SCENE VIL
Madame GERTIIUDE, DUPRÉ.
Madame G E R T R U D E.
ET fmcèrement vous n'avez point d'idées du mariage ?
DUPRÉ
Mais, madame, je vous avouerai que j'en al quelquefois ; aflez; fouvfint.
B iij
Madame GERTRUDE.
Qui peut vous inlpircr ces idées?
Si c'était vous, madame.
Madame GERTRUDE.
Et vous prétendriez vous n'y fongez pas. Si
1 ous m'cpoufiez. . . vous auriez des volontés. Je n'en aurois plus; l'hymen engage, & je ne ferois plus digne de la perfedion où j'afpire.
En ferlez- vous moins heureufe ?
Madame GERTRUDE.
Eh ! que diroient de moi nos femmes de bien qui n'épargnent perfonne ?
Tout ce qu'elles voudroient.
ARIETTE
Sans foucis, vivre pour foi , Jouir de foi-mcme, Faire du temps un bon emploi.
Etre heureux : voilà ma loi ; C'eft un bon fyftème.
Qu'importe ce qu'on dit de moi.
Qu'importe ce qu'on dit de moi , Quand du temps je fais bon emploi, Ec quand je jouis de moi-même?
Que fotte,
Dévote , >
Bigote, Jabotte, Médife, Méprife , S'épuifc En aigreur; Jamais je n'écoute Sa vaine clameur.
Tranquille, je goûte Le repos du cœur.
Jouir de foi-iRçme ,
Voilà le fyftème Qui fait mon bonheur.
Oui, c'eft le fyftème Qui fait le bonheur , Qui fait le bonheur.
Madame G E R T R U D E.
Je vous croyois une âme plus dégagée....
Vous me faites bien de l'honneur, madame; »iais —
yl R I E T T E.
En vous voyant, il ne m'eft pas pofîible
De réfifter à l'attrait du plaifir ;
Si la Nature a fait mon cœur fenfîble,
Eft-ce de moi que dépend un défir ?
Un mot flatteur qui fort de votre bouche,
Un doux regard de ces yeux fdduifans ,
Et cette main, cette main que je touche
( Madame Gertrude , après s'être laijfé
toucher la main ^ la retire^ "
Ah ! tout en vous doit excufcr les fens. Madame G E R T R U D E.
Monfieur Dupré, il eft dangereux de raifonner fur ces fortes de matières ; laillbns cela. DUPRÉ.
Et vous-même, madame, êtes-vous exempte des irapreflions ? . . .
Madame G E R T R U D E.
Moi!
DUPRÉ
Vous refpirez le parfum d'une rofe, Et des oifeaux le chant fait vous ravir. Sur votre fein cette gaze eft moins clofe Quand vous fentez l'haleine du zéphir : Cueillez un fruit, c'eft votre goût qu'il flatte; Levez les yeux, vous admirez le jour : Sur tous les fens vous êtes délicate, Et votre cœur fc xefufe à l'amour !
B iv
Madame G E R T R U D E.
Vous me tenez un langage bien étonnant !