SCÈNE PREMIÈRE. Mme BE SAINT-CLAIR, DUBOIS
Mme D E s A I N T - c I. A I R e;* ^^^^^ négligé.
u E voulez-vous ?
35 u E o I s faisant beaucoup de révérences. Madame ....
Mme DE SAINT -CLAIR.
Aussi matin! ....
D u B 0 I s ^e donnant des grâces.
Peut-être Madame n'a pas su d'abord me reconnaître.
Mme DE SAINT-CIAIR.
Du tout.
DUBOIS
Quand on reçut monsieur Germeuil céans , {Se montrant. ) C'est.... Dubois <|::e l'on mit à la porte,
Mme D E s A I N T-C L A I R.
Ah î j'entends.
Il repose ici près ; il va mieux , votre maître.
DUBOIS
Mon maître est Lisidor , son oncle , il va paroltre. . ..
Mme DE SAIN T-C L A I R à part.
Dieux !
DUBOIS
Et m'envoie ici , madame , pour savoir A quelle heure il aura le bonheur de vous voir.
Mme DE SAINT-CLAIR.' Mais vous aviez promis , en partant , de vous taire.
DUBOIS
Le malheur m'a forcé de trahir ce mystère. Mon maître est malheureux....
Mipe DE SAINT-CLAIR à part, • Ciel !
DUBOIS
Et dans nos revers , Notre cœur a besoin de ceux qui lui sont chers. Mme DE SAINT-CLAIR,
Quels sont donc vos revers ?
DUBOIS
O destin déplorable ! / Doués
Doués d'un bien lioinicte et d'un posLe lionorEible , La Fortune et l'Amour nous oiit souri vingt ans j Puis ils nous ont tourné le dos en inéine -teins. Bref , nos biens sont saisie. i?ou.' comble de disgrâce, Le Ministre nous a mis hors de notre place Hier ; et ce maiin , renonçant aux honneurs , En poste nous fuyons le néant des grandeuis,
Mme DE SAINT-CLAIR ajec une indljjlîrence (iffectéë. Du Ministre dit-on quel est le caractère?
DUBOIS
Tort sec.
Notre sexe a Thonneur de lui déplaire ?
DUBOIS
Mais , madame , pas trop. On dit que la beauté A sou premier liommage après la vérité. Çuel que soit son organe , il la trouve adorable; Mais il laime encor mieux dans une bouche aimable.
Mme DE SAINT-CLAIR.
A merveille ! Et , sait-on quels sont vos créanciers?
DUBOIS
Je les connais ; ce sont d honnêtes usuriers , Banquiers de pharaon , chevaliers d'industrie. . . .
Mme DE SAINT-CLAIR.
J'entends.
D TT B o I s.
Enfin des gens de bonne compagnie, Aidés d'un procureur que l'on nomme Furet , Euret de nom , bien moins encore que d'effet ; Qui vous gruge un client , le dissèque , le mine. . . , Et prendra quelque jour le monde par famiue ! Il a tout embrouillé pour se doiuier beau jeu : Et le fripon chez nous pille , en criant au feu !
Mme DE SAINT-CLAIR,
Mais Lisidor? ....
DUBOIS
D'abord étourdi par Torage , D
26 L E s F E M M E s, jr
Sa galté du cliagrin perce enfin le nuage. Suivant l'usage , il s'est consolé ce matin En médisant un peu du sexe féminin.
Mme DE SAINT-CLAIH,
Il le déteste donc ?
DUBOIS
Lui plaire est son étude Unique.
Mme DE SAÎNT-CLAIR.
Pourquoi donc en médire ?
DUBOIS
Habitude.
Mme DE SAINT-CLAIR.
Vous avez de Tesprit.
DUBOIS, fiatté.
Moi ? point.
Mme DE SAINT-CLAIR.
Ne pas vouloir Convenir qu'on en a , Dubois , c'est en avoir.
DUBOIS déconcerté.
Madame ....
( Beaucoup de révérences, )
Mme DE SAINT-CLAIR,
( J part. ) ( Haut. )
Il est à moi. Pourriez -vous me conduire A Paris dans une heure ?
DUBOIS vivement.
A l'instant.
Je désire Qu'ainsi que mon départ mon retour soit secret.
DUBOIS
Comptez î . . . .
Mme DE SAINT-CLAIR avec ciffectatîon.
Vous êtes homme j et tout homme est discret.
DUBOIS saluant.
C'est trop d'hoiuieur. ...
Mme DE SAIXT-CLAIH.
Allez. Lisidor peut paraître.
(^Dubois sort.)