‹ IsaureChapitre 4 sur 44 · LES MEMES, BLANCHKT, BLANCHETTE · texte numérisé non relu

LES MEMES, BLANCHKT, BLANCHETTE

LAURENT

Bonjour, Blanchet.

BLANCHET

Bonjour , monsieur Laurent. Bonjour, mes amis.

LAURENT

La sante, monsieur Blanchet?

BLANCHET

Mais....

BLANCHETTE , V inter romp ant. Excellente, comme vous voyez.... Eh bien ! pere Laurent , vous ne in'embrassez pas?

BLANCHET

Allons, pere Laurent, voulez-vous bien embrasser ma femme.

LAURENT , embrassant Blanchette.

Avec plaisir.

BLANCHET

La!

BLANCHETTE

Ah! dame, quand on est heureux.... de bonne humeur.... on est toujours dispose a faire bon accueil aux gens-, et moi et Blanchet nous sommes si contents.

BLAN'CHET

Oui , ma femine et moi , nous pouvons nous flatter... BLANXHETTE , rinlerro7nj)anf.

D'etre contents.... je Tai dit.... Celte chere demoiselle Isaure, ma soeur de lait.... car c'est ma sceur de lait.... on va done la marier... !

LAURENT

Comment, vous savez?.,. Eh bien !... j'avais tori...

BLAXCHET.

Certainement, et tenez... je vais vous dire....

BLANXHETTE , Vinterrompant.

Je m'en charge.

BLAXCHET.

Ma femme s'en charge.

BLANXHETTE.

II y a trois jours , M. de Saint- Vallier a passe' par notre ferme.... II allaita Bagneres chez le notaire.... et il nous a dit qu'aujourd'hui nous pourrions venir feliciter mademoiselle Isaure sur son mariage.

BLANXHET.

C'est vrai , voila le fait.

BLAXCHETTE.

Aussi , des le point du jour ,

Air : Jeune bateliere.

J'ai mis pour etr' belle

Ce que d'mieux j'avais,

Celt' roLe nouvelle,

Ces rubans tout frais.

Sans etre coquette,

J'aime !es atours:

Un peu de toilette

Va si bien toujours.

Par sa parure autant qu' par ses discours Une jeune Gllette Suit 6xer les amours.

BLANCHET

Je le dis sans blame Puisqtie calui plait, Tons les jours ma femme S' fait bell' comrae elle est.

C'est une coquette Qui tient aux atours.

BLANCHETTE

Un peu de toilette Va si bien toujours.

Par sa parure autaut quepar sesdiscouis Une jeuue fillette Sait fixer les amours.

Apres 9a, en route, et grand train...

BLANCHET

Qui, avec 9a qu'en traversant le bois j'avais une peur....

LAURENT

Peur... en plein jour.

BLANCHET

Je crois bien... et le raonstre...

LAURENT

Quel monstre?

BLANCHET

Qui d^sole la campagne... vous n'en arez pas entendu parler ?

LAURENT

Ce n'est done pas un conte?

BLANCHET

Un conte!

Blanchet I'a vu.

BLANCHET

Jel'ai vu... et vu aussi distinctement qu'il est possi- Tilede yoir... quand on ferme les yeux...

Air : Je suis vilain ( de Beranger ).

Tout Dane , tout v'lu , le r'gard farouche, II heuile a faire enfuir un sourd ; Avec ca qui vous ouvre une bouche, Qu'on y-entrerait comm' dans un four.

Notez qu' dans sa furfur sans bornes Sur tout c' qu'y trouve il jett' la dent... Moutons , vach's, tout's les bet's a cornes... Qa m' fait trembler, moi qu' en ai tant. ( On rit. )

Vous riez ! Voulez-vous que je vous conle notre derniere entrevue ?

LAURENT

Ah I oui, M. Blanchet, contez-nnus 9a.

BLAXCHET.

C'etait hier, pas plus tard , hier au soir , sur le coup

de neuf heures Je revenais d'inspecter le travail de

la journe'e je revenais tranquilleinent sans mepres-

ser, vu que j'etais las Blanchette etait venue au-

devant de moi ; j'nous en retournions tous deux brave-

raent bras dessus, bras dessous en jasant com-

me raari et femine et naturellement nous nous met-

tons a parler de M. de Saint-Vallfer et de sa fille

Notre femme , que j'dis a Blanchette , comme nous aliens dauser a la noce de mademoiselle Isaure... ! Alors, je ne sais si e'est I'echo qui s'met dla partie , mais j'entends, et Blanchette I'a entendu comme moi , n'estce pas Blanchette? une voix qui repete Isaure.... J'me retourne les feuilles se mettent a remuer , les branches s'ecartent, et je me trouve face a face avec une figure, oh! mais une figure enfin , je vous ai fait son

portrait... C'est alors que j'ai ferme les yeux en entrainant Blanchette , et ce matin , en passant au meme endroit pour venir ici, le coeur nous battait d'une force....

LAURENT

Cependant il ne vous est rien arrive?

BLANCHET

Non, heureusement.... mais pas loin de la.... nous avons trouve un portefeuille qui , je le gagerais , appaitient k quelque voyageur tombe sous la griffe de c'gaillard-la.

LAURENT

Vous croy ez ?

BLANCHET

II n'y a pas a en douter... Blanchette, montre done le portefeuille.

BLANCIIETTE.

Le voila... Voyez-vous, il y a dessus un no pi... Selmar...

LAURENT

Selmar!... mais c'est le nom de ce jeune homme de Paris qui avait demande la main de mademoiselle Isaure , et que M. de Saint- Vallier avait refuse tout net.

BLANCHET

Ah bah !

LAURENT

Ce n'est pas par le monstre qu'il a e'te devore , maia bien par les loups... car , le lendemain de son depart... on a trouve son cheval a moitie mange, et scs habits dechires et ensanglantes.

BLANCHETTE

Pauvre malheureux! Quant a son portefeuille il n'avait pas fait une grande perte... il n'y a rien dedans que des boucles de cheveux.

LAURENT, ^a nein'tHonne pas ; je crois que sa bourse non plus n'etait pas bien garnie, ce qui fait qu'il a eu son conge en bonne forme. Un homme riche corame M. de Saint-

i4 Vallier ne pouvait pas choislr un gendre sans fortune.

BLAXCHETTE.

Mademoiselle Isaure merite tant d'etre heureuse... elle est si bonne , si douce...

BLAXCHET.

Mafemme, ma femme... la v'la qui accourt de ce

cote'.

Isaure arrive en courant.

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