‹ Isabelle et Gertrude, ou les sylphes supposesChapitre 40 sur 103 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

DENISE, SIMON , en dehors y & LUBIN, caché.

S 1 M O N , en dehors..

vJ^H ! ma charmante Maitrefle , Eft-ce ainfî que Ton me laifTe ?

Quoi , malgré votre promelTe Je ne puis entrer chez vous !

DENISE

Si je manque à ma promefle , Ne vous en prenez qu'à vous 5 Car vous m'embraflez fans cefle Quand je fuis feule avec vous.

DENISE

Dût-il m'embrafler, qu'importe ; Mon amour enfin l'emporte , Tant qu'il demeure à la porte, C'ell abufer des verrous.

SIMON

Peut-on agir de la forte ?

Que l'amour enfin l'emporte , Tant que je refte à la porte, C'eft abufer des verrou;

DENISE

Air: Il efl certain qu^un jour de Vautre mois. Seul avec moi, cher Amant, te voilà , Mais d'un peu loin parlons-nous & pour caufe; Vous avancez 5 s'il vous plaît, halte-là : Faifons ayant une petite claufe,

A iij

Par les deux bouts prenons ce ruban-là. Et qu'entre nous il ferve de barrière.

SIMON

Ofes-tu bien me propofer cela l DENISE.

Tu ne veux pas :

SIMON, Je ne veux pas.

DENISE, J'appellerai ;, j'appellerai mon frère, SIMON.

Il me faut donc vouloir ce que tu veux» De ce ruban la longueur eft extrême 5 Qu'il eft cruel quand on n'eft plus que deuît ^ D'être à dix pas de celle que l'on aime î Je ne faurois , diftrait par tes beaux yeux , Tendre toujours ce lien trop févere , Tu vois pourtant que j'y fais de mon mieux.

DENISE

Ah ! vous lâchez, hls^

J'appellerai , j'appellerai mon frère.

De mon côté , quand il avancera , En reculant diminuons fa tâche.

SI M O "^ , à part.

Maudit ruban , ma main t'accourcira

Sans toutefois que tu fembles plus lâches

{lirembrajfe.)

Si le ruban eft encore étendu,

Denife a tort de fe mettre en colère.

DIVERTISSEMENT, f^

DENISE

Va , va , fripon , mon cœur t'a répondu , Le mal eft fait. ^is.

DENISE

LUE IN, fonantfa tùù hors du four.

Appelle donc ton frerc î

N'appelions plus mon frère.

Air; Tout le long de la rivière,

Ceft fort bien l'entendre ,

J'ai vu tout cela ,

Cette leçon tendre

Demeurera là , Il fait toujours bon apprendre '

Ces manieres-là.

Je fa-urai comment m'y prendre

Quand mon tour viendra.

( A Simon. )

Des doux tête-à-tête Qu'on m'accordera , Quand fillette honnête

Se repentira , Sans paroître la comprendre

Je rellerai-là 5 Je faurai , &c.

( J Venife, )

Et quand la bonne ame

Me refufera Un baifer de flâme , Ça fignifièra Que je puis tout entreprendre

Pour arriver là 5 Je faurai , Ôcc.

A îv

SIMON & DENISE

Air: Viens , charmante Annette»

Sur tout ce myftere Pourras-tu te taire ?

Va , ma chère fœur , Appaife ta frayeur ; Mais pour récompenfe D'un pareil filence , Mettez-moi toujours

De vos leçons d'amours.

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