ISA B E L LE
ARIETTE
UEL air pur! le Ciel eft tmiiquilie , Ea^iaix règne dans cet afjde.
Quel air pur! le Ciel eft. tranquille ; "Mais, hélas !
Mon cœnr ne l'eft pas.
Madame GERTRUDE, a Dapré.
Qu'en dites-vous ?
Tout confirme votre fyflème: & je vois bien qu'il faut que je me ZQU\g'Z.(Jl prend la main de madame Genrude^ , Mjwij«i
COMEDIE. î25
Madame GERTRUDE.
A la bonne heure ; mais que faites-vous donc ?
Rien, rien; je me corrige.
Madame GERTRUDE.
Vous baifez ma main , monfieur !
Point du tout : c'eft pour m'accoutumer à triompher de moi-même, & c'eft votre âme qui reçoit mon hommage.
Madame GERTRUDE.
PalTe pour cela.
Ma mère ell ici avec quelqu'un !
Et ces yeux fî doux , que vous avez la bonté de
fixer fur les miens; ces yeux, où je crois voir la
pureté du Ciel, ce n'eft pas eux que j'admire; c'eft
encore votre âme , c'eft cette candeur , cette vertu !
Madame GERTRUDE.
Pafle pour cela.
Malgré la douleur de votre veuvage, vous êtes encore . . .
Madame G E R T R U D E , £7i fouplrant. Ne me parlez pas de cela. Mon veuvage ! ah !
Ma mère foupire; elle a du chagrin.
Me trouvez- vous encore fi coupable?
Madame GERTRUDE.
Non ; & puifque vous penfez enfin comme je le délire; Dupré, mon cher Dupré, vous faites mon bonheur.
Ma mère eft heureufe; que je fuis contente l