‹ Isabelle et Gertrude, ou les sylphes supposesChapitre 59 sur 103 · LE B A I L L L · texte numérisé non relu

LE B A I L L L

A vos deux enfans qui font là , Là, là.

Donnez-les, & Ton verra Que l'Amour les réunira.

Ah ! ^vraiment, Monfieur le Bailli , Ceft bien une autre affaire, Denife & Simon font aufli Tous deux bien en colère.

LE BAILLI

Eh mais! mon Dieu, quapprends>je là?

. Quelle ell donc cette race là.

Là , là?

Faifons pour finir cela , Taire ceux-ci , parler ceux-là.

SIMON. DENISE

Air '.La nouvelle Gracieufe , contredanfe.

Monfieur, lailTez notre que

relie , Je ne veux rien approfondir.

Ceft une ingrate , une infidelle Dont je perdrai le fouvenir.

DENISE

Puifqu'il fait durer la querelle , Sans daigner ici réclaircir.

Ah 1 fans doute , il eft infidèle.

Hélas I devoit-il me trahir î

Ah 1 quel tourment l Ab ! quel mom.ent Ceft pour mon cœur toujours innocent !

SIMON, montrant la moitié de la lettre.

Amante perfide & parjure , Démentez donc votre écriture. ...

^ DENISE

Si c'eft-là tout, bientôt je jure De mettre fin A ton chagrin.

SIMON

Je n'en crois rien.

DENISE

Tu n'en crois rien. Fort bien , fort bien.

SIMON

Non , je n'en crois rien.

D E N I S E , /i^i montrant Vautre moitié.

Quoi ! tu n'en crois rien ?

Sur cette méprife grofiiere Pouvois-tu fonder ton courroux ?

Lis maintenant la lettre entière , Et s'il fe peut, refte jaloux.

SIMON lit.

Air: Non , je ne ferai pas.

Viens ça, mon cher ami,,., nous tirerons la fève , Tu me féconderas.... pour que mon vin s'achève. Et y ef père à La fin.... du plus gai des fejîins , Que tu m'enlèveras.... par tes joyeux refrains. Air: Ton humeur eji, Catherine,

Aurois-tû l'ame afîez bonne Pour vouloir encore de moi?

DENISE

Va , méchant, je te pardonne.

SIMON

Sois ma Reine.

DENISE

Et toi mon RoL LE BAILLI.

Cette inconcevable hiftoire Nous apprend fans contredit.

Qu'on a fouvent tort de croire La moitié de ce qu'on lit.

MARTIN. A'i R : Amis y fi vous voulez m'en croire.

Ami, l'exemple nous engage A nous rapatrier promptement i Dès demain à leur mariage Nous fongerons folidement.

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