants ; le second, d'un cours de pathologie et thérapeutique générales.
Faculté des sciences de Toulouse, — M. Chauvin, docteur es sciences, est nommé professeur de physique à la Faculté des sciences de Toulouse (emploi nouveau). M. Roule, docteur es sciences, maître de conférences à la Faculté des sciences de Toulouse, est chargé, jusqu'à la fin de l'année scolaire 1890-1894, d'un cours de sciences naturelles à ladite Faculté (emploi nouveau). M. Destrem, docteur es sciences, maître de conférences de chimie à la Faculté des sciences de Toulouse, est chargé, jusqu'à la fin de l'année scolaire 1890-1891, d'un cours de chimie à ladite Faculté (emploi nouveau).
Sont nommés, jusqu'à la fin de l'année scolaire 4890-1891, maîtres de conférences à la Faculté des sciences de Toulouse : MM. Mathias, agrégé des sciences physiques, docteur es sciences, physique, en remplacement de M. Chauvin, appelé à d'autres fonctions; Duboin, docteur es sciences, chimie, en remplacement de M. Destrem, appelé à d'autres fonctions.
M. Lamic, licencié es sciences naturelles, pourvu du diplôme supé^ rieur de pharmacien, est délégué, jusqu'à la fin de l'année scolaire 4890-1891, dans les fonctions de maître de conférences de botanique à la Faculté des sciences de Toulouse, en remplacement de M. Roule, appelé à d'autres fonctions.
M. Rey, licencié es sciences, est chargé, jusqu'à la fin de l'année scolaire 1890-1891, des fonctions de chef des travaux pratiques de physique à la Faculté des sciences de Toulouse (emploi nouveau).
Sont nommés à la Faculté des sciences de Toulouse (emplois nouveaux) : MM. Couzy, licencié es sciences, préparateur, chef des travaux pratiques de chimie; Suis, licencié es sciences, chef des travaux pratiques de zoologie et botanique.
Du 23 mars.
Faculté des lettres de Paris, — Il est créé à la Faculté des lettres de Paris une chaire d'histoire de la Révolution française (fondation de la ville de Paris).
Adrien Ddpuy. VÉtat et l'Université ou la vraie rëfoi^me [de renseignement secondaire, — J. Delfour, Histoire du Lycée de Pau, — Fustel de CouLANOES. Histoire des Institutions politiques de V ancienne France, — E. Glasson. Les Communaux et te domaine rural à Vépoque franque. — Mblchior de Vogué. Spectacles contemporains, — Vidal-Lablache. Atlas historique et géographique,
L'État et V Université ou la vraie réforme de renseignement secondaire, par Adrien Ddpuy (i vol. in-16, Paris, Léopold Cerf, 1890). — Voilà un livre écrit avec une rare vigueur et dont nous ne pouvons qu'approuver l'esprit, tout en présentant quelques réserves sur Jes énergiques conclusions qui s'y trouvent formulées. Les idées défendues par Tauteur ne plairont sûrement pas à tout le monde. Mais il n'en est pas moins certain que, parmi les différents volumes publiés depuis des années sur la réforme de l'enseignement secondaire, celui-là est un des plus fermes et des plus sensés. L'auteur, partant de ce fait que les 4/5 des jeunes Français appelés à faire leurs études échappent à l'enseignement supérieur et que ceux à qui la haute culture est réservée gardent pour la plupart dans les Facultés les idées et les tendances apportées du collège de l'État ou du collège epclésiastique, conclut, et à notre avis avec une parfaite justesse, que le jeune homme emporte, à sa sortie de collège, le fonds d'idées sur lequel il vivra, le germe des sentiments et des opinions qu'il manifestera plus tard dans la société, en un mot l'orientation de toute sa conduite. Il semble que le pli, une fois pris, reste ineffaçable. Or — et c'est là notre malheur — cette jeunesse est, par le fait même de son éducation, divisée en deux camps : ici, les élèves du clergé instruits à détester ou à mépriser le gouvernement républicain; là, les élèves de l'Université, c'est-à-dire, jusqu'à preuve du contraire, les élèves de la République. Le rôle de l'enseignement secondaire est donc prépondérant, décisif même au point de vue du progrès général, puisqu'il donne à l'État, selon l'occurrence, des serviteurs ou des ennemis. Ce dernier a par là même le droit d'employer tous les moyens en son pouvoir pour assurer le succès de ses établissements d'instruction, en demandant à ces derniers de s'inspirer dans leurs programmes de son esprit et de ses besoins. M. Dupuy réclame pour les lycées et collèges de l'État un enseignement nettement républicain et une attitude franchement libérale et progressiste en matière d'éducation, sans compromis ni atermoiements d'aucune sorte. Il commence par pousser le cri d'alarme en montrant combien les effets de la crise actuelle de l'enseignement secondaire sont fâcheux pour la prospérité et pour le succès de l'éducation universitaire. Les maisons rivales profitent de tout le discrédit que les changements trop fréquents de programmes et l'incertitude dans l'orientation apportent aux établissements de l'État. L'Université a le tort de trop médire
<l-elle-même, excitant ainsi la méfiance des pères de famille. La mauvaise distribution des bourses, les problèmes maladroitement posés de Tinternat et du surmenage, la circonspection excessive de TUniversité et sa neutralité politique, voilà autant de causes qui contribuent à compromettre gravement son action. Il faut que l'État imite ses rivaux passés maîtres en savoir-faire, en s'appliquant lui aussi à séduire les élèves et les familles. L'auteur pénètre au cœur du sujet, en prouvant que l'Université ne saurait garder la neutralité envers l'État, dont elle a là confiance et dont elle doit professer publiquement et hautement les maximes. Il fait bon marché de toutes les illusions mystiques ou autres que l'on voudrait imposer à la jeunesse française. Entre Jes deux camps, la lutte existe toujours. Il ne faut pas que l'État, sous prétexte de tolérance, mettre bas les armes devant les adversaires de toutes leç idées* que la Révolution aTimposées au monde. Ces ennemis irréconciliables de la raison ne cessent, eux, de combattre et de lutter avec une infatigable énergie. D'autre part, l'État a le devoir de se préparer des serviteurs sûrs et éclairés. « La République a besoin d'hommes d'action ; or l'action est incompatible avec la défiance et le découragement. Si nous donnons à nos élèves l'habitude de gémir sur les malheurs présents, de geindre à tout moment, de douter d'eux-mêmes et des autres, nous n'en ferons rien qui vaille. » C'est le rôle commun à tous les membres de l'Université de faire aimer notre temps. Mais dans le nombre, il y en a certain dont la tâche est plus considérable. Il s'agit de ceux qui enseignent l'histoire littéraire, l'histoire proprement dite et la philosophie. Ce sont leurs leçons combinées qui achèvent de former le citoyen dans l'écolier. Les chapitres suivants consacrés à étudier l'importance respective de ces divers enseignements comme moyens d'éducation renferment nombre d'aperçus attrayants et parfois profonds. Les pages intitulées ; Sur Vhistoire et contre le Moyen Age sont ingénieuses et alertes, mais empreintes d'une exagération manifeste. M. Dupuy part en guerre contre la superstition du document dont la chasse constitue, suivant lui, l'unique occupation du peuple des historiens. J'avoue qu'il maltraite beaucoup trop durement ce dernier qui vaut mieux qu'il ne le prétend. Il y a d'utiles réflexions dans les chapitres sur la portée morale de l'histoire et sur les qualités du professeur d'histoire. L'auteur effleure la question des Universités régionales et combat rudement €es dernières dans des pages qui sont assurément les plus contestables de son livre. En élargissant, comme il le fait, le rôle et l'action éducatrice du professeur de philosophie, chargé de l'instruction morale et ■civique, ne semble-t-il pas un peu trop prêcher pour son propre saint? La conclusion vaut la peine d'être méditée. Sans doute, les idées de M. Dupuy sont exprimées, en général, avec une verve un peu batailleuse, sur un ton parfois agressif et véhément. Mais, si, comme nous le pensons, la campagne qu'il entreprend est au fond juste et nécessaire, on serait mal venu de lui reprocher la chaleur et la conviction qu'il a •déployées dans l'attaque.
Histoire du Lycée de Pau, par J. Delfodr, censeur du Lycée, avec une introduction et des notes par V. Lespy (1 vol. in-8, Pau, imprimerie Caret, {890). — L'ouvrage de M. Delfour, complet, assez bien disposé fournit des données intéressantes. On y trouvera sur l'histoire de l'en-
seignement secondaire dans le Sud-Ouest, avant la Révolution, un grand nombre de renseignements généralement sûrs et nouveaux. Le collège de Pau remonte aux premières années du xvii® siècle. Il fut définitivement fondé par Louis XIII en 1622, en faveur des Jésuites, dans le but, « d'exercer, par les Révérends Pères, une action sur les classes élevées du pays et de pénétrer la jeunesse lettrée du sentiment catholique ». La construction des bâtiments commença seulement un peu plus tard, vers 1640. Les Jésuites furent expulsés du collège en 4763. Les barnabites et les bénédictins se présentèrent concurremment pour recueillir leur succession. Mais aucun de ces deux ordres ne réussit à l'obtenir. Les maîtres que le roi envoya en 1766, après trois années d'interruption des cours, n'appartenaient à aucune congrégation; c'étaient des séculiers et des laïques. Ils étaient particulièrement désignés sous le nom d'Éducateurs, on les appelait aussi les « Messieurs de Saint-Denis » parce qu'ils avaient pris saint Denis pour patron de leur collège. Louis XVI, par lettres patentes du 16 septembre 1777 donna « la desserte « du collège royal de Pau aux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Le nombre des fonctionnaires du collège était augmenté ». Chefs, professeurs et régents, tous étaient déclarés membres de la Faculté des arts de l'Université de Pau. Ceci nous amène à parler du rétablissement de cette dernière qui, après un bref du pape (12 mars 17*25) sollicité par les États de Béarn, fut approuvée, autorisée et confirmée par une déclaration royale du 4 décembre 1725. Le collège des Jésuites fut choisi pour être le siège de la Faculté des Arts « et pour être aussi le lieu où se tiendront les Écoles et les séances de l'Université, à laquelle nous agrégons ledit collège ». L'installation de l'Université fut des plus simples et des plus sommaires. Elle obtint seulement les trois Facultés de théologie, de droit et des arts. M. Delfour a bien fait d'insister sur son histoire, encore qu'elle présente peu d'éclat et peu d'événements saillants. La transformation du collège en École centrale du département des Basses-Pyrénées est racontée ensuite avec détail. Je reprocherai seulement à l'auteur son peu de bienveillance à l'égard de l'œuvre scolaire de la Révolution. Il la juge uniquement à travers l'ouvrage de M. A. Duruy : cela n'est pas suffisant. Les destinées successives du lycée impérial, du collège royal et du lycée actuel sont exposées avec charme. Le livre se termine par une sorte de Livre d*or où se trouvent consignés les noms des élèves les plus marquants. On y relève bien des noms connus dans des branches fort diverses. Une dernière critique à adresser à cet ouvrage, c'est d'être souvent tombé dans une minutie de détails exagérée. L'auteur aurait pu nous faire grâce de nombre de menues réparations, de descriptions d'ameublement, etc., et réduire son travail à de plus justes proportions. En faisant révivre ainsi jusque dans ses faits les plus humbles la vie d'un collège d'autrefois, M. Delfour a obéi à un sentiment de piété qui se comprend, mais qui semble parfois excessif.
Histoire des Institutions politiques de l'ancienne France, par Fustel de CouLANGEs. La Gaule romaine, ouvrage revu et complété sur le manuscrit et d'après les notes de l'auteur par Camille Jullian (1 vol. in-8*, Paris, Hachette, 1891). — La troisième édition de la Gaule romaine n'est pas une simple réimpression, mais une refonte complète de la rédaction
primitive. Le volume traite exclusivement de Tétat de la Gaule avant la conquête romaine et de son organisation politique pendant les trois premiers siècles de la domination impériale. Cette édition diffère principalement en deux points des précédentes. Certaines parties ont été développées pour la clarté de la démonstration, pendant que, d'autre . part, l'appareil d'érudition a été très augmenté. M. Fustel expliquait lui-même dans une préface provisoire la raison de ce second changement. Autrefois, on épargnait au public l'appareil d'érudition. « L'érudition était pour l'auteur seul et non pour le lecteur... Depuis une vingtaine d'années les procédés habituels ont changé : l'usage aujourd'hui est de présenter au lecteur l'appareil d'érudition plutôt que les résultats. L'érudition a changé ses formes et ses procédés; elle n'est pas plus profonde et l'exactitude n'est pas d'aujourd'hui; mais l'érudition veut se montrer davantage... Au fond les deux méthodes, si elles sont pratiquées loyalement, sont également bonnes. Je me conforme au goût d'aujourd'hui. Mes recherches changeront donc, non quant au fond, mais quant à la forme. Lorsque j'ai écrit mes premiers ouvrages, la première rédaction était précisément dans le genre de celle-ci, longue, hérissée de textes et pleine de discussion; mais cette rédaction première, je la gardais pour moi, et j'er«.ployais six mois à l'abréger pour le lecteur. Aujourd'hui, c'est cette rédaction première que je donnerai. >» Personne assurément ne s'en plaindra. L'admirable exposé du maître n'a pas souffert de ce changement de procédé. Tous les chapitres qui composent ce livre sont l'œuvre intégrale de M. Fustel : aucun changement n'a été apporté dans le texte aux idées ou à l'expression. Nous avons ainsi la dernière pensée de l'historien, telle qu'il l'avait luimême arrêtée dans sa forme. La conclusion seule a dû être ajoutée. De nombreuses notes ont été intercalées d'après les notes et les fiches laissées par l'auteur.
A coup sûr, il est dans ce livre plus d'une théorie que la science se refusera à admettre, notamment dans le premier livre consacré à la conquête romaine et à l'état de la Gaule avant et pendant cette cQnquête. Mais les grandes ligues resteront. On ne refera plus désormais un pareil tableau d'ensemble, ou du moins on ne le refera pas mieux. L'exposé, qui comprend tout le livre II, de l'organisation de l'Empire, de l'administration romaine et deda centralisation administrative, est une des œuvres les plus larges et les plus achevées qui existent dans le domaine historique. Les questions essentielles, celles relatives aux libertés provinciales, à la vie municipale de la cité gauloise sous l'empire romain, à l'histoire du régime municipal,aux charges de la population, à la législation romaine et à l'administration de la justice, sont traitées avec une magnifique ampleur qui subjugue, alors même qu'elle n'entraîne pas la conviction sur tous les points. C'est un livre qu'on ne résume pas, parce que les grandes pages y sont trop nombreuses. Rappelons la noble introduction qui l'ouvre et le programme si ferme qui s'y trouve développé : « L'histoire n'est pas une science facile, » et les préceptes, qu'on ne saurait trop méditer, qui viennent à l'appui de cette pensée.
Les Communaux et le domaine rural à l* époque franque. Réponse à M. Fustel de Coulanges par E. Glasson, membre de l'Institut, profes-
seur à la Faculté de droit de Paris (i voL in-12, Paris, F. Pichon, 1890). — On sait quelles vives et multiples discussions a soulevées, dans ces dernières années, le grave problème de la propriété collective et de la communauté de certaines terres chez les Germains et chez les Francs. A coup sûr, peu de questions historiques ont eu le don de passionner les érudits à un pareil degré. C'est que le problème n'offre pas seulement un intérêt scientifique et que, même au point de vue de nos préoccupations modernes, la solution n'en est pas indifférente, bien qu'on puisse justement prévoir que les générations auxquelles sera dévolu le soin de résoudre la question sociale s'inquiéteront assez peu d'origines aussi lointaines. Personne n'ignore le rôle actif joué dans toute cette querelle par M. Fustel de Coulanges. Notre admiration pour l'illustre maître ne nous empêchera pas de reconnaître qu'il y apporta une âpreté souvent excessive en même temps que des procédés de discussion par trop agressifs. Pour lui, il n'y eut à aucune époque chez les Francs un régime de communauté de village : les textes allégués par les auteurs partisans de la thèse contraire étant, sans aucune exception, ou inexactement interprétés ou étrangers à la thèse elle-même. M. Glasson, déjà pris à partie par l'éminent professeur de la Sorbonne dans de précédentes discussions, le fut encore d'une façon plus directe dans le volume de VHUtoire des institutions politiques relatif à l'alleu et au domaine rural pendant l'époque méro^ vingienne (p. 174 à 198). 11 a cru devoir répondre à cette attaque dans un mémoire développé, écrit, dit-il en commençant, par droit de légitime défense. Sa critique porte sur trois points : la forme adoptée par M. Fustel dans ses polémiques, sa méthode d'interprétation des textes; ses solutions sur le fond de la question. Il confesse « qu'il est pénible de continuer une discussion, après la mort d'un contradicteur » ; mais, d'autre part, il n'était pas possible de garder le silence. Après avoir constaté l'existence des communautés au moyen âge, M. Glasson pose la question de la propriété à l'époque franque. Il examine les textes les plus décisifs, en première ligne le titre De Migrantibus de la loi saliqwe, et étudie ensuite le droit de succession des vicini, la responsabilité collective, le rôle des communautés dans l'administration de la justice, leur importance au point de vue général et, après avoir démontré l'existence des biens communs, expose* les droits des communistes et la théorie du domaine rural. Il prouve l'existence du village mérovingien et termine par une « réfutation de la théorie de M. Fustel sur les communia ». Nous n'avons pas à nous prononcer ici sur cette délicate matière. Disons seulement que la réponse de M. Glasson, écrite avec agrément, malgré l'austérité du sujet, est des plus intéressantes et des plus profitables à suivre. Les étudiants qui se forment à l'art difficile de la critique y pourront trouver d'utiles exemples de discussions de textes.
Spectacles contemporains, par le vicomte E. Melchior de Vogué, de l'Académie française (1 vol. in-18 jésus, Paris, Armand Colin, 1891). — On retrouvera dans ce volume l'éloquente série des articles écrits par M. de Vogué depuis plusieurs années. Il n'en est aucun qui n'ait fait sensation, lors de son apparition. Réunis, ils forment un ensemble singulièrement varié et attrayant dans lequel les plus hauts et les plus
délicats problèmes de Tépoque contemporaine se trouvent traités avec une profondeur et une ampleur d'aperçus vraiment admirables. Gomme Tauteur le reconnaît dans sa préface, il est nécessaire d'attendre quelque temps encore avant d'esquisser dans un livre la physionomie de la pensée d'aujourd'hui ; il faut se borner, en attendant, à regarder les spectacles qui la préparent. Certes, ces morceaux détachés diffèrent de forme et d'accent : les uns traduisent l'impression directe d'un fait; les autres résument l'étude d'une situation. Malgré ces différences extérieures, le lecteur reconnaîtra cependant la suite d'une même investigation ; il retrouvera une curiosité de même nature à Rome, à Berlin, à Pétersbourg, en Asie, en Afrique. C'est cette curiosité si souple et si large à la fois, ce sens subtil des bruits de dessous terre, cette divination des mondes nouveaux, cet élan hardi vers les choses de l'avenir qui assignent à M. Vogtié une place si particulière dans le mouvem ent des idées de notre temps. On peut différer d'une façon absolue d'idées et d'opinions avec le séduisant écrivain et se retrouver cependant côte à côte avec lui sur le terrain de l'observation impartiale et de la curiosité infinie. Nul n'excelle au même degré que lui, à suggérer, à travers le temps et l'espace, les rapprochements les plus audacieux et les plus . inattendus, les comparaisons les plus audacieuses. Nul n'a la perception plus nette de l'unité des bruits et de la vie du monde, parce qu'aucun ne lui reste indifférent. L'article sur les Affaires de Rome renferme des conclusions vagues et mystiques auxquelles nous sommes loin d'adhérer ; mais quels merveilleux tableaux que ceux des lettres d'Asie où l'aspect des paysages et des civilisations ouvertes à l'Europe parle chemin de fer Transcaspien se trouve rendu avec une si saisissante vérité? L'article consacré au général Loris-Mélikoff constitue un véritable drame, passionnant et triste. Celui sur les Indes Noires termine dignement le volume par des considérations pleines de sagesse et d'humanité.
Atlas historique et géographique contenant 437 cartes et 248 cartons en couleur, par Yidal-Lablâghe (4 livraisons parues, in-folio. Paris, Armand Colin, 1891). — Les quatre livraisons déjà parues de l'atlas de M. Vidal- Lablache permettent d'apprécier d'ores et déjà ce que sera cette œuvre importante, destinée à devenir certainement l'un des répertoires géographiques les plus vastes et les plus complets qui existent.
Le nom seul de l'auteur est une garantie de la sûreté et de l'exactitude de ce travail si considérable dont la préparation a commencé il y a plusieurs années. Les éditeurs, de leur côté, n'ont rien négligé en vue d'obtenir dans l'exécution tout le soin et toute la beauté désirables. La clarté des caractères choisis, la netteté des tracés et des contours frappent l'œil au 'premier abord. Le type pédagogique par excellence de la carte parlante a été heureusement réalisé. Déjà, dans ses cartes murales, M. Vidal- Lablache avait montré le parti qu'on peut tirer de la « lettre ».I1 a continué dans cette voie. Il faut en effet que le lecteur puisse discerner sans peine dans la nomenclature un classement apparent qui lui permette de distinguer du premier coup les notions qu'il est nécessaire de savoir de celles qu'il est permis d'ignorer. Au bas de chaque carte, un texte très bref donne les explications générales qui s'y rapportent. En somme, c'est une œuvre véritablement scientifique qui a de
plus le mérite d'un agencement nouveau. Pour l'histoire comme pour la géographie, l'auteur a voulu arriver à de véritables démonstrations. C'est dans cette vue qu'il a déterminé l'ordre si bien compris des cartes et le groupement des cartons dont la table indique le nombre et la variété. Un index alphabétique de près de 45 000 noms, qui prouve à lui seul l'étendue et le détail de cet atlas, viendra faciliter les recherches. Notons encore que le point de vue économique a été particulièrement développé, de même que le côté ethnographique. Cinquante-deux cartes seront consacrées à l'histoire, et quatre-vingt-neuf à la géographie pure. Parmi les cartes historiques déjà parues, toutes très soignées^ signalons celles des cojiquéles romaines, de .l'histoire, ancienne de l'Orient, de la Grèce et de l'Italie anciennes, de l'histoire de l'hellénisme, de la Méditerranée du vii« au v* siècle, av. J.-C. Parmi les secondes, l'attention est surtout attirée par la grande carte de la France, en deux parties, par celles de la navigation dans notre pays, de l'Autriche-Hongrie, de la Belgique. C'est un atlas tout à fait au courant et véritablement moderne dans la pleine acception du mot.